ROLAND C. WAGNER


Enregistrement : Archives de La Spirale (1996-2008)

Décrit comme un héritier des hippies des années 60 par Valerio Evangelisti, Roland C. Wagner compte plus de quarante romans à son actif et fait partie des auteurs de science-fiction français les plus prolifiques. Cette interview, lancée peu de temps près la sortie de son roman La Saison de la Sorcière (Prix Rosny aîné 2004) met en scène une invasion de la France et d'une partie de l'Europe par les Etats Unis, nous donne l'occasion de revenir sur les axes de résistance contemporains, le rôle des marges dans la pop culture et son amour pour le rock 'n' roll psychédélique turc des années 70.

Propos recueillis par Laurent Courau.


Le site Mauvais Genre vous décrit comme un "résistant" dont les livres donnent le beau rôle aux marginaux et aux anarchistes. Est-ce que vous vous reconnaissez dans ce court descriptif et si c'est le cas, quels sont à votre avis les principaux axes de résistance aujourd'hui ?

Je suis plutôt d'accord, même si j'ai plutôt tendance à me considérer comme un survivant, une vieille habitude familiale, puisque mon père, militaire puis mercenaire, a survécu à vingt années de guerre. Maintenant, entendons-nous bien sur la nature de ma "résistance". Certains déracinés choisissent - s'il s'agit bien d'un choix - de se replier sur une "identité" plus ou moins mythique, tandis que d'autres finissent par se composer une culture bien à eux. Résister, pour moi, c'est défendre un ensemble plutôt baroque de champs culturels sans lesquels je ne serais pas ce que je suis, je ne penserais pas ce que je pense, et je n'écrirais donc pas ce que j'écris. Or ces champs et leur survie dépendent bien évidemment de conditions extérieures, comme la situation économique, les soubresauts de la vie politique, l'état de la liberté d'expression, etc. Soumis à des variations de ces facteurs sur lesquelles je n'ai aucun contrôle direct, j'ai choisi la résistance passive : je vais là où je pense que je dois aller même si la doxa estime que je ne dois pas y aller. À partir de là, ça ne surprendra personne que je m'intéresse à des personnages atypiques évoluant aux franges de la société et de ses idéologies dominantes. Ils sont les meilleurs vecteurs pour montrer que la résistance se situe en premier lieu sur le plan culturel, et en marge de la culture "officielle".
Quand je dis ça, je ne fais donc pas allusion à ceux qui se font les champions de champs culturels parfaitement délimités, comme les fondamentalistes religieux, les nostalgiques du passé, les réactionnaires de tout poil et de toute couleur vivant dans le Mythe à l'état pur. Ces gens-là n'ont pas plus de profondeur culturelle que le folklore que l'on sort du formol pour le plus grand plaisir des touristes, ce folklore que j'opposerai à l'ensemble de subcultures qui, à mon sens, constitue l'embryon déjà sérieusement développé d'une Culture mondiale indispensable à l'heure où la mondialisation néolibérale détruit les cultures locales, tel un rouleau compresseur à l'échelle planétaire broyant tout ce qui pourrait défier sa logique tout aussi absurde qu'implacable. C'est là, je pense, le principal axe de résistance : aider cette « superculture » à voir le jour malgré les obstacles et les oppositions. Les idées doivent pouvoir circuler aussi librement que les capitaux.

Valerio Evangelisti vous considère comme un héritier des hippies des années soixante. Acceptez-vous cet héritage et que signifie-t-il pour vous à l'heure d'aujourd'hui ?

