NICOLAS C.


Enregistrement : Archives de La Spirale (1996-2008)

A l'heure où les films d'horreur font un retour en force sur les écrans de cinéma et les rayons des vidéoclubs, où les sites pornographiques les plus extrêmes battent des records d'audience et où l'industrie du jeu vidéo joue la surenchère en matière de violence et de morbidité, La Spirale a voulu s'interroger sur notre part sombre et n'a pu trouver mieux pour ce faire qu'interviewer une des personnalités les plus sulfureuses de l'underground hexagonal.

Peintre macabre dont la carrière artistique démarra en 1996 par une série de portraits de prédateurs humains, alors qu'il purgeait une peine de prison pour meurtre, Nicolas C. fut un temps surnommé le Vampire de Paris par les tabloïds anglo-saxons. Depuis sa libération en mars 2002, il se consacre à plein temps à la peinture à travers laquelle il canalise ses pulsions les plus sombres. Déjà exposées dans plusieurs galeries européennes et nord-américaines, ses toiles sont également recherchées par de nombreux collectionneurs, parmi lesquels on retrouve des rock stars et des artistes contemporains aussi remarquables que le new-yorkais Joe Coleman.

Propos recueillis par Laurent Courau.


Comment expliques-tu la fascination récurrente de la pop culture pour le personnage du tueur en série ? De nombreux commentateurs tentent de trouver une explication à ce phénomène dans le succès du Silence des agneaux mais l'argument me semble un peu faible, le succès de ce film me paraissant plus être une conséquence de cette fascination que sa cause ?

Nous vivons dans des sociétés où le dernier réel tabou est la mort. Pour avoir bossé dans les morgues, je peux te dire que le rapport des gens avec la mort physique est ambigu, même chez ceux qui sont censés la côtoyer comme les infirmières, etc. ; on te considère comme une caste a part dans l'hôpital où tu bosses. Ceux qui sont censés avoir une "maîtrise" sur l'acte de donner la mort, de par leurs actes, ont donc un statut quasi mystique dans l'inconscient collectif. Il y a aussi l'aspect légende urbaine, le tueur en série vu comme l'ultime prédateur incontrôlable d'une espèce qui fait tout pour éradiquer ce qui représente un danger pour sa survie, les maladies, etc. Dans les faits, il faut aussi savoir que le FBI a délibérément grossi les statistiques de meurtres en série dans les années 80 pour monter de toutes pièces le mythe du profiler, ceci afin de recevoir plus de fonds de l'administration américaine.

Cette fascination est un véritable cocktail de pulsions morbides refoulées, de manipulations politico-médiatiques et le simple besoin d'avoir peur dans un monde aseptisé.

Point d'orgue de cette fascination, le murderabilia est une subculture entièrement centrée sur les tueurs en série. Peux-tu nous parler de ce réseau d'admirateurs et de collectionneurs d'oeuvres réalisées par des tueurs en série ou d'objets liés à leurs crimes ?

Ca s'est réellement développé à la fin des années 80, principalement par la médiatisation des tableaux de John W. Gacy, avant son exécution. Il y a toujours eu des collectionneurs d'artefacts ayant appartenu à des criminels, mais cela s'est structuré en réseau lorsque les artistes en questions ont eu des célébrités comme Johnny Depp, John Waters ou Iggy Pop comme clients. C'est devenu une mode dans le milieu du showbiz d'avoir son tableau de tueur en série. Les adresses de tueurs en prison s'échangent comme d'autres échangent des cds collectors. Les tueurs sont plus ou moins côtés, suivant leur célébrité, s'ils sont morts, etc. Le réseau a explosé au milieu des années 90 grâce a eBay qui est devenu le marché principal de la murderabilia, jusqu'a ce que le site en interdise leur vente au début de l'année 2000. Maintenant, c'est redevenu plus underground, car depuis la "Son of Sam Law", plusieurs états ont interdits aux prisonniers de profiter de la vente de leurs tableaux, donc les gens passent par des dealers officiels. Il est question depuis quelques années d'un musée d'artefacts de tueurs en série, monté par John Davis de Korn, Arthur R. et Joe Coleman. Ils m'avaient demandé de me renseigner pour voir si cela pouvait se monter à Paris, mais John vient d'être poursuivi par Arthur en justice pour rupture de contrat. Connaissant tous les protagonistes de l'histoire, je peux te dire que ce musée n'est pas près de se faire... Dommage car ils ont les costumes de clown de Gacy, la volkswagen de Ted Bundy, des centaines de lettres et de tableaux... En France, la murderabilia n'existe pas. Il n'y a que moi et mon pote Igor qui possédons des tableaux, des lettres, etc., de tueurs en série connus.

