FRÉDÉRIC TEMPS «L'ÉTRANGE FESTIVAL 2010»


Enregistrement : 07/09/2010

Créé en 1993, l'Étrange Festival ouvre ses portes tous les ans au mois de septembre afin d'assouvir les pulsions polymorphes des amateurs de cinéma de genre, d'oeuvres étonnantes, de beau et de bizarre. Frédéric Temps, son président et membre fondateur, a pris le temps de répondre aux questions de La Spirale à quelques jours de l'édition 2010 qui se déroule en ce moment-même à Paris dans les salles obscures du Forum des Images.

Un entretien dans lequel il est question d'activisme culturel, de rencontres et de coups de coeur, d'icônes de l'underground, de découvertes argentiques, mais aussi de musique autour de l'Étrange Musique, le pendant sonique de la manifestation qui a eu le bon goût d'accueillir cette année Kni Crik, Alec Empire et The Pop Group, et de Tempsion, projet musical protéiforme de Frédéric Temps. Leçon de choses par un véritable agitateur culturel à la croisée des thématiques qui agitent l'eZine des Mutants Digitaux !


Propos recueillis par Laurent Courau.



Comme le souligne l'éditorial du site officiel de l'Étrange Festival, cet manifestation est devenu le grand rendez-vous cinéphile de la rentrée parisienne. Comment vis-tu ce nouveau statut après des années d'activisme, une interruption et certainement mille et une péripéties, pas forcément simples à gérer... ?



Plutôt bien… Après deux années d’interruption pour cause de travaux du Forum des Images, nous étions persuadés qu’une nouvelle génération de cinéphiles et de curieux, lassés du « prêt à consommer » nous attendaient impatiemment pour ce retour, afin de découvrir bien des films (ou concerts) difficilement visibles ailleurs dans l’Hexagone. Nous n’avons pas besoin de nous « autoproclamer » grand rendez-vous cinéphile de la rentrée. Ce sont les spectateurs et internautes qui le disent. Il suffit de regarder autour de nous pour admettre qu’ils ne se trompent pas vraiment…

Toujours dans cet éditorial, il est question d'une nouvelle génération de cinglés d'images. Ce qui m'amène à m'interroger sur le public de l'Étrange Festival : ciblé, atypique, polymorphe ? Est-ce que tu arrives toi-même à le définir, à le qualifier comme diraient nos amis les communicants ?

Le public du festival est d’autant plus facile à cerner qu’il nous ressemble… Avide de savoir et de connaissance. Jamais blasé. Toujours curieux, du meilleur comme du moins bon… À l’affût d’idées neuves, de points de vues singuliers, et surtout, d’une certaine liberté de ton qui fait bien défaut à notre civilisation contemporaine. Il n’est pas plus de « gauche » que de « droite ». Il cherche tout simplement « autre chose »…

La cuvée 2010 est la seizième édition de l'Étrange Festival, pour près d'une vingtaine d'années d'existence - interruption comprise. Une durée qui doit vous permettre d'avoir un certain recul. Et justement, on a beaucoup parlé d'une baisse quantitative des productions audiovisuelles pour cause de piratage intensif et de désertion des bailleurs de fonds. En même temps, les outils semi-professionnels n'ont jamais été aussi accessibles qu'ils le sont aujourd'hui. Quelle est ta perception de la production actuelle ? Logiquement, la récession économique devrait motiver une explosion des productions indépendantes...



Si nous devions tenir compte des échos mondiaux au sujet de la production cinématographique actuelle, nous devrions être en plein désert. Or, nous avons été contraint, cette année, à un vrai casse-tête tellement la nasse était pleine sur le choix des films qui s’offrait à nous… Comme le dit si bien l’adage, si tu dois créer quelque chose. Si c’est vraiment ça que tu veux. Rien ni personne ne pourra t’empêcher de le concrétiser.

Cette formule semble avoir été bien assimilée puisque, ne serait-ce que dans le cadre de la compétition long-métrage que nous innovons cette année avec Canal+ Cinéma, nous avons pas moins de vingt films (!) en lice pour le « Prix nouveau genre ». Parallèlement un renouveau du film de genre arrive, enfin, en France grâce à une multitude de petites productions plutôt bien troussées qui n’ont rien à envier à la production indépendante nord-américaine ou asiatique, et qui d’ailleurs bénéficient d’un accueil plutôt positif à l’international.