C'est un héritage que j'accepte pour l'essentiel avec joie. Je dis "pour l'essentiel" car il est difficile aujourd'hui d'être aussi naïf qu'on pouvait l'être dans les années 60, et je ne partage pas non plus leur mysticisme, lysergique ou non. En outre, les hippies étaient dans leur grande majorité méfiants par rapport aux technosciences, alors que je ne conçois pas un monde "idéal" sans celles-ci. Le retour à la terre et à une vie plus "naturelle", c'est bien joli, mais il est stupide de renoncer à des avancées tout à la fois sociales, scientifiques et technologiques telles que la contraception, les médicaments modernes, l'informatique et Internet, etc. Je n'irai pas jusqu'à dire, comme Timothy Leary, que le wèbe est le LSD du XXIe siècle, mais il faut bien reconnaître que le réseau a déclenché une véritable révolution mentale, dont il est impossible aujourd'hui d'estimer les conséquences. À quoi aurait ressemblé le phénomène hippie si Internet avait existé au moment de sa naissance ? Peut-être à certains aspects de notre monde contemporain. Aujourd'hui, on peut vivre plus ou moins isolé, plus ou moins à l'écart de la société, tout en ayant accès à une quantité considérable d'informations. Les modes de vie alternatifs ont donc un bel avenir devant eux, et les aspects les plus intéressants du phénomène hippie ne demandent qu'à remonter à la surface pour nourrir les modes de vie en question.

Outre les attentats du 11 septembre et la réaction de l'administration Bush, qu'est-ce qui a motivé l'écriture de La Saison de la Sorcière ?

La paranoïa généralisée qui s'est emparée de la planète depuis plus de deux ans, et les décisions insensées qu'elle a suscitées un peu partout. Mais, surtout, la construction du monde de La Saison de la Sorcière est un exercice de style et de pensée et une tentative de prendre en compte le profond changement de paradigme qui s'est produit depuis la chute du Mur. Au cours de son histoire, la science-fiction a imaginé d'innombrables guerres futures et invasions conjecturales : France envahie par l'Allemagne ou le Royaume-Uni, Europe submergée par le "Péril jaune" ou les armées africaines, États-Unis aux mains des nazis et/ou du Japon, sans parler des innombrables récits où l'URSS déferle ou tente de déferler sur la planète tout entière. L'invasion de la France et d'une partie de la Belgique par les U$A s'inscrit dans cette tradition, mais constitue également une rupture du consensus jusque-là bien établi, cet héritage des deux guerres mondiales et de la Guerre froide voulant que les intérêts de l'Europe (occidentale) et de l'Amérique du Nord coïncident. Attention : je ne dis pas qu'ils ne coïncident plus, les intérêts de l'extrême-droite étatsunienne actuellement au pouvoir ne sont bien évidemment pas ceux du pays dans son ensemble, pas plus que ceux de la droite dure dominante à l'UMP ne sont ceux de la France, mais qu'ils pourraient ne plus coïncider à l'avenir. Maintenant, le résultat des élections en Espagne comme en France suggère que la mode des mains de fer (avec ou sans gant de velours) est peut-être en train de passer. Le soir du 11 mars, on ne parlait quasiment que d'ETA alors que tout le monde ou presque pensait Al-Qaïda, et FR3 a diffusé Au Nom du Père, un film contant l'histoire d'une dizaine d'Irlandais lourdement condamnés dans les années 70 pour des attentats qu'ils n'avaient pas commis. Troublante coïncidence.

La Saison de la Sorcière frappe à coups redoublés sur l'impérialisme américain. N'est-il cependant pas réducteur de cantonner les Etats-Unis au rôle de grand méchant impérialiste ? Réduire ce pays aux agissements de sa seule classe dirigeante revient à considérer la France à travers le seul prisme du gouvernement Raffarin et il me semble qu'il faut plus que jamais se méfier de la simplification ?

Tout tient dans votre première phrase : le roman s'en prend à l'impérialisme étatsunien, pas au peuple des Etats-Unis. Je ne suis certainement pas plus "anti-américain" que Norman Spinrad, John Shannon ou Michael Moore, et je partage avec eux une certaine conviction dans la grandeur de leur pays, grandeur qui est actuellement foulée aux pieds et bafouée par l'administration Bush. De la même manière, le gouvernement Raffarin s'est torché avec ce qui a fait le rayonnement international de notre pays : recherche, culture, arts et droits de l'homme. La manière dont on a traité le cas de Cesare Battisti montre bien que la justice est à la botte du pouvoir, et que le pouvoir en question se torche avec la parole donnée dès lors qu'il s'agit de faire plaisir au libéral-fasciste Berlusconi. Face à un tel déni de justice, je rappelle qu'on l'a jugé deux fois pour les mêmes faits, ce qui est en théorie impossible dans notre beau pays ! Battisti a bien eu raison de passer à la clandestinité, et j'en aurais sans doute fait de même si j'avais été à sa place. Que le pays qui a amnistié les membres de l'OAS, leur permettant de revenir dans la vie politique, et même de se faire élire, puisse extrader quelqu'un pour des faits vieux d'un quart de siècle est purement scandaleux, et la honte de cette décision rejaillira à jamais sur MM. Perben et Sarkozy.

