|
|
LA
SPIRALE |
MAILING
LIST |
| |
| |
|
Libération, Technikart, Coda, Science &
Vie, Must Be Mad, Transfert, Les Inrockuptibles, Graphiland, Adobe.com,
Computer Arts, Cyberzone... Les médias hexagonaux se sont
penchés à plusieurs reprises sur les cas critiques de l'ezine
des Mutants Digitaux et de son initiateur.
Libération -
Technikart -
Coda - Science
& Vie - Transfert
- Graphiland -
Les Inrockuptibles
- Computer Arts
- Adobe.fr -
Cyberzone
|
|
 |
LIBERATION
- Mai 2001
|
|
LA SPIRALE A LA MARGE
En dessous, en marge, contre... La position de la Spirale,
«e-zine for the digital mutants», est «ailleurs», hors média,
hors culture. La Spirale ne s'intéresse qu'à l'underground,
la contre-culture, à «tous ces allumés qui annoncent le monde
de demain», à «ces expériences marginales qui vont pénétrer
la culture grand public, même édulcorées, de la même manière
que la cyberculture a été vaporisée en cinq ans dans la société»,
dit Laurent Courau, webmestre. En ligne depuis 1995, le webzine
a conservé l'esprit de la presse alternative. Sur la forme,
avec son esthétique «noir c'est noir», sur le fond, avec ses
interviews de cyberpunks, body-artistes, hip-hoppeurs, graffeurs,
fétichistes, loin du ton militant ou commentateur des autres
webzines.
Miroir français de la cyberculture, la Spirale a su parler
avant tout le monde de Stellarc et ses extensions technologiques,
de Gibson, Sterling, Spinrad ou Dantec. Très branché Internet
quand le réseau n'était que confidentiel, il a élargi son
spectre à toutes les nouvelles technologies «potentiellement
dangereuses». Chaque jour, 100 à 800 internautes vont jeter
un œil aux délires digitaux de la Spirale et son éclectisme
pas toc.
Annick
Rivoire |
|
 |
TECHNIKART
- Mars 2001
|
|
DANS LE MONDE INTERLOPE DU WEB ALTERNATIF, IL Y A UN SALUT.
Satanisme, conspirations, art numérique, hacking, sado-masochisme,
musiques électroniques et activisme digital ! Depuis six ans,
La Spirale passe au mixer toutes les contre-cultures contemporaines.
Avec ses images déviantes et ses interviews exclusives de
déjantés, ce web magazine devrait électriser vos paupières
alourdies par l'insipide ronronnement du mercantilisme en
vogue sur le web francophone. Normal : on y trouve les témoignages
les plus hallucinants du web.
Quelques mois avant sa mort, Timothy Leary confie d'ultimes
pensées délirantes. Marilyn Manson lache de fausses provocations.
Cindy Plenum, reine du X, défend les bienfaits de la zoophilie.
Les Volontaires pour l'Extinction de l'Humanité prônent l'interdiction
du coït à visée reproductive. Le savant Kevin Warwick justifie
son dangereux projet de greffe neuronale. Les media-terroristes
militent pour le Guerilla Art et la très fétichiste " Poupée
Mécanique " râle son plaisir dans le latex. Sous-titré "An
e-zine for the Digital Mutants", la Spirale V 4.0 donne rendez-vous
aux activistes et aux timbrés de toute la planète. Le pire,
c'est que ce maelstrom baroque est pratiquement le fait d'une
seule personne ! Entouré de quelques ami(e)s, Laurent Courau,
32 ans, anime ce fanzine par pur plaisir pervers et goguenard
: la culture alternative, c'est son joujou. Alors il joue
avec et au besoin il casse.
"Ma mère était baba cool. Du coup, je suis devenu punk, grogne-t-il.
Elle m'a emmené au Maroc, en Inde et même dans les Cévennes
avec les chèvres ! A 13 ans, adorateur de Sid Vicious, j'ai
voulu me couper les cheveux et avoir une guitare électrique.
Elle m'a tout interdit ". Trop énervé ! A 15 ans, frustré
de musique violente, Laurent Courau fait des fanzines. Quand
déferle la vague hardcore, il monte au créneau : avec l'association
" Elastic crew enterprize ", il organise une quarantaine de
concerts (Fugazi, Nomeansno, Godflesh) tout en bidouillant
des flyers sur Amiga. Quand la techno-indus débarque, il se
forme tout seul à la palette graphique et aux régies vidéo.
