RODOLPHE BESSEY (INTERVIEW)


Enregistrement : 21/12/2010

Homme-orchestre des milieux artistiques et alternatifs lyonnais, Rodolphe Bessey oscille avec sensibilité entre ses différentes casquettes ; artiste-plasticien, activiste culturel, point nodal de multiples réseaux de l'underground et organisateur de soirées hors-normes où se côtoient les créatures les plus étranges de la capitale des Gaules.

Entre photogrammes et radiographies crépusculaires, soirées folles en hommage à la décadence des années 30, ésotérisme médiumnique et détournement de l'imagerie médicale du XXIe siècle à des fins artistiques et prospectives, une interview qui s'immisce dans les profondeurs du bouillon de culture rhône-alpin entre Saône et Rhône.

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Propos recueillis par Laurent Courau.



Bien que ça semble aujourd’hui tout à fait évident, dans le prolongement de ton travail artistique et de ton activité de réseau, qu’est-ce qui t’a inspiré la première soirée Social Portrait of a Weird Society ? Et par la suite, qu’est-ce qui a motivé l’organisation d’une seconde soirée en 2010, avec le succès qu’on lui connaît ?

Fin février 2008, une copine Runi* (Elodie Marze), dessinatrice et illustratrice me branche sur MSN pour me parler d’un sujet qu’elle a vu sur le forum Café salé (cf. http://forum.cfsl.net, un forum consacré au graphisme, au dessin, à la bande dessinée, etc.) sur lequel j’officie sous le pseudo Allart : un type (Dyspho) voulait organiser une soirée Docteur Sketchy sur Lyon.

« Dr. Sketchy’s Anti-Art School est un atelier éphémère de dessin de modèle vivant. Il s’agit d’une rencontre entre des pin-up et des dessinateurs. Le principe est d’offrir aux artistes et amateurs du dessin la possibilité de représenter de magnifiques modèles, costumés ou dénudés. […] Ces séances de dessin décalés connaissent un grand succès mondial ; Dr. Sketchy’s Anti-Art School existe déjà dans plus d’une trentaine de villes à travers le monde : Tokyo, Melbourne, Londres, Rome, Hollywood et New York, entre autres. Dr. Sketchy’s n’est pas un simple cours de dessin, mais plutôt une soirée vivante à thème. […] Dr. Sketchy’s a été crée en 2005 par Molly Crabapple, illustratrice et auteur. N’hésitez pas à visiter son site, http://www.mollycrabapple.com ainsi que celui de son célèbre Dr. Sketchy’s à New York : http://www.drsketchy.com »

Au début, j’ai tout de suite voulu l’aider, je trouvais ça sympa comme idée et c’était très motivant, en plus je pouvais faire l’interface avec pas mal d’artistes et de lieux, étant donné que j’ai travaillé dans différents collectifs alternatifs et associations artistiques sur Lyon.

Pour voir l’évolution du projet, je te laisse naviguer sur ce forum car ce serait trop long à tout expliquer (cf. http://forum.cfsl.net/viewtopic.php?f=46&t=46531).

Pour résumer, j’ai pris les choses en main, je me suis finalement retrouvé presque seul à organiser cette soirée (Dyspho ayant disparu dans les limbes du net…) ; mais c’était trop compliqué de labelliser la soirée Dr Sketchy et je voulais déjà qu’elle soit accessible aux photographes, qu’on élargisse le champ d’action à d’autres formes de disciplines artistiques, qu’il y ait moins de règles et que ce soit accessible à différents publics au niveau des tarifs, avec une démarche totalement bénévole.

Au final, ce qui aurait dû être une première soirée Dr. Sketchy Lyon est devenu Social Portrait of a Weird Society, en référence à Social Portrait of a Zombie Society de l’association Zombie Harbor. L’idée m’a été soumise par Jal, le président de l’association AoA (http://www.aoa-prod.com), un des fondateurs du K-Barré, un café culturel associatif, un peu sur le mode berlinois, où nous faisions nos réunions et où la première soirée s’est déroulée pour Halloween. Cet espace était près de chez moi, ce qui était pratique parce que j’avais souvent mes deux gosses en bas âge avec moi. J’y avais rencontré Julien Coquet, le boss du lieu, et Élisa Radelet, qui bossait là-bas : une rencontre déterminante car, sans elle, je n’aurais jamais pu faire cette soirée. Elle m’a tellement aidé pour la première édition que nous nous sommes associés pour la deuxième.