Entre la science-fiction et le rock 'n' roll, on ne peut pas dire que vous n'ayez pas été influencé par la culture populaire américaine des cinquante dernières années. Mais que pensez-vous de la pop culture actuelle ? Est-ce quelque chose que vous suivez toujours, qui vous intéresse encore ?

Disons que je fais des mises à jour de temps en temps. Mais j'avoue que, ces derniers temps, j'étais plutôt du côté de Can et du psyché turc des années 70, des gens comme Erkin Koray, Baris Manço. L'un des problèmes de la pop culture, aujourd'hui, est qu'elle dérive avant tout du cinéma et de la télévision. Jamais le poids de l'image n'a été aussi prépondérant sur le reste des médias. Or l'audiovisuel procède par simplification. Forcément. Parce qu'on ne peut pas faire passer exactement les mêmes informations dans un texte et dans une succession d'images. J'aurais donc tendance à penser qu'il y a un appauvrissement d'une certaine pop culture dominante. La richesse potentielle d'un réseau comme Internet, dont on peut supposer qu'il est destiné, à terme, à connecter toute l'humanité entre elle peut-elle susciter une contre-culture populaire ? Des contre-cultures populaires ? Et quelles seront-elles ? Mine de rien, c'est l'un des grands enjeux de ce siècle.

Pour en revenir à la France, que pensez-vous de l'ambiance générale ? Passant beaucoup de temps à l'étranger, je ne manque pas d'être choqué à chaque fois que je reviens par la tension qui règne dans l'hexagone. Vu le portrait que vous dressez des banlieues parisiennes du futur proche, il apparaît clairement que vous percevez vous aussi une certaine pression sociale, qui ne se limite d'ailleurs pas aux seuls quartiers défavorisés ?

L'ambiance est déprimée, ça c'est sûr, et ça ne risque pas de s'arranger, avec l'UMP mise sur le tout-répressif jusqu'à vouloir importer des États-Unis le principe de la "tolérance zéro", dont l'inefficacité est flagrante. Lorsque je vivais encore en région parisienne, j'avais l'impression d'étouffer, je ressentais une pression constante qui me mettait mal à l'aise. Je précise que je n'habitais pas dans un quartier défavorisé, même si, les dernières années, il ressemblait à un champ de ruines. Maintenant que je suis dans une petite sous-préfecture de province, je respire nettement mieux ? d'autant mieux que le résultat des récentes élections montre bien à quel point la population rejette la politique du gouvernement, qui est aussi celle du MEDEF. Je crois que, le pire dans tout ça, c'est le mépris affiché ouvertement par ceux qui nous gouvernent vis-à-vis de l'opinion de ceux qu'ils gouvernent et à qui ils imposent des lois et des mesures tout à la fois stupides et délétères. Ils agissent comme si la démocratie leur donnait un chèque en blanc pour faire ce qu'ils veulent, j'en veux pour preuve le démantèlement des services publics auquel on assiste en ce moment. L'exemple du Royaume-Uni est pourtant là pour nous montrer à quel point une telle politique est un échec flagrant. Attention au retour de bâton. Ça va être très douloureux.