Vidéo-clips pour le groupe Spina, première pub de Beck, dessins
animés… Le voilà graphiste 3D, journaliste pour Arte et Le
Monde Interactif, agitateur online et… gourou despotique de
La Spirale. Son plus beau fait de guerre : une interview de
La Milice du Montana, un groupuscule paramilitaire qui fabrique
des armes pour lutter contre les extra-terrestres ! Autre
action d'éclat : une mega-enquête sur la cryogénie. Laurent
Courau parvient à rencontrer les directeurs des trois principales
sociétés qui congèlent des humains, la tête en bas, "pour
qu'en cas de fuite du container seuls les pieds soient dégelés"
!
Distant, ironique, Laurent Courau s'intéresse à tous les
fous sans jamais adhérer à leur trip. La cyberculture ? "C'est
l'underground californien des années 80 récupéré par des suiveurs
et de futurs start-uppers sans ambition". Les activistes de
tous bords ? "Des dingues égocentriques et mégalos, mais sympathiques
: leur dinguerie participe à la richesse de l'époque". Le
bon goût ? "L'ennemi de la créativité". Laurent Courau - électron
libre - préfère discuter avec les pires timbrés que regarder
la TV. C'est plus drôle d'échanger des mails avec une body-buildeuse
blonde qui veut devenir immortelle ! "Il y a un côté voyeur
dans La Spirale : j'observe des fous divers et variés, j'expose
des images bizarres, j'analyse des mouvances de cul à la jonction
des modifications corporelles et des nouvelles technologies…
Tout ce qui est marginal et barré, dans le côté obscur de
la culture actuelle m'intéresse". Parce que c'est là que ça
se passe.
Agnès
Giard |
|
 |
CODa
N°21 - Février 2001
|
|
SPIRALE TRIBE
Ils sont peux nombreux les sites francophones à aborder en
profondeur et sans partis pris, les contre-cultures qui sévissent
joyeusement sur notre belle planète. " Joyeusement ", car
c'est avec une jubilation toute perverse que Laurent Courau,
le webmaster de La Spirale s'amuse à nous déstabiliser et
à chambouler les idées reçues. Interview d'un garçon à la
curiosité obsessionnelle.
En deux ans, le site " La Spirale " est devenu un incontournable
du Net pour tous ceux qui s'intéressent un tant soit peu aux
cultures déviantes, décalées, voire carrément barjos ou tout
simplement pour ceux qui recherchent un certain dépaysement
intellectuel. Refondu il y a un an, le site est passé du statut
de homepage délirante, mais déjà pléthorique, à celui de véritable
portail des contre-cultures ! Des articles de fond copieusement
documentés, des interviews de porno-stars, de gourous de la
cyberculture, d'écrivains schizophrènes, d'artistes numériques
loufoques, de body-artistes de tous poils, d'extrémistes politiques,
La Spirale est un des rares sites à but non-lucratif assez
ambitieux pour gérer son contenu comme un véritable magazine
(updates régulières, mailing liste...). Pourtant, La Spirale
n'a rien à vendre, son but avoué est de diffuser les concepts
les plus délirants possibles à travers la planète entière.
Ce portail unique est le bébé mutant de Laurent Courau, un
allumé de tout ce que la planète compte de marginaux et d'indépendants.
Spécialiste de la désinformation, il déstabilise son lectorat
en proposant tour à tour de très sérieux documents scientifiques,
immédiatement suivis de l'interview d'une nymphomane mousticophile
! ! Tant par le style que par le contenu, La Spirale n'a rien
à envier à son grand frère américain, Disinformation (|d|i|s|i|n|f|o|r|m|a|t|i|o|n|,
http://www.disinfo.com), le célèbre cyber-canard contreculturel
de Richard Metzger. Interview.
CODa : Question bateau : Comment a débuté
l'aventure de La Spirale ?