Quand je pose ta question à Élisa (invitée sur les trois premières questions), voilà ce qu’elle répond :

Élisa Radelet :

« Quand on s’est rencontré au K-Barré, j’avais dans l’idée de commencer à intégrer les arts plastiques dans notre programmation. Et puis tu es venu un soir et on a commencé à discuter des soirées Dr Sketchy’s. Pour moi c’était logique de commencer à bosser avec toi. C’est peut être un peu mystique de dire ça, mais parfois, les gens débarquent dans votre vie exactement au bon moment. Et ce genre d’événement synchronique, j’y fais attention. Je ne dirais pas que je suis une esthète mais on est un peu sur la même longueur d’onde en ce qui concerne l’art. En fait, à ce moment-là, on avait des envies communes. Je pense que c’est pour cette raison que ça a marché. En quittant le K-Barré, j’ai continué à voir plusieurs personnages du lieu, même si je me suis un peu éloignée maintenant. Les gens voulaient une autre soirée Weird Society et, même si le lendemain de la première tu m’as dit que tu ne ferais plus rien (hahaha ! très drôle), on en a reparlé. Une chose en amenant une autre, on s’est mis à travailler ensemble à nouveau. Quand on a commencé, on était tous les deux à 10% de nos capacités, je crois. Du coup, on a couru partout comme des cinglés pendant le dernier mois de préparation. Je ne sais même pas comment on a fait ça. À vrai dire, j’ai peu de souvenirs de ces deux soirées, comme si j’étais en stress post-trauma ! Je sais que j’étais là et que ça a eu une importance capitale pour moi de travailler avec toi sur ces projets. Mais quand j’essaie de me remémorer l’action (deux soirées de 8 heures), c’est le trou noir ! »

Qu’est-ce qui m’a motivé à faire une deuxième soirée ? Je ne sais pas trop en fait, je ne voulais pas recommencer au départ. J’avais fait cette soirée pour répondre à une demande de Dyspho sur le net, mais je n’en avais pas assez profité. Au final, je me suis approprié le truc : la tentation était trop forte, ce fut un sacré bordel et j’ai aimé ça ! L’évolution au Grrrnd Zero (http://www.grrrndzero.org) était donc naturelle. Je connais beaucoup de gens qui travaillent là-bas, je les respecte beaucoup et il fallait un espace plus grand car on avait eu beaucoup de monde à la première soirée. Je voulais plus d’artistique, plus de poésie et de douce folie, créer l’histoire d’une soirée, sur le principe un peu de la TAZ (zone d’autonomie temporaire), mais artistique, poétique, magique, érotique et pourquoi pas politique où tout pourrait être possible. Un prétexte pour célébrer la création plastique dans un joyeux « carnaval », une monstrueuse et folle mise en scène.

Je suis curieux de tout, mon univers est tellement large… j’ai voulu réunir au même endroit tout ce qui me plaisait, sachant que ça serait très difficile, vu la diversité des choses proposées, mais j’y ai cru. Le blog L’Omnivore singulière a tout à fait perçu les intentions de cette soirée :

« Et pendant ce temps là, ateliers maquillage, danse butô et performances dansées dans une ambiance entre cabaret brechtien et Rocky Horror Picture Show et une pointe de Female Trouble... J’ai rattrapé le fil de la soirée avec le lubrique Pan puis le Musée des prodiges, les expos photos et sculptures trashs. »

Le webzine urbain Free Landz (http://www.free-landz.fr) en parle également très bien :

« À la frontière entre le diabolique et le fantastique, c’est surtout par son incroyable ouverture d’esprit que cette soirée reste gravée dans les mémoires. Son aspect de prime abord obscur et malsain est en fait transcendé par une fabuleuse joie de vivre, de communiquer et de partager. La beauté et l’esthétique si underground présentes dans ces lieux font de cet événement une manifestation étrange et décalée immanquable. Grrrnd Zero a toujours su se démarquer des autres lieux de sorties lyonnais par une programmation subversive et un univers singulier. Or, ce portrait de notre société si bizarre est à l’image de l’enceinte qui l’accueillait. Une expérience protéiforme à la croisée des genres. On a pu voir, entendre, sentir et ressentir des émotions assez rares, qui peuvent être abordées de façon totalement personnelle ou artistique. Qu’on y aille pour s’amuser, se cultiver ou s’étonner, Grrrnd Zero reste fidèle à sa réputation en nous offrant une soirée coquine, drôle et excentrique, où la société arbore les images et les couleurs de sa face la plus cachée.