Peux-tu revenir, pour celles et ceux qui n'ont pas eu l'occasion de lire Apocalypse Culture II, sur ta théorie de l'ADN dont certains individus auraient hérités de l'homme de Neandertal ?

Dans Apocalypse Culture II, je développe la théorie suivante : il y a une résurgence du cannibalisme criminel (non motivé par la faim, etc.) et des meurtres sans motifs apparents depuis une centaine d'années. Pour moi c'est le retour atavique de pulsions destructrices, la solution que la nature a développée pour réguler notre espèce. Depuis la révolution industrielle, la race humaine est devenue parasitaire, détruisant son environnement et se plaçant en dehors de l'écosystème. La plupart des tueurs cannibales possèdent des traits communs aux néanderthaliens, qui constituaient la seule race humanoïde prédatrice de l'homo sapiens. J'y vois le retour d'une race archaïque, créée pour réguler le surdéveloppement nuisible de l'homme moderne par le meurtre. Des rejetons des dieux anciens réveillés par Hiroshima...

Dans In Tenebris, le second volet de sa trilogie consacrée aux tueurs en série, le romancier Maxime Chattam relie cette forme de crime à la société de consommation. Joe Coleman pour sa part me disait lors de notre entrevue que les dieux sombres ont toujours été présents, bien que le monde moderne ait longtemps voulu les occulter. Quel est ton avis sur la question ? Les tueurs en série sont-ils le produit de la société dans laquelle nous vivons aujourd'hui ou ont-ils toujours été présents parmi nous ?

A mes yeux, l'approche la plus intéressante est celle de Colin Wilson. Il dit que le tueur en série arrive historiquement avec le Marquis de Sade et le développement du fantasme déviant. Il y a toujours eu du sadisme, n'importe quelle guerre le révèle, mais quand l'homme n'a plus comme préoccupation majeure sa survie mais son confort, il développe des déviances pour combattre l'ennui. C'est la recherche du plaisir extrême, du sentiment mystique de pouvoir tuer à l'égal de dieu. J'y vois aussi la perte de la ritualisation de l'instinct de mort. La plupart des tueurs à qui j'ai parlé décrivent leur meurtre comme un rituel, même s'ils n'ont pas les mots appropriés pour le décrire en ces termes. Pour eux, donner et observer la mort de près est un rite qui les place au dessus du commun des mortels, au plan spirituel. En tant que sataniste pratiquant, je comprends tout à fait ce besoin de ritualiser leurs actes. Pour ce qui est de l'aspect social, c'est aussi indéniable que notre grande mobilité, et l'accès aux médias et donc aux autres méthodes employés par d'autres tueurs sont des choses qui facilitent le travail de quelqu'un qui choisit délibérément ce style de vie. Les tueurs en série modernes consomment parfois leurs victimes comme l'on consomme un produit.

La Spirale avait abordé le sujet du satanisme américain au travers d'une interview de Rick Rinker du 600 Club, un ancien de l'Eglise de Satan d'Anton LaVey. Il semble toutefois qu'il existe des courants assez variés. Pourrais-tu nous parler de ta vision du satanisme ?