Laurent Courau : La découverte de la mouvance cyberpunk
californienne du début des années 90 qui associait déjà les
technologies de pointe aux contre-cultures les plus déjantées,
de fanzines comme Mondo 2000, Boing Boing ou Future Sex, et
de la vague techno-industrielle avec des groupes tels que
KMFDM, Peace Love & Pitbulls ou les Revolting Cocks, m'avait
inspiré la création d'une lettre d'information tirée à 3000
exemplaires et distribuée gratuitement. Sa transposition sur
le web s'est faite naturellement lorsque j'ai disposé de ma
première connexion en 1995. Le site n 'a depuis cessé de croître
pour réunir aujourd'hui plusieurs centaines de pages consacrées
à tout ce qui s'agite du côté obscur de la culture populaire
contemporaine, depuis l'hacktivisme médiatique et les modifications
corporelles jusqu'à la création numérique, le nouveau cinéma
indépendant ou les dernières mutations des musiques électroniques
urbaines.
CODa : Tu es seul ou vous formez une
véritable équipe rédactionnelle ?
L.C. : Je suis à l'origine de la majeure partie du contenu
de La Spirale mais bénéficie heureusement de coups de mains
réguliers d'un petit réseau de freaks qui partagent la même
passion pour les sous-cultures et la création numérique :
Maxence Grugier, Frédéric Audran, Lucas Zpira, Aurélien Police,
Yann Minh, Fred Romano…
CODa : Et pour le développement proprement
dit, la partie technique ?
L.C. : Jean-Guillaume Birot, un ancien punk toulousain reconverti
dans le consulting informatique et le transformisme noctambule
parisien s'est occupé de la partie dynamique et de l'interfaçage
de la base de données - Gloire à son nom ! - et je me charge
du graphisme et du hmtl.
CODa : D'où vient, chez toi, cette passion
pour tout ce qui est décalé, hors-normes ?
L.C. : Je ne suis pas convaincu que les sujets abordés dans
La Spirale soient encore décalés ou hors normes. Il me semble
que c'est plutôt l'image que nous renvoient les médias " traditionnels
" du monde dans lequel nous vivons qui est obsolète et décalée.
Tout va trop vite. Ils ont du mal à suivre les mutations en
cours dans nos sociétés. Les soirées mondaines parisiennes
doivent les épuiser… Ils devraient prendre encore plus de
coke !
Pour en revenir à ta question, j'ai toujours senti que les
trucs importants se passaient dans les marges, du côté de
ce qui secoue la sieste ronronnante des milieux culturels
installés dont je parlais à l'instant. Je crois vraiment que
les excentriques d'aujourd'hui annoncent le monde de demain.
Et justement l'époque actuelle est formidable, d'une richesse
incroyable en matière de créativité déviante. On ne peut même
plus définir une tendance majoritaire tellement ça explose
dans tous les sens.
CODa : La Spirale est un site non-commercial,
il ne te rapporte rien… De quoi vis-tu ?
L.C. : Je subsiste grâce à de fréquentes collaborations avec
ces infâmes représentants du grand capital que sont les maisons
de disques et les médias de masse. Je sais, je devrais avoir
honte mais c'est justement ce qui me permet de poursuivre
mes activités plus… hum… alternatives.
CODa : Je me suis laissé dire que tu
avais des occupations artistiques et professionnelles en plus
de tout ce travail ?
L.C. : J'ai plusieurs casquettes. Illustrateur, graphiste,
réalisateur ou journaliste. Globalement, ça va d'articles
et d'illustrations pour la presse à des clips vidéo, des pochettes
de disques ou des conceptions de sites web. L'éventail est
assez large.
CODa : Et des projets, tu en as encore
beaucoup comme ça ?
L.C. : Les projets ne manquent pas… Nous préparons actuellement
avec quelques amis le lancement de Brainsushi.com, une agence
de contenu en ligne. Nous y proposerons les services de journalistes,
d'illustrateurs et de réalisateurs dont nous nous sentons
proches. Ca risque pour le coup d'être franchement décalé
et délirant. Je travaille aussi sur plusieurs projets de films
d'animation et d'expositions d'images numériques. La prochaine
expo, " Lick My Body Pop ", devrait avoir lieu au printemps
à la nouvelle Weird Factory de Lucas Zpira et de la tribu
de Body Art à Avignon. Ca sera sympathique, il y aura plein
de filles nues dans des positions bizarres.