Difficile de résumer une soirée pareille et une ambiance aussi atypique en quelques mots… Les images parlent certainement mieux d’elles-mêmes. »

Je suis fier de ce résultat et de ces retours.

Le titre de ces soirées étant éloquent, j’aimerais que tu nous donnes ton point de vue sur l’étrangeté du monde dans lequel nous vivons, de ce qui te plaît ou t’interroge dans la période charnière que nous traversons. Qu’est-ce qui t’inspire, en positif ou négatif, à notre époque ?

Voilà ce qu’en dit Élisa :

« Malgré une course frénétique après le temps et l’argent, j’ai l’impression que nous vivons tous dans une sorte de solitude morbide, une sorte de bulle « cartésienne » malsaine qui nous empêche de vraiment communiquer et qui nous oblige à épater avec des mots ou des références, être un monstre de foire faussement heureux. Cependant, si tout ceci n’existait pas, il n’y aurait pas ce que j’aime dans cette vie frénétique : des moments de suspension, des enclaves de liberté où on est juste là et c’est bien, c’est le bon endroit, on est bien. Des moments de suspension comme un ralenti bien utilisé au cinéma, c’est ça que je voulais faire avec Social Portrait of a Weird Society. On a réussi ou pas ? »

Rodolphe :

Je pense qu’on a un peu réussi.

Pour moi, l’étrangeté c’est de vouloir ressembler aux autres. Je dis ça car j’ai été étrange. Quand j’étais jeune, je voulais leur ressembler, car je me sentais seul, un peu différent, et que j’étais surtout quelqu’un qui voulait absolument avoir des rapports humains avec les autres. Mais comment faire quand on ne s’intéresse pas au foot et que tous les copains ne parlent que de ça ? Eh bien, on s’intéresse au foot malgré tout ou on fait semblant, sinon c’est la solitude, et j’ai eu peur de la solitude (encore aujourd’hui). Mais j’ai trouvé des solutions et ma nature profonde, mon égoïsme, ou encore mon excentrisme intérieur m’ont extirpé de ce phénomène. J’ai essayé d’être moi. Certaines personnes qui avaient déjà fait le grand saut m’y ont aussi aidé (car je commençais à rencontrer des ovnis) et, au final, c’est la chose la plus normale qui ait pu m’arriver : être moi. Mais il a fallu que j’attende la fin du lycée.

Malheureusement, c’est parfois dur d'être atypique aux yeux des autres : je me dis que je devrais tout de même me faire « soigner » parce que l’image qu’on me renvoie, c’est la différence. Mais je tiens bon, je garde mon cap.

Je trouve notre société actuelle terriblement égoïste, mais vraiment dans le mauvais sens du terme - car il est également essentiel, je pense, d’arriver à s’occuper de soi, de prendre soin de soi. Nous sommes également dans une culture de la chaussette, « je te prends, je te jette ». On ne prend pas le temps de vivre ou de découvrir en profondeur. Je trouve aussi que les humains en occident sont de moins en moins solidaires entre eux : aujourd’hui être quelqu’un de gentil, de bon, de bienveillant est une tare, une faiblesse à éradiquer. On ne voit que les problèmes mais on ne cherche jamais les solutions, l’immobilisme devient permanent, notre civilisation tend vers le déclin. Comme le dit Kriss de Valnor dans la BD Thorgal (que je lisais adolescent) : « Il n’y a que deux races d’hommes sur Terre : les puissants et ceux qui les servent, la multitude penchée sur la glèbe qui paye, souffre et meurt pour que les puissants deviennent plus puissants encore. » C’est radical mais tellement vrai…

Quant à moi, je cherche ou j’aspire à une autre voie. Cependant, je sais aussi que la liberté est très chère, et peut-être que je réagis comme ça parce que je ne me considère ni parmi les puissants, ni parmi la plèbe. Mon cul oscille entre deux, voire trois chaises…

Enfin, et malgré tout ce que je viens de dire, c’est parfois de cette espèce de maelstrom putride qu’émerge du beau. Et donc, je crois en l’avenir, celui que nous tracerons : le fait d’avoir fait des enfants, par exemple, peut constituer un acte de résistance.