Je suis sataniste traditionaliste pratiquant. Ma spiritualité s'inscrit dans une culture européenne qui est très éloignée du satanisme américain façon LaVey. L'approche américaine est avant tout philosophique et met de côté la pratique de la magie cérémonielle. Pour eux, Satan est avant tout un symbole de rébellion sociale et Dieu n'existe pas. Ma Foi est aux antipodes de cela. Je crois en la réalité spirituelle de Satan et en l'existence d'entités avec lesquelles il est possible de conclure des pactes d'alliance. Je me considère comme un guerrier dans une lutte qui oppose Ordre et Chaos. Mon chemin est individuel et donc je me tiens a l'écart de tous ordres, cultes et covens. Je me sens proche de certaines écoles de pensées satanistes européennes mais j'ai horreur de la hiérarchie. Donc je reste un loup solitaire. De toutes façons, les trois-quarts de ceux qui forment la scène sataniste actuelle sont extrêmement médiocres et loin de l'idéal qu'ils déclarent vouloir atteindre...

Comment analyses-tu les tentatives contemporaines pour renouer avec certains rites du passé, par exemple certains rituels de suspension amérindiens pratiqués par les adeptes des modifications corporelles ?

Si cela est fait dans une recherche spirituelle sincère, et dans le respect de la culture dont c'est inspiré, c'est très positif. Malheureusement, comme partout ailleurs, beaucoup font cela pour se prouver à eux-mêmes qu'ils sont différents de la masse... Ou pour épater les copains. Maintenant si c'est fait sans caméras, avec seulement deux ou trois personnes et dans un cadre rituel précis, là je dis respect.

La biographie en ligne sur ton site explique que la peinture t'a permis de canaliser tes fantasmes en te permettant d'exprimer tes tourments intérieurs. J'ai également lu que tu avais commencé à peindre en prison, en profitant de l'expérience de prisonniers plus âgés qui t'ont enseigné les rudiments de la peinture à l'huile ? Comment décrirais-tu les bénéfices que tu as retiré à cette époque et que tu retires encore de cette pratique ?

La violence est souvent un moyen d'expression pour des personnes qui n'ont pas d'autres outils culturels en leur possession. J'ai connu beaucoup de détenus qui se bagarraient souvent avec les matons dans leur jeunesse. Puis, à force de passer leur temps au mitard et d'ouvrir leur esprit sur d'autres formes d'expressions, ils trouvent d'autres moyens de se rebeller face a l'institution, par l'écriture, par l'art, etc. La peinture m'a permis de commencer un autre cycle dans ma vie, un site créateur après un cycle destructeur.

J'ai été initié à la peinture à l'huile et à ses codes à mon arrivée à la Centrale de Poissy. C'est vrai que j'y ai canalisé toute ma négativité. Je passais huit heures par jours, sept jours par semaines à peindre. Cela m'a appris la patience, le souci du détail, et de l'observation. Cela m'a aussi surtout appris que le résultat de ma créativité pouvait véritablement servir les entités que je servais par d'autres moyens avant. J'ai eu la révélation en voyant la réaction d'un type qui a tué une vingtaine de personnes âgées dans les années 80. Il est resté fasciné pendant une demi-heure devant un tableau que j'avais basé sur Taste the Blood of Dracula de la Hammer. J'ai compris que mes peintures pouvaient engendrer des énergies puissantes, au même titre qu'un sacrifice rituel. J'ai toujours cette relation rituelle avec mes peintures et ce qu'elles engendrent. Dernièrement je les montrais à John Davis dans les backstages avant le show parisien de Korn, et tout son staff était bloqué. Je pouvais vraiment sentir comme un voile qui s'était abattu sur son entourage...

Nous avons évoqué le peintre Joe Coleman que tu apprécies et dont une interview inédite sera d'ailleurs publiée dans La Spirale dans les semaines à venir. Quels sont les autres artistes contemporains dont tu te sens proche ou dont tu reconnais l'influence sur ton travail ?