CODa : Un mot pour finir ? Une pensée
profonde sur Internet, son univers impitoyable, tout ça ?
L.C. : Richard Metzger de Disinformation.com, la bible des
agités du web, avait très justement déclaré dans une interview
: " Ne vous plaignez pas des médias, devenez les médias !
". J'adhère complètement à cette vision des choses et j'applaudis
à nouveau lorsque Gareth Branwyn dit dans l'introduction de
" Jamming the Media ", son encyclopédie de l'auto-production,
qu'il n'y a jamais eu de meilleure époque pour avoir quelque
chose à dire puisque les outils de création sont enfin à la
portée du plus grand nombre. Il ne nous reste donc plus qu'à
retrousser nos manches et nous mettre au travail. Et c'est
quand même plus marrant que de végéter sur nos canapés en
nous plaignant des inepties que diffusent nos postes de télévision
!
Max Renn
|
|
 |
SCIENCE
& VIE - Hors-série Spécial Internet - Décembre
2000
|
|
ARTISTES NUMERIQUES & CYBERPUNKS
Vous vous croyiez en sûreté, installé
devant votre écran, bercé par le ronronnement
des publicités et les couleurs avenantes du commerce
électronique. Or soudain, tout bascule. Quelques clics
de souris ont suffi à vous projeter dans un monde interlope
et fascinant, où se croisent pirates et oiseaux de
nuit, graphistes et écrivains de l'ère numérique,
militants des réseaux et adeptes du techno-chamanisme.
La Spirale vous entraîne au coeur de la cyberculture
orginelle, née des romans cyberpunks de William Gibson
et nourrie par les écrits du "poête terroriste"
Hakim Bey. Un graphiste, un informaticien, une traductrice
et des journalistes animent cet "e-zine" français,
créé en 1995. On y trouve des interviews de
Maurice Dantec, Serge Humpich ou Marylin Manson, des articles,
critiques et nouvelles de science-fiction. On admire le savoir-faire
de ces artistes du présent, virtuoses des processeurs,
qui font vivre les contre-cultures et rendent accessibles
à tous leurs rêves inquiétants et beaux.
Matthieu Crocq
|
|
 |
TRANSFERT
N°10 - Décembre 2000
|
|
COURAU DIMENSIONS MULTIPLES
Laurent Courau, 31 ans, cumule les casquettes. Rédacteur
en chef et fondateur de laspirale.org (e-zine consacré
aux contre-cultures), il est aussi directeur artistique chez
Trimaran (une boîte d'images de synthèse et de
webdesign) et électron libre de la création
numérique. Cet "artisan de l'image numérique"
a fait ses premiers pas dans les années 80 en bidouillant
sur un Amiga 2000. Depuis, Laurent enchaîne des créations
pour les plus grands labels. L'image présentée
ci-dessous (voir dans le magazine Transfert) marie habilement
3D (le ciel et la forme au-dessus des buildings), images en
2D et photo - la petite fille et les immeubles. En février
2001, une galerie new-yorkaise de Soho consacrera une exposition
à ce touche-à-tout.
E.M. |
|
 |
GRAPHILAND.FR
- Mars 2000 - Rubrique Portraits
|
|
"Artisan du numérique", Laurent Courau trafique les techniques
traditionnelles de création pour donner forme numérique à
un imaginaire satirique, un regard sur l'art en marge de la
pensée unique.
Graphiland.fr : Bonjour. Pouvez-nous
commencer par nous dire quelle est votre formation ?
Laurent Courau : Bien qu'étant passé par plusieurs écoles
d'art et d'architecture qui m'ont donné de bonnes bases techniques
traditionnelles, je reste autodidacte pour tout ce qui touche
aux technologies numériques. Mon apprentissage des différentes
techniques que j'utilise aujourd'hui - infographie 2D et 3D,
dessin animé, effets spéciaux et autres - s'est fait au travers
de projets personnels ou à l'occasion de commandes de clients.
Cela m'a d'ailleurs valu pas mal de crises d'angoisse ainsi
que de nombreuses nuits blanches…
Graphiland.fr : Comment êtes-vous venu
à l'illustration et au multimédia ?