Tout n’est pas encore acquis, mais force est de reconnaître que la tendance est plutôt au rééquilibrage entre films « d’auteurs », films sociaux et films de genre, dans la production française. Cela doit sûrement en agacer certains, mais il faudrait peut-être rappeler que depuis cent ans, aux quatre coins de la planète, on parle plus de Cocteau, Franju, Clouzot, Melville ou Godard que de Jean Giraud, Alexandre Arcady ou Benoît Jacquot…

Peux-tu revenir pour nous sur les premières années du festival, qui se déroulait si ma mémoire est bonne au fameux Passage du Nord- 
Ouest ? Quelles furent vos motivations premières et que peux-tu nous dire de votre programmation durant cette période préhistorique ? Il n'est pas inutile d'effectuer ce genre de rappel pour nos lecteurs les plus jeunes qui sont dorénavant nés avec Internet et n'ont pas idée des trésors de patience et d'astuce qu'il nous fallait parfois déployer pour mettre la main sur un film ou un disque.



Comme je l’induisais un peu plus haut, le festival s’est créé sur une envie de réunir et de montrer sur un écran de cinéma, les films que nous aurions souhaité voir ou revoir, en tant que simples spectateurs, alors qu’ils dormaient (pour certains) sur les étagères des ayants droit ou avaient totalement disparu de la circulation.

Il faut savoir qu’à la création du festival, en 1993, nous ne bénéficions que de 10 000 € pour montrer cent-vingt films pendant tout l’été… C’était complètement démesuré, mais certains distributeurs et producteurs ont trouvé notre folie sympathique et ont joué le jeu. C’est ainsi que l’on a pu faire découvrir le travail de Jorg Buttgereit ou des frères Quays en leur présence, d’Alex van Warmerdam, de Jan Svankmajer, de John Lasseter, Richard Kern, Alex de la Iglesia, Julio Medem et de beaucoup d’autres.

Pour différentes raisons économiques ou logistiques, cela serait complètement irréalisable aujourd’hui, du moins avec les exigences de la plupart des productions.

Question classique, mais néanmoins sympathique, quels sont tes meilleurs souvenirs et anecdotes des quinze précédentes éditions du 
festival ? Que ce soit en matière de coups de coeur, de rencontres, de tout en somme... ?



D’avoir réussi à faire (re)découvrir des œuvres à priori plutôt dérangeantes dans un cadre festivalier de bon aloi. Pouvoir sortir du cliché des grandes messes underground pour initiés vers une réunion plus « open minded » et festive, tant pour les invités que pour les spectateurs, justement.

De cette réussite, découle bien évidemment beaucoup de souvenirs à jamais gravés dans ma mémoire. Le cinéaste japonais Teruo Ishii, très déstabilisé de s’apercevoir que le public présent en masse pour la rétrospective de son oeuvre était composé de cinéphiles, jeune et très féminin, alors que dans les années 60, ses films étaient surtout visibles dans des quartiers mal famés de Tokyo…

La joie et la bonne humeur de Christoph Schlingensief, l’enfant terrible du théâtre allemand, accompagné d’Udo Kier à l’occasion de leur première(et unique) rétrospective commune en France. Christoph venant de mourir ce mois-ci, bien trop tôt (il avait 49 ans), je n’ose imaginer l’état dans lequel doit être Udo Kier…

La joie extrême d’Asia Argento de rencontrer enfin l’une de ses idoles, le pape de la musique underground, Genesis P Orridge (Throbbing Gristle, Psychic TV, Thee Majesty), à l’occasion d’un magnifique hommage rendu au cinéaste anglais Derek Jarman. L’émotion non feinte de l’immense Norman Mailer à l’occasion de la rétrospective intégrale de ses films. Lui qui pensait avoir réalisé quelques pellicules sans grand intérêt…

L’ « énumération mémorielle » serait trop longue… Peut-être un jour quelqu’un se mettra devant son clavier pour tout raconter… Mais pour l’instant il y a encore du chemin à faire et j’imagine qu’il y aura encore de grands moments à vivre, dès cette année, probablement…