Joe est mon influence majeure. Non seulement par son oeuvre qui est monumentale, mais aussi par sa dévotion à son art et sa façon de gérer sa vie comme un Barnum des temps modernes. Mes influences modernes sont variées. Ca va de l'esthétique du black metal norvégien aux comics de Tim Vigil, en passant par les peintures de Paul Booth, le travail de Joel-Peter Witkin, Mike Diana. J'aime ce que fait Denis GRRR...
Je fais partie de deux collectifs. Un collectif de Floride qui s'appelle Bad Art for Bad People et qui regroupe beaucoup de bons artistes. Et mon ami Gidget Gein (co-fondateur de Marylin Manson) m'a intégré au mouvement Unpop qui regroupe divers artistes comme Nick Bougas, Jim Goad ou Boyd Rice. Unpop est un mouvement qui utilise les moyens du pop art pour aborder des thèmes "impopulaires" : les tueurs en série, le World Trade Center, etc.

Après avoir consacré plusieurs séries de tableaux à des portraits de tueurs en série, de cannibales et de vampires, tu as récemment démarré une nouvelle série intitulée Flowers of Blood & Flesh. J'aimerais que tu nous la présentes...

Cette nouvelle série de peintures, je l'ai commencée après une rupture où j'ai du rentrer de Suède après un an de vie commune. Mes vieux démons me rattrapaient donc il fallait que je les exorcise en peignant de l'ultra violent. En même temps, au même titre que ma série de portrait de tueurs les glorifiaient comme anti-héros des temps modernes, ces nouveaux tableaux étaient là pour rappeler à ceux qui consomment les histoires de meurtres comme on consomme un polar, que la réalité physique d'un meurtre suivi de mutilations est monstrueuse. Cette série est basée sur des vraies photos de scènes de crimes et de corps autopsiés. Ce sont les victimes vues par les yeux du tueur, comme des objets de consommation. Le tueur devient créateur d'une composition macabre faite de chairs et de sang. Au travers de cette série, j'explore le thème de la destruction comme acte de création et le rapport de fascination / répulsion qu'en retire le public.

D'après les sujets de tes peintures les plus récentes, on peut supposer que tes démons intérieurs ne sont pas encore apaisés. Est-ce que tu imagines pouvoir un jour tracer un trait sur cette période de ta vie et passer à tout autre chose ?

Ce qui dérange le plus les gens qui me rencontrent pour la première fois, je crois, c'est que je suis loin de l'image ultra glauque que peut projeter mon oeuvre. J'aime faire la fête, je suis plutôt sociable et je parle peu de mon affaire, sauf si les gens me posent des questions en restant corrects. J'ai un proverbe qui est assez étranger à la culture française : "Put the Fun in the Funeral". Les anglo-saxons sont plus réceptifs à ce style d'attitude, donc je m'entends généralement mieux avec eux. J'ai parfaitement intégré mes déviances et je suis capable de les vivre en respectant l'ordre social. Depuis deux ans que je suis sorti, je n'ai pas passé un seul jour en garde à vue. Pour moi c'est plus significatif que ce que je peux peindre. Et je n'ai pas envie de passer à autre chose.

Régulièrement le vieux débat sur la responsabilité de l'artiste ou du créateur d'oeuvres violentes revient sur le tapis dans les médias français. Penses-tu avoir subi de mauvaises influences par le passé ? Je pense notamment à la scène black metal norvégienne que tu sembles affectionner. As-tu le sentiment que la musique et les textes de ces groupes aient favorisé ton passage à l'acte ?