Que ce soit dans vos romans ou au travers de vos interviews, le cannabis et la question de sa dépénalisation reviennent souvent. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

Il est difficile d'aller au fond du sujet sans contrevenir à la loi, je le crains. Et je respecte la loi, comme tout bon citoyen ? même lorsqu'elle m'interdit d'argumenter librement. Cela dit, il me paraît clair que la dépénalisation ne suffit pas, et qu'une légalisation du chanvre indien et de ses dérivés représente la seule solution pragmatique. Cette légalisation devra naturellement se faire à l'échelle européenne si l'on veut lutter efficacement contre le trafic qui génère des quantités considérables d'argent "sale". En ce qui concerne la France, on ne peut que rire un peu jaune, il est vrai, devant les gesticulations et les effets d'annonce de notre cher ex-ministre de l'Intérieur, dont les mesures absurdes sont purement et simplement inapplicables. On peut le voir dans un article du Canard enchaîné du 25 février 2004 intitulé Délinquance astucieuse dans les commissariats : l'une des meilleures manières de faire baisser les chiffres de la délinquance consiste pour la police à établir un rapport de police qu'on peut traiter par une main courante, et donc éviter de comptabiliser dans les statistiques, et non un procès-verbal qui implique l'ouverture d'une procédure judiciaire en cas de saisie de petites quantités de cannabis. Malgré tout le barouf médiatique sarkozyen, la semi dépénalisation de fait de ces derniers lustres a encore de belles années devant elle. D'ailleurs, le gouvernement a finalement renoncé à modifier la loi de 1970 sur les stupéfiants, qui est non seulement impossible à appliquer, mais également nocive sur le plan social car elle criminalise des gens d'une parfaite honnêteté, dont le seul tort est de préférer un joint à un verre d'alcool.

La Spirale est toute entière dévouée à l'idée que les mutations socioculturelles porteuses d'avenir naissent souvent sur les marges. Est-ce un point de vue que vous partagez ? La communauté de l'Enclave dans La Saison de la Sorcière me semble bien illustrer cette idée ?

C'est exactement ça. Les habitants de l'Enclave ont trouvé un moyen de vivre à la manière qu'ils ont choisie et qui leur convient en s'enkystant dans une société qu'ils n'ont pas choisie et qui ne leur convient pas. Un phénomène analogue s'est produit à San Francisco avant que le mouvement hippie ne soit médiatisé à l'échelle des U$A, puis de la planète. L'une des meilleures descriptions que j'en connaisse est faite dans un livre intitulé Ringolevio écrit par Emmett Groggan. On n'est même pas sûr que c'était son vrai nom, l'histoire est assez bizarre. C'était un Digger de San Francisco. En gros, les Diggers étaient des débrouillards pas trop mal organisés qui ont mis sur pied tout un tas de structures, le plus souvent éphémères, destinées à redistribuer les richesses. Ils ont notamment ouvert une boutique où tout était gratuit, et ne se gênaient pas pour se livrer à quelques appropriations. Ils faisaient partie de l'esprit du temps qui a précédé le Summer of Love, et ils l'ont aussi modelé. Leur importance dans la toile de fond qui a permis au phénomène hippie de se développer était peut-être moins grande que Groggan le laisse entendre, mais leur rôle symbolique est d'autant plus considérable que les médias ont amplifié leur image.

La Saison de la Sorcière associe l'informatique et la magie. Richard Metzger, le fondateur de Disinformation.com, m'avait quant à lui avoué qu'il concevait son site comme un sort lancé à grande échelle au travers d'Internet. En remontant plus loin, William Gibson parlait déjà d'esprits vaudous hantant le réseau dans son roman Comte Zéro, sorti en France en 1988. Le concept de réseaux informatiques abritant des entités surnaturelles, bien qu'alléchant, me semble cependant difficile à appréhender. Pouvez-vous nous l'expliquer, est-ce que ça rejoint votre vision de la psychosphère ?

Une réponse trop précise serait un énorme [SPOILER]. La psychosphère, matérialisation justifiée par la physique quantique de l'inconscient collectif jungien et de ses archétypes, est une structure naturelle, dans la naissance de laquelle l'être humain n'a exercé aucune action consciente, alors qu'Internet est une création humaine volontaire. Les archétypes de la psychosphère préexistent, tout comme les dieux vaudou de Gibson, mais ceux-ci squattent le réseau, ils ne lui doivent pas leur existence, alors que la sorcellerie par wèbe interposé doit être inventée. Cela dit, la psychosphère et la Toile de La Saison de la Sorcière possèdent un énorme point commun : quelles que puissent être les précautions oratoires, elles n'ont pas besoin du surnaturel pour "fonctionner".