L.C. : Venant du dessin et de la vidéo, c'est d'abord l'animation
qui m'a attiré vers les ordinateurs et les images numériques.
J'ai commencé en réalisant pour mon plaisir des petits dessins
animés avec le logiciel Deluxe Paint sur un Amiga 2000. Voir
ses dessins s'animer et prendre vie a vraiment quelque chose
de magique.
J'ai pendant quelque temps réalisé des clips et des pochettes
de disques pour des groupes autoproduits avant de me dire
que le capitalisme avait peut-être du bon et que ce serait
bien de pouvoir payer mon loyer. La suite est une histoire
de rencontres. Dans un premier temps, celle de Sandy Scott
qui dirigeait le label de disques Geffen Records chez Universal
et qui m'a donné ma chance en me commandant la réalisation
de campagnes de publicités Tv pour Beck, Weezer ou Nirvana.
Puis ma rencontre avec Olivier Saint-Léger, alors rédacteur
en chef de Webmaster, qui m'a proposé de réaliser les illustrations
de couverture de son magazine. J'ai depuis arrêté de travailler
pour l'industrie du disque, qui concentre en France un pourcentage
d'imbéciles et d'incapables tout à fait ahurissant, pour me
concentrer sur l'illustration de presse. Je fais régulièrement
des images pour Le Monde, Cyberzone, Coda, Computer Arts ou
.Netpro…
Quant au multimédia, mon intérêt est né de la découverte
du web en 1995. J'ai immédiatement été séduit par ce média
et n'ai pas attendu longtemps pour mettre en ligne ce qui
était à l'époque une lettre d'information photocopiée et est
devenu la Spirale, un magazine bilingue consacré à tout ce
qui se passe de nouveau, de bizarre et d'intéressant sur la
planète.
Graphiland.fr : Vos domaines d'activités
sont variés, entre le graphisme et l'illustration, les applications
web et multimédias, la réalisation vidéo, la mise en scène,
le journalisme. Pourquoi cette diversité ?
L.C. : Tout simplement la curiosité… Et puis face aux possibilités
que nous offrent les nouvelles technologies, je suis comme
un gamin dans un magasin de jouet : j'ai envie de tout voir
et de tout essayer ! Ces activités sont d'ailleurs complémentaires
car elles s'enrichissent mutuellement. C'est même valable
dans le cas du journalisme, car il me donne l'occasion de
voir une foule de trucs géniaux que j'aurais sans doute raté
autrement. Je me vois assez mal passer ma vie à concevoir
des sites web ou réaliser des illustrations pour la presse
par exemple. Il ne faut jamais hésiter à bouger et à aller
voir ce qui se passe ailleurs. C'est au contact des autres
qu'on progresse, pas en restant confortablement enfermé dans
sa petite chapelle.
Graphiland.fr : Quelles sont vos sources
d'inspiration ?
L.C. : À la base, tout ce qui secoue la sieste ronronnante
des milieux culturels installés… les comics underground, les
collages des pochettes de disque punk, l'art brut, l'imagerie
numérique associée aux musiques électroniques, la photographie
érotique, les films et la littérature de science-fiction,
le fantastique, les ezines…
Comme disait Picasso, le plus grand ennemi de la créativité
est le bon goût. J'essaie dans la mesure du possible de me
tenir au courant de tout ce qui se produit de nouveau et d'intéressant
que ce soit en images, en cinéma, en littérature ou en musique.
Ce n'est pas toujours évident, mais nous avons la chance aujourd'hui
d'avoir Internet, et pour ceux qui vivent à Paris, une librairie
aussi géniale que Le Regard Moderne dans le Quartier Latin.
Graphiland.fr : Comment vous définissez-vous
?
L.C. : Comme un bidouilleur touche-à-tout, comme un artisan
de l'image numérique... En tous les cas, certainement pas
comme un artiste. Je prends beaucoup de plaisir à créer des
images et j'ai la chance qu'on me paie pour ça. C'est déjà
pas mal…
Graphiland.fr : Pensez-vous ériger la
contre-culture en art de vivre ?
L.C. : Je crois que la contre-culture s'érige d'elle-même
en art de vivre. Ce qui est aujourd'hui considéré comme marginal
sera récupéré et édulcoré demain par la culture majoritaire.