A l'époque où je me livrais a des activités criminelles, entre 1992 et 1994, mes influences au niveau style de vie étaient plutôt le death metal de Floride, les documentaires style Face à la Mort et les vidéos SM hardcore que je trouvais dans les sex-shops autour de mon appartement près de la Locomotive à Paris... J'aime bien l'esthétique et la musique black metal mais j'ai toujours trouvé que les black metalleux étaient de vrais bouffons. Le seul ami que j'ai dans cette scène est Bard Faust et il a beaucoup de recul sur la scène, après ses années de prison. Tous les mecs des groupes que j'ai rencontrés en Suède bloquaient sur mon affaire, alors qu'ils parlent de meurtres rituels à longueur de lyrics. Personnellement je n'ai pas été influencé dans mes actes par tel ou tel groupe ou telle ou telle vidéo, car mes actes ont été assez uniques dans leur genre et je vois mal où j'aurais pu trouver l'inspiration...

Et plus généralement, penses-tu qu'une oeuvre puisse influencer, voire déclencher des manifestations de violence ? Est-ce que tu te sens une responsabilité, comme le laisserait supposer que tu tiennes à rappeler à ceux qui consomment les histoires de meurtres comme on consomme un polar, que la réalité physique d'un meurtre suivi de mutilations est monstrueuse ?

La bible a généré plus de meurtres et de génocides que n'importe quelle autre oeuvre de fiction, donc oui, certains livres poussent au meurtre... Mais en général la fiction n'est que le catalyseur de pulsions de mort qui sont déjà présentes en soi. Les gens aiment se justifier dans leurs actes de cette façon et rejeter leur propre responsabilité morale. Je trouve cela particulièrement pathétique. Je suis pleinement conscient d'être responsable de mes choix de vie et j'en assume totalement le prix.

Tu as été l'objet de nombreux reportages et interviews durant ces dernières années, notamment en Grande Bretagne et au Portugal. Comment analyses-tu l'intérêt que te portent les médias ? Et comment expliques-tu par la même occasion que les médias français restent aussi silencieux, comparés aux étrangers ?

J'ai eu quelques contacts avec des médias français, mais après discussion leur réactions sont du style : « On ne peut pas faire un sujet sur toi car ce serait faire l'apologie du meurtre. » Ici, la seule image acceptable de l'ex détenu est celle du repenti qui ferme sa gueule. Il n'y a pas du tout l'aspect rock 'n' roll que les autres pays ont. En France la plupart des gens ne comprendraient pas le fait que quelqu'un comme Ramirez reçoive plus de lettres de fans par jour que certaines rock stars. La plupart des français qui se disent intéressés par les tueurs en série te ressortent toujours l'argument du style "c'est pour comprendre leur psychologie". Il faut qu'ils se justifient, sinon on les traite comme des anormaux. Pourtant les ventes de (mauvais) bouquins sur le profiling ont explosées ces dernières années. La fascination du public est là, réelle, mais les médias ont beaucoup de mal à la gérer.

La Spirale a récemment abordé le phénomène du néo-vampirisme au travers d'une interview de Father Sebastian, un des fondateurs de la scène vampyrique new-yorkaise. Tu as pour ta part choisi "Vampire of Paris" comme nom de domaine pour ton site. Qu'est-ce qui t'attire dans l'archétype du vampire ? Ton approche du vampirisme me semble assez différente de celle de la communauté vampyrique nord-américaine...

Ce surnom m'a été donné par les tabloïds anglais et scandinaves après mon procès. Je l'ai trouvé fun donc je l'ai gardé pour mon site. Je fais partie des vampires criminels, ce qui n'a rien à voir avec les néo-vampyres américains ou la scène gothique. D'ailleurs ceux-ci se sentent souvent mal à l'aise en ma présence et redoutent l'assimilation du grand public entre leurs activités et des actes criminels comme les miens. La démarche de Father Sebastian, même si elle est à l'opposé de la mienne, me semble très intéressante sur le plan spirituel. Mais ma vision du vampire est avant tout celle d'un prédateur qui se nourrit du sang de ses victimes. C'est pour moi un individu qui, par des pratiques rituelles basées sur le sang, s'élève au dessus du troupeau humain. Historiquement, c'est Elizabeth Bathory ou Gilles de Rais.