« Vivre avec le virus des viscères, c’est survivre, IVRE et résister à ne pas vendre son âme aux morts potentiels », m’a dit un jour mon ami John. Il a totalement raison. Avancer avec son cœur, ses tripes, parfois sur un fil, mais rester debout, ne pas baisser les bras.

En faisant cette soirée, j’ai trouvé qu’il y avait presque cet espace de liberté, même si c’était parfois compliqué dans la compréhension et la quantité, entre le poseur et l’artiste, le vrai et le faux, et la multitude de shows. Par contre, je suis fasciné par tout ce que sont capables de faire les gens quand tu leur donnes un espace d’expression telle que la chambre rouge (un clin d’œil au quartier rouge d’Amsterdam, où le public pouvait s’exprimer librement) ! Ça m’amuse de retrouver toutes ces cultures dites « souterraines » sur Facebook. Pour finir, cette soirée avait pour but de faire découvrir des expressions artistiques fortes qui me touchent. Il est nécessaire de transmettre à d’autres ces énergies, ces réflexions : ces autres dimensions, une fois digérées, deviendront des outils pour l’avenir, pour mieux nous appréhender et approcher le monde.

Des références comme La Foire aux immortels de Bilal, l’univers de David Lynch, le film Les Idiots de Lars von Trier, le film La Monstrueuse Parade (Freaks), Stalker d’Andreï Tarkovsky, ou encore des univers aussi éloignés, de Sergueï Paradjanov au film Mad Max, en passant par les mangas Ghost in the Shell ou Akira m’ont beaucoup inspiré.

Je m’intéresse beaucoup au courant des primitifs modernes dans les années 70, à l’art brut et à l’expression urbaine ou industrielle ou au contraire au Land Art, ainsi qu’à la danse butô qui m’hypnotise. Tout ce que je viens de citer m’inspire et me nourrit énormément.

Il en va de même pour mon quotidien, pour ma ville, mes nouvelles rencontres ou mes voyages.

Au-delà de l’aspect artistique et ludique, je perçois une intention philosophique et politique derrière ces soirées... depuis leur nom, jusqu’à leur programmation qui tend à dresser un catalogue exhaustif des déviances et des marges contemporaines. Est-ce que tu te reconnais dans une telle forme d’engagement ?

Voilà la réponse d’Élisa, qui est aussi un peu la mienne :

« Je ne dirais pas qu’il y a un engagement politique ou philosophique particulier, mais je dirais qu’à partir du moment où on introduit de l’art, on est un peu obligé de s’engager. Sinon, ce qu’on fait a-t-il vraiment un sens ?

La Weird Society en elle-même ne dresse pas un catalogue exhaustif des déviances et des marges contemporaines. Son public, peut-être, mais la soirée, je ne crois pas. L’idée originale est une idée de rencontre entre des modèles des peintres, des photographes, mais aussi entre des gens du commun et une population peu conventionnelle. Il est vrai que le show était autant sur scène que dans le plus sombre coin d’escalier... Cependant, avant de dresser un catalogue, je pense qu’on a fait ça dans un but humain. Rassembler une population hétéroclite et attendre que de belles choses émergent. »

Rodolphe :

En regardant de nouveau le dossier de presse de la deuxième édition, tu peux voir la diversité de programmation de cette soirée et son engagement :

http://www.aoa-prod.com/docs/dp_weird_society_2010.pdf?PHPSESSID=f59b5353dc8ebb9e5cc8a7b5461baec8

Je me reconnais dans cette forme d’engagement, même si je suis resté un enfant et que j’aime le spectaculaire. J’ai encore la douce utopie de croire que ça a servi à quelque chose, tisser des liens entre individu, connecter des artistes, créer un laboratoire de création ! Et comme tu as pu le voir, j’aime bien les citations, puisque certaines personnes s’expriment mieux que moi. Je te laisse celles-ci pour te montrer mes intentions philosophiques et plus poétiques que politiques, et aussi ce à quoi j’aspire !