Du livre de Vincent Ravalec sur l'iboga à La Saison de la Sorcière et sa Cosmic Powder, en passant par le Blueberry de Jan Kounen, il semblerait que le chamanisme soit de plus en plus présent chez les créateurs d'univers contemporains. Comment expliquez-vous que tant d'artistes et d'auteurs travaillent aujourd'hui sur cette thématique ? Une volonté commune de distordre la réalité consensuelle, de renouer avec une dimension oubliée ?

Il me semble que cet attrait pour le chamanisme est né du choc entre la pratique du catéchisme et l'usage des psychédéliques quelques années plus tard : l'emploi d'une substance enivrante procure une justification à la porte de sortie mystique. Il s'agit peut-être d'un genre de rationalisation de la spiritualité, ou bien d'une intégration dans un monde hyper-matérialiste de pratiques très anciennes que leurs adeptes cherchent à rénover, ou encore de la conséquence du rejet des religions "historiques" ou bien tout ça à la fois. Traiter ce genre de substances comme des "drogues", au même titre que les opiacés ou la cocaïne, constitue de mon point de vue une grave erreur sur le plan social et psychologique. En tout état de cause, c'est une piste intéressante à creuser pour un auteur de Science-fiction, en raison des immenses possibilités de sociétés futures qu'offre un développement de pratiques néo-chamaniques. Mais la piste en question a été ouverte dès les années 60, notamment par Castaneda dont l'influence sur les artistes cités me semble prépondérante.

Toujours à ce sujet, vous souligniez dans une interview accordée à Science Fiction Magazine que pour vous la frontière entre le rationnel et l'irrationnel n'est pas toujours évidente à tracer et que la pensée conceptuelle et la pensée mythique ne sont pas si contradictoires que ça. Marc Caro me disait récemment qu'il trouve notre période très intéressante car nous sommes à un moment ou les mondes scientifiques et spirituels se rencontrent. Pensez-vous que la fusion des ces deux modes de pensée puisse nous offrir une solution pour sortir de ce que Norman Spinrad appelle la crise de transformation ?

Oui. La pensée rationnelle s'est construite en opposition avec la pensée magique ; je pense qu'il est temps de concilier les deux, et ni les religions constituées, ni ? bien évidemment ? les sectes ne me paraissent capables de le faire. Nier l'existence d'une dimension spirituelle chez l'être humain est tout aussi absurde que de mettre sur le même plan la théorie de l'évolution et le créationnisme biblico-puritain. La grande erreur du marxisme, à mon sens, est d'avoir négligé cet aspect et d'avoir tout misé sur le matérialisme dialectique. Le retour du religieux auquel on assiste depuis quelques lustres me paraît une conséquence directe de ce refus de prendre en compte l'existence d'états psychiques indicibles, dont la réalité ne fait pourtant aucun doute aux yeux de la science.

Pour conclure, est-ce que vous partagez l'intuition d'André Malraux sur « un 21ème siècle qui sera spirituel ou ne sera pas » ? Pour ce que j'en sais, nous avons déjà de très amusantes initiatives d'églises vampyriques aux USA et en Hollande, voire les fréquentations raëliennes de Michel Houellebecq ?

Pour répondre à une citation que l'on dit apocryphe, rien n'en vaut une autre dont j'ai oublié l'auteur et que je déforme certainement : « Quand on ne croit en rien, on se met à croire en n'importe quoi. » Quand on sait que Jimmy Guieu lui-même, dont la naïveté pouvait parfois être grande, après avoir fort brièvement fréquenté les Raëliens, s'en est soigneusement tenu à l'écart durant les dernières années de sa vie, l'attitude de Houellebecq n'en paraît que plus ridicule. Tout ça ne me paraît pas très sérieux.


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Titre : ROLAND C. WAGNER
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