Comment s'est opérée la connexion avec Canal +, qui fait maintenant partie de vos sponsors historiques ? Était-ce une étape importante et doit-on y voir la marque d'Alain Burosse, éminent directeur des programmes courts de la chaîne cryptée, instigateur de joyaux télévisuels comme l'Oeil du cyclone et aujourd'hui membre de l'équipe de l'Étrange Festival ? Ce qui me permet de glisser une seconde question dans ma question, en te demandant de nous présenter le noyau dur de votre équipe que j'ai eu la chance de voir à l'oeuvre un soir du printemps dernier dans un appartement cossu du XIe arrondissement parisien... ; )



C’est clair qu’Alain a été le premier « professionnel », du temps où il était à la tête des programmes courts de Canal+, à voir l’intérêt d’un tel festival, lui qui avait été convié par Pierre Lescure, en 1984, à développer sur la chaîne du foot et du porno, « l’alibi » créatif et original dans une station, somme toute, bien sage.

Aussi, dès la première édition, Alain s’est engagé à soutenir la compétition internationale de courts-métrages, en remettant tous les ans, le « Grand prix ». Par la suite, Jean-Pierre Dionnet est arrivé en renfort et à vraiment poussé pour que la chaîne s’investisse d’avantage dans ce qui lui paraissait être une véritable alternative en salle de ce qu’il développait avec son « Cinéma de quartier ».

Puis vinrent les sombres années Messier, durant lesquels la chaîne a perdu toute la crédibilité « djeune et branchée » qui fit ses beaux jours. La relève ne s’est pas opérée en un jour et il faut reconnaître, qu’après le départ d’Alain, Pascale Faure, qui était sa collaboratrice directe, à vraiment « ramé » pour que perdure le mariage entre la chaîne et le festival… Gloire lui en soit rendue puisque, est-ce la consolidation de ce partenariat ?, certaines institutions publiques et d’autres partenaires privés ont enfin pris conscience de l’importance d’une telle manifestation en France.

Aujourd’hui Canal+ est le principal (et essentiel !) partenaire de la manifestation. Ceci se justifie par le fait qu’il existe à nouveau une véritable cohérence entre les programmes développés sur Canal+ Cinéma (d’où la création de la compétition « Nouveau genre ») et l’Étrange Festival. Rien n’est jamais acquis pour autant et, 18 ans plus tard, nous rencontrons tout de même de sérieux problèmes budgétaires récurrents. Unique et simple raison pour laquelle nous sommes toujours bénévoles et qui nous empêche de développer nos ambitions vers quelque chose d’encore plus international. Car même si les spectateurs ne peuvent s’en rendre compte, de par la qualité de la manifestation, tout cela se fait proportionnellement avec des queues de cerises…

La gestion de la manifestation est très simple dans son fonctionnement. Il s’agit d’une association de loi 1901 avec un bureau exécutif composé de membres adhérents. Lors de ta visite, tu as assisté à l’une des « vives » réunions au sujet de la mise en œuvre de l’édition à venir. Étaient donc présents Pierre Jamin, le trésorier et coordinateur des événements d’ampleurs. Philippe Lux, secrétaire général et directeur de l’édition décentralisée de Strasbourg et l’un des conseillers à la programmation. Marc Bruckert, qui est avec moi-même l’un des plus anciens membres du bureau, est le responsable graphique et artistique de la manifestation. Alain Burosse, qui est le vice-président de l’association et moi-même qui suis président et délégué général de tout ce bazar.

Petite lapalissade, l'Étrange Festival est un festival de cinéma qui démarre le vendredi 03 septembre au Forum des images, sis à Paris dans le Forum des Halles. Mais il comprend aussi l'Étrange Musique qui présente cette année un plateau pour le moins bigarré avec Kni Crik, Alec Empire et The Pop Group. Peux-tu nous en toucher un mot ? D'autant que l'on sait que la musique fait partie de tes passions, passion que tu exprimes au travers de Tempsion... sujet que nous aborderons à la prochaine question, si tu le veux bien.

Comme je le disais en creux dans la réponse précédente, le budget total de la manifestation ne nous permet pas d’offrir aux spectateurs tout ce qu’on voudrait leur donner à voir ou découvrir chaque année(expos, performances, lectures,etc.). Aussi, nous essayons tout de même de proposer le champ le plus large de ce qui nous passionne culturellement.