« Je désire accorder aux choses secrètes une haute signification, au quotidien un mystérieux prestige, au connu la dignité de l’inconnu, et au fini l’apparence de l’infini... » -- Barbara Ouvray

« La poésie n’est pas une croyance. Ni une logique. La poésie est acte. L’acte congédie tout acte. Voici l’instant où l’ombre du rêve ressembla à l’ombre du poème. » -- Takigushi

« La pensée du tremblement est une manière d’être attentif à l’incompréhensible et à la poésie des autres, une pensée prête à vivre dans un monde imprévisible. » -- Édouard Glissant

Au final, le message de la soirée c’est « allez au-delà des apparences » !

Sorti de l’aspect exotérique de tes activités lyonnaises, ta production artistique intègre de nombreuses autres dimensions, dont une relation étroite à la mort au travers de tes nombreuses vanités, mais aussi à l’au-delà, à des forces oubliées des sciences actuelles par l’intermédiaire de présences fantomatiques presque constantes. Comment expliques-tu une présence aussi forte de ces entités dans ta production ?

Je m’intéresse à notre instinct animal et humain, aux vieilles magies, à la tradition orale plus qu’écrite (bien que je lise aussi), à l’hypermnésie – le fait de retenir des choses qui nous servent à rien au premier abord –, à la manière dont on s’adapte au monde, aux autres, comment survivre, quels sont les outils qu’on utilise ; aux caméléons, au mimétisme ; à tous mes sens.

J’ai une relation spéciale avec la mort, peut-être par son image ou de l’image que l’on a d’elle : le crâne est juste ce qui reste quand le corps est décomposé (un peu comme l’âme quand l’enveloppe charnelle a disparu). Mais sinon je n’ai pas de rapport étroit avec la « vraie » mort, mais plutôt avec la vie, que j’essaie de célébrer. De nombreuses personnes voient de prime abord des choses sombres dans mon travail, voire morbides. Un ami, Éric Marchal, un chaman, m’a écrit quelque chose d’intéressant en regardant mes images, et ça définit un peu mon travail : « Au début, j’y ai trouvé de la noirceur et ce que je pensais être un esprit torturé ; mais rapidement cette chose s’est estompé en moi, c’est de la profondeur qu’il s’agissait, sans doute du socle qui fait l’humain. Et comme en chamanisme, si la mort est présente, ce n’est pas pour s’y morfondre : c’est pour fêter la vie. De même tes radiographies, ces têtes à peines humaines, ces fœtus… ont pu me lancer sur une fausse piste durant quelques instants. Derrière tout ça, je ressens autre chose maintenant, une envie de regarder la profondeur en face, peut-être sans concession. D’où les transparences, peut-être pour voir plus profondément, pour aller au-delà des couches. Mais deux autres choses me touchent particulièrement dans tes photos : au-delà des symboles, c’est la matière, brute, perceptible, envie de toucher les photos, les caresser et les gratter comme tu l’as peut-être fait toi-même... Et leur forme abstraite comme des volutes de fumées, ou des Kandisky couchés sur le coté, ou plutôt comme le yi-king et ces flux d’énergies, équilibre dynamique tout en énergie mouvante à tous les niveaux, profondeur et surface. »

Je trouve les crânes beaux, comme un beau coquillage, mais ce que je préfère, c’est la radiographie de celui-ci, au rayon X. Comme un spectre, il devient transparent, pochoir, écrin, négatif, réceptacle, un petit trou de serrure dans lequel je m’engouffre afin de pouvoir l’habiller à ma manière. Pour revenir à la muerte, je ne connais de la mort que ce que je subis lorsque je perds un être cher. Après, si tu me parles de l’au-delà, on est plus dans quelque chose de concret ou de physique. Pour moi, la mort c’est du concret, mais ça se termine par une étape qu’on ne peut apprécier, nous vivants ou dans cette vie, car elle la termine. L’eau de là, ou plutôt l’au-delà c’est l’espérance de l’après, pour savoir : « Alors qu’est-ce que c’est la mort ? Dans le ressenti ! » Avec ses récompenses et ses voyages. On rentre dans l’outre ou l’autre monde et la croyance du voyage de l’âme après la mort.