Et pendant ce temps-là de nouvelles marges apparaîtront en
réaction. C'est un cycle permanent.
Maintenant, si on parle de la facette la plus rebelle des
contre-cultures, je pense que toutes les conditions sont réunies
pour que nous assistions dans les mois et dans les années
à venir à une vague de contestation sans précédent. Tout le
délire spéculatif actuel autour des nouvelles technologies
de l'information et du commerce électronique va finir par
en agacer plus d'un et les manifestations de Seattle risquent
fort de n'avoir été que le prélude d'un mouvement beaucoup
plus important. Bien que je ne sois pas naïf au point de croire
que ça va réellement changer le fond du problème, il me semble
plutôt sain qu'il y ait un peu de réaction à la répugnante
euphorie des milieux financiers et des technico-commerciaux
des réseaux informatiques. Ce n'est pas tant l'argent qui
me dérange que la médiocrité des gens à qui il profite.
Graphiland.fr : Quels sont vos projets
?
L.C. : Développer La Spirale, mon ezine bilingue, qui fait
justement la part belle aux contre-cultures au sens le plus
large du terme. Et réussir enfin à travailler sur l'Encyclopaedia
Orbis Interretialis, un projet d'installation qui associe
les images numériques 2D et 3D, la vidéo et les réseaux informatiques
pour donner une vision sarcastique du monde connecté. La première
devrait avoir lieu à New York à la fin de l'année, si j'arrive
enfin à dégager du temps pour m'y consacrer sérieusement.
Je compte aussi revenir à la réalisation de films et de vidéos
que j'ai un peu délaissé depuis quelque temps et je travaille
sur un roman qui me donnera l'occasion de dire tout le mal
que je pense de tout le monde. Hé, hé…
Franck Kantor
Le site Graphiland.fr... |
|
 |
LES
INROCKUPTIBLES N°213 - Septembre 1999
|
|
CYBERPUNK ET COMPAGNIE
Le site Mondocourau est une de ces tranches de Web où il
fait bon s'arrêter. D'abord parceque son auteur, Laurent Courau,
est un homme de goût, aussi bien porté sur le graphisme, le
web design et les dernières technologies d'animation que sur
la cyberculture dans tous ses états.
Graphiste talentueux, électron libre touche-à-tout, il expose
ses toiles dont certaines ont fait la couverture de magazines
comme l'excellent Cyber Zone. Au rayon animations, Laurent
Courau a réalisé les personnages en pâte à modeler de la pub
TV de Loser, le premier single de Beck, que l'on peut retrouver
sur son site. Depuis ce coup d'essai, il travaille régulièrement
pour des maisons de disques (Geffen Records, MCA, Universal,
Sony Music, Mercury ou Polygram).
La Spirale constitue la clé de voûte de son site, riche et
dense, en ligne depuis 96 et qui ravira autant les amateurs
de cyberculture que les novices curieux. Sur la centaine de
pages débridées qui composent ce site, on trouve des interviews
décalées sur des figures aussi barrées que le performer Costes,
le webmaster de TAZ, l'un des sites les plus complets sur
le piratage informatique, ou encore des rencontres avec Yann
Minh, artiste multimédia cyberpunk ou Timothy Leary, gourou
de la contre-culture et du psychédélisme. Laurent Courau se
fend aussi de quelques dossiers bien documentés sur des thèmes
aussi pointus que la "cryonie". "La suspension cryonique est
la pratique qui permet de conserver les corps de patients
déclarés légalement décédés en les maintenant à des températures
très basses dans l'espoir d'une future réanimation."
La bibliothèque de l'auteur mérite aussi le détour, pour
peu qu'on s'intéresse à la littérature alternative et subversive.
Vous y trouverez pêle-mêle des conseils techniques sur la
façon de vous auto-publier ou de monter une station de radio
pirate, des recettes pour fabriquer votre première fusée...
Enfin, inutile de préciser que la section liens, bien qu'à
ne pas mettre entre toutes les mains, offre une entrée directe
sur les meilleurs sites de l'internet débridé. Ca passe ou
ça casse.