C’est ainsi que s’est développé dès 2004, l'Étrange Musique, le pendant sonique de la manifestation. Sa programmation découle de la même envie que pour la programmation cinéma : Faire (re)découvrir des artistes importants à nos yeux et pas forcément reconnus à leur juste valeur dans l’hexagone.

C’est ainsi que nous avons l’immense chance de faire venir cette année, et pour la première fois en France The Pop Group qui vient de se reformer après trente ans de silence pour une poignée de dates en Europe, et dont Paris sera la première de ces cinq dates. Le groupe est composé d’éminents musiciens, à commencer par Bruce Smith qui fut batteur des Slits, co-fondateur de Rip Rig+Panic (avec sa future femme Neneh Cherry) et actuel batteur de PIL, ou Mark Stewart son chanteur charismatique et père spirituel de toute la scène de Bristol depuis vingt ans (de Portishead à Tricky en passant par Massive attack), mais il est surtout le vrai chaînon manquant entre l’after-punk contestataire de la fin des années 70 et le renouveau trash funk des deux décennies suivantes (Rage Against The Machine ou encore Fugazi revendiquent pleinement leur descendance).

Kni Crik est probablement la formation française la plus sauvage jamais vue dans l’hexagone. Ils se présentent sur scène grimés en indien d’Amérique avec plumes et peintures de guerre, entourés d’un immense tipi, et déversent une musique sauvage entre after-punk et chants tribaux, à l’aide d’instruments improbables. Le groupe ne se produit que très rarement et les plus jeunes ont pu les découvrir à l’occasion de la réédition de leur très bel album « Foudre » sur le label de Bérurier Noir, Folklore de la zone mondiale. Il y a fort à parier que ce concert soit le dernier du groupe et la formation va certainement nous offrir un véritable feu d’artifice des plus somptueux.

On ne présente plus Alec Empire, tellement l’énoncé de sa formation principale fait accourir les foules. Je veux parler d’Atari Teenage Riot. Depuis plus de vingt ans, Alec est probablement ce qui est arrivé de mieux à l’electro-trash allemande… Souvent comparé à Trent Reznor (Nine Inch Nails) à cause de sa musique tranchante comme une lame et ses textes fortement nihilistes, « l’art terroriste » de ce musicien protéiforme et touche à tout (il est aussi à l’aise avec Bjork qu’avec Ice ou Techno animal) reste un moment de violence musicale rare et percutant.

Bref, ce n’est pas encore cette année que nous inviterons les petits chanteurs à la croix de bois…

Abordons donc la question de ton univers personnel. Outre l'Étrange Festival, tu sévis sur plusieurs terrains, notamment en tant que réalisateur pour l'émission Mensomadaire de Canal + et à la tête de Tempsion, un projet musical dont le dernier album « There Is No Reason To Believe That Music Exists »vient de voir le jour. Aurais-tu la bonté de nous le présenter et de nous éclairer sur l'origine de ce titre énigmatique ?

Tempsion est un projet musical protéiforme que j’ai créé il y a cinq ans, avec l’aide de Charley James, après un silence de plusieurs années. En 2004 nous avons produit « Rectifier », un premier album accompagné d’une dizaine de vidéos et totalement mixé en 5.1. Après une première série de concerts en France et à l’étranger, nous nous sommes enfermés en studio afin de préparer ce nouveau double CD de plus de deux heures et sur lequel jouent les musiciens qui m’accompagnent en concert, à savoir les bassistes Frédérick Galiay et Jean-Philippe Morel ainsi que le batteur Edward Perraud et la chanteuse Sophie Corceiro.

Une grande partie des compositions à été spécifiquement écrite pour Black Sifichi, qui est de très loin le chanteur le plus intéressant que j’ai pu entendre depuis très longtemps. Je n’arrive d’ailleurs toujours pas à comprendre qu’il ne soit pas aussi reconnu qu’un Tom Waits tellement son talent vocal est immense. Le titre de ce nouvel opus est fortement ironique tellement je trouve qu’avec le temps, un fossé gigantesque s’est créé depuis plusieurs décennies entre l’essence même du son et de la musique et la bouillie informe que l’on propose aux masses sous couvert de création et de musicalité.