Je me suis intéressé aux témoignages de gens sortis du profond sommeil, le coma, mais sans plus. En réalité, je vis beaucoup les choses par empathie, et je suis aussi « médium », mais un médium sauvage : par ce que je ressens ou vis parfois, j’ai une appréciation de certains mystères, de choses qui pourraient faire peur. Je n’essaie pas de prêcher pour ma paroisse, mais c’est comme ça, je ressens et perçois, ce que j’ai beaucoup de mal à expliquer, empreintes, énergies, fantômes, traces ou présences de mort, anges ou fées, fleurs et douces symphonies… tous ces mots pourraient être une définition. Je ne suis pas fou pour autant, c’est juste là, parfois comme des parasites d’une radio, un bruit sourd, autour de nous…Dans un monde cartésien comme le nôtre, il est difficile de dire ce que je viens d’écrire, mais je l’assume. Aussi, mes images sont en étroite collaboration avec ce mystère et il ne faut pas avoir peur. Je dis ça parce que j’ai longtemps eu peur, je ne comprenais pas ce qui m’arrivait, c’est pour ça que je dis que je suis un médium sauvage…

Mon travail a un côté rituel mais il s’exécute parfois d’une manière spontanée comme une envie d’uriner : je transcris des choses que je ressens ou que je vois, des mondes invisibles où, tel un voyage astral, je vogue dans l’interstice ; j’ai des fois l’impression de faire de longs voyages, de faire le grand écart entre notre Préhistoire et notre cyber futur, de tisser des passerelles entre le passé et l’avenir… Je crée des artefacts, des amulettes, j’enferme des énergies ou des souvenirs dans des masques, je scelle des histoires. Mes images sont parfois des sceaux magiques à entité, mais j’essaie de rendre ces histoires poétiques et esthétiques, comme quand on essaie de bien faire un réglage avec son objectif lorsqu’on prend une photographie, sublimer toutes ces choses… Je cherche l’image acheiropoïète, je cherche la réminiscence, les échos et les interstices de l’âme…

Le sujet n’ayant jamais été abordé dans La Spirale, j’aimerais profiter de cette occasion pour te demander de nous présenter la face cachée de Lyon qui compte parmi les capitales ésotériques européennes... une dimension peu connue des profanes, mais étrangement présente pour peu que l’on prenne la peine d’écarter un pan du voile.

Oui en effet, j’entends souvent dire que Lyon est une des trois capitales ésotériques d’Europe avec Londres et Prague...

D’autres villes pourraient aussi se targuer de ce label. Je vais donc te répondre à ma sauce, à chacun de faire des recherches si ça lui chante parce qu’il faudrait de nombreux livres pour te répondre.

Tout d’abord, Lyon tire son nom de Lugdunum, un nom gallo-romain en hommage au dieu Lug, « une divinité complexe de la mythologie celtique, une des plus anciennes figures du panthéon indo-européen. Lug Samildanach (« aux multiples arts »), par son intervention, restaure l’ordre et le droit lorsque les autres dieux sont tombés dans l’oppression » (cf. Wikipédia) ; un dieu associé aussi aux corbeaux – les messagers des dieux –, aux arts et à la lumière. Étrange coïncidence, étant donné que Lyon est la ville des frères Lumière et qu’il y a aussi une fête des lumières le 8 décembre en hommage à Marie (Lyon vénère la Vierge Marie depuis le Moyen Âge et s’est mise sous sa protection en 1643, année où le sud de la France était touché par la peste : les échevins de Lyon, le prévôt des marchands et les notables firent alors vœu de rendre hommage chaque année à la Vierge si l’épidémie de peste cessait). Bien que nous trouvions à Lyon presque toutes les religions du monde et aussi de nombreuses sectes, loges et groupes spirituels, elle reste une ville à forte identité chrétienne…

En vrac, il y a la mâchoire de saint Jean-Baptiste c’est à un os de mâchoire du saint que la cathédrale doit son nom. Il est à noter qu’à l’origine, les messes différaient de celles faites en France, semblables plutôt à celles de Milan et de Tolède par le nombre des officiants. L’horloge astronomique fut modifiée à de nombreuses reprises : entre autres, on lui retira deux têtes de lion qui tiraient la langue à chaque sonnerie. Vers l’un des pilastres de droite, on peut voir une sorcière se rendant au sabbat sur un bouc, plus loin une svastika de quatre lièvres formant avec leurs oreilles le carré parfait des alchimistes et des tailleurs de pierre.

Sinon, sous la chapelle Sainte-Blandine (près de la basilique Saint-Martin d’Ainay) se trouve une petite crypte abritant le squelette de la sainte. La pauvre Blandine avait été livrée au taureau dans l’arène.