Puisque tu viens de faire référence à tes actes criminels, j'aimerais te laisser le soin de nous présenter ton affaire ?

J'ai été arrêté par la Brigade Criminelle en Novembre 1994 devant la Locomotive à Paris, suite à un meurtre au calibre 22. J'ai été condamné à douze années de réclusion criminelle pour assassinat par la cour d'assises de Paris en Mai 1997. J'ai bénéficié de l'atténuation de responsabilité selon l'article 122 du code pénal, en raison de troubles graves de la personnalité. On m'a aussi accusé de profanations de sépultures suivies de mutilations et d'actes de cannibalisme dans la morgue où je travaillais au moment des faits. J'ai passé presque huit ans en prison à Fleury Mérogis et à la Centrale de Poissy. J'ai été libéré en Mars 2002.

La publication de ton interview dans La Spirale risque de susciter quelques critiques de la part de ses lecteurs. Que répondrais-tu de ton côté aux personnes qui s'insurgeraient contre cet éclairage sur ta personne et ton travail ?

Je suis habitué au statut de paria. Je ne cherche pas à être accepté pour ce que je suis, car viscéralement ce n'est pas possible pour 95% des gens. Par contre ce qui me fait sourire, c'est l'hypocrisie qui entoure certaines critiques dont je fais l'objet, surtout par ceux qui se déclarent ultra libéraux et ouverts d'esprits. Pour ne pas passer pour des culs bénis, ils sortent souvent des critiques montées de toute pièces. On me traite de sexiste car je peins des corps mutilés de femmes, on dit que je suis fasciste à cause de mon discours sur la race humaine en tant que parasite (je rappelle quand même que le fascisme est l'écrasement de l'individu au profit du collectif... Cela est très loin de ce que je prône comme style de vie...). On dit que je suis ceci, cela, uniquement parce qu'on a peur de passer pour réactionnaire en disant que ce que je fais est totalement amoral... Cette attitude (typiquement parisienne d'ailleurs) m'est particulièrement pénible. A tout cela je réponds: oui je suis nihiliste, oui je suis amoral et oui je profite à cent pour cent de ma liberté...

La page d'accueil de ton site comporte un avertissement dans lequel tu dis que, bien que ne pouvant pas effacer le passé, ton but est de canaliser cette négativité à travers la création artistique. Tu en profites également pour souligner que tu n'encourages pas les gens à suivre ton exemple passé car le prix à payer, tant spirituel que social, est trop élevé. Ceci m'amène à te poser plusieurs questions en commençant par te demander si tu éprouves des remords et si c'est le cas, de quel ordre ?

Oui, j'éprouve des remords, mais cela reste mon problème et ça ne regarde que moi et la famille de la victime.

Tu parles d'un prix à payer à un niveau social, ce dont nous avons déjà parlé plus haut dans cette interview, mais également d'un prix spirituel. Qu'entends-tu par là ?

C'est la damnation, tout simplement. Et il n'y a aucune rédemption possible. J'ai depuis longtemps accepté mon sort et je ne recherche pas le pardon, car je n'y crois pas.

J'aimerais savoir ce que serait pour toi un monde idéal ? Et te demander au passage de quelle la manière tu envisages le futur, tant à un niveau personnel que général ?

La Suède est pour moi un monde idéal. Peu de chômage, d'immenses forêts, cinquante centimètres de neige du mois de novembre au mois de mars, des filles saines et équilibrées, une vraie attitude rock 'n' roll... J'aimerais y retourner un jour. Mais mon futur semble lié à Paris, encore et toujours... Quitte à choisir, j'aimerais une nouvelle ère glaciaire et le retour au Chaos originel, mais il faudra attendre encore un peu.


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Titre : NICOLAS C.
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Genre : Interview
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Nicolas C. - Une interview tirée des archives de La Spirale.

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