Si l’on sait tendre l’oreille, il y a plus d’harmonies dans le couinement des gonds rouillés d’une porte que dans bien des disques vendus par pile entière sous couvert de « musique sympa et cool ». C’est ça en fait. On est dans l’air du cool. C’est la mort de l’audiophilie (il suffit de voir sur quoi la plupart des gens écoutent de la musique…). La perte totale des sens et de la pureté phonique.

J’aurai pu appeler ce nouvel album « Le bruit des nuages », mais ce très beau titre avait déjà été utilisé par Peter Greenaway pour une exposition au Louvre, il y a une vingtaine d’années…

Pour ma part, je peux dire que La Spirale a changé ma vie. Je lui dois une immense partie de mes rencontres, de mes amitiés et bien sûr de mon parcours professionnel. Qu'en est-il dans ton cas ? Sans rentrer (bien évidemment) dans une logique de retour sur investissement, quels ont été les effets secondaires, les retours de ce temps et de cette énergie investis de façon bénévole ?

J’ai toujours essayé de tout faire avancer de façon logique et cohérente. Il y a des passerelles constantes entre mes activités de musicien, producteur, directeur de festival, réalisateur ou autre. Tant au niveau de certaines rencontres que d’échanges et de confrontations. La vie serait bien ennuyeuse sans cela…

Il peut m’arriver de mettre au repos certaines choses ou activités et les reprendre comme si c’était hier. Pour la musique, par exemple, j’ai repris la composition et la scène comme si je l’avais quitté la veille. Je peux très bien avoir envie de filmer un créateur ou de rendre hommage à un cinéaste et le faire seulement des années plus tard. Je n’ai jamais senti de perte de temps dans la recherche du savoir ou de la création. Les choses doivent venir d’elles-mêmes, au moment opportun.

L'époque est complexe, particulièrement sur le champ économique, mais aussi étrange et perturbée. Ce qui ne fait qu'accentuer la pertinence de l'Étrange Festival. Comment imagines-tu le futur de cette manifestation ? Et de manière plus large, comment vois-tu l'avenir à court et moyen terme ? Ta position au centre d'un réseau de réalisateurs et d'artistes aux sensibilités variées te donne un excellent poste d'observateur de nos présents et de nos futurs communs...

De façon très flagrante, les temps sont à la reprise en main de bien des libertés. Cela dépasse de très loin tout ce que nous avons pu observer depuis plusieurs décennies. De façon assez alarmante, nous pouvons presque dire que tous les voyants sont au vert pour un nouveau conflit planétaire et pourtant…rien ne se passe frontalement.

Alors, on ressert l’étau. Doucement, chaque jour d’avantage. Il suffit de voir à quel point, dans l’ombre, lâchement, certaines aides ne nous sont pas accordées par crainte de polémique ou, au contraire, d’éveil de certains citoyens. Il n’y a plus de sens critique. La moindre contestation est montrée du doigt et vite circonscrite.

Quand le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt….

Mais malgré cela, nous continuons et attirons de plus en plus de spectateurs. C’est forcément un signe et tu n’es pas le premier à me parler de cette « pertinence » de nos activités. Tant mieux. Tout n’est pas perdu. Il ne faut « jamais » baisser les bras. Je pense que l’Étrange festival continuera sur la même voie. Après dix-huit ans d’un travail acharné et passionné nous pouvons presque dire que le plus dur est fait. Pourvu que ça dure…


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A propos de cet article


Titre : FRÉDÉRIC TEMPS «L'ÉTRANGE FESTIVAL 2010»
Auteur(s) :
Genre : Interview
Copyrights : Laurent Courau - La Spirale.org
Date de mise en ligne :

Présentation

Créé en 1993, l'Étrange Festival ouvre ses portes tous les ans au mois de septembre afin d'assouvir les pulsions polymorphes des amateurs de cinéma de genre, d'oeuvres étonnantes, de beau et de bizarre. Frédéric Temps, son président et membre fondateur, a pris le temps de répondre aux questions de La Spirale à quelques jours de l'édition 2010 qui se déroule en ce moment-même à Paris dans les salles obscures du Forum des Images.

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