Xavier
de Moulins |
|
 |
COMPUTER
ARTS N°13 - Juin 1999 - Rubrique Profil - Page 78
|
|
Un artisan numérique hors du commun, placé entre deux mondes,
ne voulant en aucun cas se prévaloir d'une quelconque appellation
d'artiste.
Passionné de dessin depuis toujours, Laurent a découvert
l'image numérique à l'âge d'or de l'Amiga (années 80). Tâtonnant
curieusement, il s'est très vite enamouré pour l'animation
de synthèse. De fil en aiguille, et à force de côtoyer le
monde de la musique, il réalise des clips et travaille sur
des pochettes d'album, des affiches, etc. "J'ai travaillé
pour la société Geffen Records qui avait comme artistes Nirvana,
Beck et Aerosmith... le début du travail sérieux. Ensuite,
j'ai travaillé notament sur les pubs (pour Beck) retouchées
à la palette. A partir de là, ça s'est enchaîné sans discontinuer."
Ses sources d'inspiration, il les trouve dans la musique,
et avoue acheter volontairement certains albums juste par
goût pour la pochette, sans même en connaître le contenu.
Ses modèles proviennent des Etats-Unis avec les BD undergrounds
et les fanzines bizarres. "L'imagerie techno, qui est arrivée
dans la première partie des années 90, a été un choc révélateur.
Sinon, pour revenir en arrière, au cinéma c'est Fellini. J'aime
bien les univers un peu baroques et surchargés...". Côté peinture,
il concède ne pas être original dans son choix pour Salvador
Dali, qu'il considère volontiers comme le précurseur de l'image
numérique, grâve à son travail par projection d'image.
Ses esquisses débutent toujours par un sujet, un élément
central, où les scènes se construisent comme au cinéma ; les
décors et l'environnement viennent s'ajouter par la suite.
L'ordinateur es tpour Laurent, l'outil le plus puissant jamais
créé. Son travail ne se concentre pas sur un pôle, mais trois
: 2D, 3D et vidéo. Il aime varier les supports et les médias.
Ainsi il passe aisément de l'image statique (pour des couvertures
de magazines, des affiches...) à l'animation (pubs, clips...).
Plutôt fidèle dans ses choix de logiciels (Photoshop, 3DS
Max et After Effects), il rêve (et prévoit) de créer un projet
réunissant les trois supports, sous la forme d'une grande
exposition, à laquelle viendrait s'ajouter la musique. Librement
inspirée d'un essai de science-fiction, cette performance
devrait être présentée début 2000 à New York, Berlin et Milan.
Aussi dans ses cartons, la réalisation d'une série d'animations,
pour le petit écran, inspirée par la fête des morts mexicaine.
Les personnages seront animés en 2D et les décors composés
en 3D. Autre programme, la confection d'un générique de long-métrage.
"C'est quelque chose que les américains ont bien cerné depuis
longtemps. Il y a des boîtes qui ne font que des génériques
de films. C'est un nouvel axe insufisamment exploité en France."
Pour la plupart de ces travaux, Laurent collabore "librement"
avec la société Storm Media Production (réalisateur du générique
de l'Oeil du Cyclone). En parallèle, l'artiste écrit, construit
et traduit un e-zine, La Spirale, dédié aux nouvelles formes
d'expressions, à toutes sortes de choses étranges. "Les gens
ont du mal à appeler ça de l'art. Mais globalement, je m'en
moque, car je ne me considère pas comme un artiste. L'art
tel qu'il est entendu dans la majorité des milieux artistiques
à l'heure actuelle ne m'intéresse pas forcément. Je suis créateur
d'images." Au public de décider.
Stéphanie
Guillaume |
|
 |
ADOBE.FR
- Avril 1999
|
|
LAURENT COURAU EST ILLUSTRATEUR, RÉALISATEUR, ANIMATEUR, WEBMASTER
ET INDÉPENDANT DEPUIS TOUJOURS...
Venu du dessin traditionnel et des arts graphiques non numériques,
il a fait ses premier pas informatiques sur Amiga pour faire
du traitement vidéo.
Très vite passé sur PC, il y a environ cinq ans, il a pu
multiplier son champ d´action numérique : réalisation d'animations
pour des clips vidéo, des publicités, illustrations pour des
pochettes de disques, logos, labels...
Il compte au nombre de ses clients les plus importantes maisons
de production, des télévisions (Sony Music, Polygram, Universal,
Canal+...) et quelques noms célèbres du monde musical (Beck,
Nirvana, Aerosmith.).
La presse s'est ensuite ajoutée à son univers. Directeur
artistique du magazine WebMaster chez IDG Press, il réalise
de nombreuses couvertures demagazines pour le groupe Edicorp,
les journaux Cyber Zone, Computer Arts, Coda, etc. "Si les
produits Adobe n'étaient pas arrivés sur PC, je serais sûrement
passé au Mac : 80 % de ma production est réalisée avec Photoshop,
explique-t-il. J´utilise également parfois After Effects avec
lequel il est étonnamment facile de travailler en multicouches.
On bénéficie alors vraiment de l'équivalent d´une régie de
montage de plusieurs millions de francs, avec la même capacité
d'image, et un prix sans commune mesure. Ce n'est pas rien.
Cela devrait permettre, à terme, à de petites structures et
des entreprises d´avoir leur propre canal de diffusion télé
en direct sur le Web."
La facilité d´utilisation de ces produits, la capacité de
Photoshop à gérer de la matière et des textures restent donc
toujours aussi étonnantes. Les calques, les masques permettent
de procéder à une multiplicité de collages, de réaliser des
traitements de lumière très particuliers. J´aime particulièrement
faire des mélanges : photo, 3D, dessin. Enfin, lorsque j´utilise
la 3D, les images sont toujours passées sous Photoshop pour
la touche finale. " Je ne rencontre aucun problème de compatibilité
avec les périphériques ou en échange de fichiers. Et désormais
nombre de flasheurs se sont aussi équipés en PC. "Finalement
je n´ai qu'un regret. C´est que le module 3D intégré dans
la version 5.0 de Photoshop ne soit pas plus poussé. Pouvoir
créer en 3D en direct dans Photoshop serait vraiment idéal."
En attendant, Laurent Courau poursuit ses projets : une série
d'animation pour la télévision, d'autres couvertures de magazines
et encore, encore...
Lien
vers la page de cette interview sur le site Adobe.fr |
|
 |
CYBERZONE
Avril-Mai 1999 - Rubrique Actu - Page 7
|
|
Sous-titré "An e-zine for the Digital Mutants", La Spirale
V.4.0 aurait pu être "CyberZone on-line*" tant nos centres
d'intérêt et ceux du webmaster, Laurent Courau, convergent
!
Entièrement consacré à ce que la cyberculture et les cultures
alternatives produisent d'activistes et de déjantés de toutes
sortes, La Spirale V.4.0 nous a totalement séduits ! Difficile
aussi de ne pas l'être à la lecture du sommaire et à l'examen
de l'interface, impeccable, et totalement en phase avec ses
sujets.
Des sujets plus qu'éclectiques d'ailleurs, proposant des
interviews de grandes figures de la contre-culture comme Richard
Kern (quel hasard !), Lee Higgs (nooon ?), Timothy Leary,
Maurice G Dantec ou l'incroyable et prolixe Gareth Branwyn
!
Côté articles de fond, même but, largement atteint et une
évidente envie de tendre vers la diversité la plus large possible.
Sont donc présents des articles sur la face cachée de nos
sociétés industrialisées avec un important dossier sur la
cryogénie (la pratique de se faire congeler au moment de sa
mort dans l'espoir d'être ranimé dans le futur) avec des déclarations
de chefs d'entreprise développant ce genre de projets, bientôt
accompagné d'un dossier sur... le milieu du porno en Californie,
interview de Carole Cox à l'appui ! Eclectisme, donc !
A noter aussi : Laurent Courau propose une importante sélection
de lectures profitables et de nombreuses et superbes illustrations.
Car en plus d'être rédacteur, ce touche-à-tout maniaque est
aussi infographiste, développeur de sites web et concepteur
de films d'animation. Il compte des participations à de nombreux
mags tels Coda, Net Pro, Computer Arts ou encore le défunt
Webmaster. Vous pourrez goûter à toutes ces gâteries visuelles
sur son second site Mondocourau, petit clin d'oeil au fanzine
des "joyeux mutants" de R.U. Sirius, Mondo 2000.
Maxence Grugier
|
| |
|
|