La fête des merveilles en juin, avait à l’origine pour justificatif, la vénération d’une pierre d’Ainay, dite pierre de saint Pothin. On sacrifiait un taureau qui était précipité dans la Saône puis récupéré et écorché. Cette fête finit par dégénérer et l’église la fit interdire.

Les messes noires lyonnaises furent attestées par Huysmans lors de ses séjours chez l’abbé Boullan, chassé de l’Église en 1875. Il installa au 7 rue de la Martinière, son « Œuvre de la miséricorde » : des offices aux influences cabalistiques, mais pas des messes noires comme cela fut raconté (enfin tout dépend des versions). Au contraire, il lutta contre celles-ci jusqu’à sa mort en 1893. En sa mémoire, ses disciples y gravèrent un cœur (le cœur d’Élie).

Pour la petite histoire, on raconte qu’à l’emplacement du palais Saint-Pierre se tenait un collège druidique en désaccord avec le dogme druidique gaulois, ce qui fait remonter les traditions occultes à Lyon depuis l’antiquité.

En 1856, le révérend-père Jandel, à la sortie d’un prêche, fut accosté par un individu. Il fut invité dans une chambre rue du Gourguillon pour le mettre à l’épreuve. Après avoir consulté le cardinal évêque de Lyon, monseigneur Bonald, qui lui donna son accord, le père Jandel s’y rendit en civil et prit contact avec un groupe d’adorateurs de Satan. Un homme de grande taille, la tête couverte d’un grand chapeau fit son entrée... le maître.

Le père Jandel brandit un crucifix et fit le signe de la croix, une secousse fit alors trembler les murs et l’homme disparut dans la panique générale. La scène fut certifiée authentique par une lettre à l’abbé de Bazelaire, secrétaire général de l’évêché de Saint-Dié.

La rue du parfait silence fut nommée ainsi en hommage à une loge maçonnique fondée en 1762, c’est aujourd’hui la rue Laurent Vilbert, qui fait l’angle avec le 45 rue Garibaldi, temple maçonnique de Lyon.

Les sorcières de Fourvière se réunissaient dans les ruines du temple de Cybèle derrière le théâtre romain. Cybèle était adorée sous la forme d’une pierre noire, elle se rendait au sabbat dans un char tiré par quatre lions.

Le prophète Montan, arrivé on ne sait comment sur Lyon, transforma son culte au IIe siècle en un compromis pagano-chrétien, le montanisme, qui prônait austérité, sacrifices, charmes et sorcellerie...

Lyon possède aussi un sous-sol tourmenté. Certaines galeries de drainage auraient servi à des bandits, à Mandrin pour de la contrebande. Il s’y trouve de nombreux symboles, il suffit de visiter le Vieux Lyon, ses traboules, ses miraboules et ses vieux bâtiments, pour les trouver cachés ici et là…

Lyon a vu naître Allan Kardec, un des fondateurs du spiritisme tel qu’on le connaît aujourd’hui. Un de ces livres les plus connu est Le Livre des esprits. Lui et ses amis étaient convaincus que le spiritisme pouvait apporter la preuve scientifique de la vie après la mort.

Il y aussi le célèbre thaumaturge maître Philippe de Lyon, ou mage Philippe, qui faisait des guérisons miraculeuses et qui marqua la ville par sa bonté, ses miracles et ses prédictions…

Aujourd’hui, il y a la salle Jeanne d’Arc à visiter, pour y rencontrer des médiums et des magnétiseurs. Le groupe Jeanne d’Arc situé place des Terreaux à Lyon a fêté ses 107 ans au mois de septembre. « C’est à la grande époque du spiritisme, codifié par Allan Kardec, en 1903 précisément, que fut créé le groupe Jeanne d’Arc. La pratique du spiritisme était alors très répandue et quelques amis se réunissaient de temps à autres au domicile de Madame Combe. C’était une femme aussi bonne que simple, aimée de tous ceux qui l’approchait, elle était médium guérisseur, voyante auditive et à incorporation. »

Et il y a aussi Madame Michèle ou Michèle Riffard qui va bientôt avoir 90 ans et qui m’a estomaqué. C’est une médium impressionnante qui passe à Lyon en début de chaque mois (cf. http://www.menssana.fr/elements/107/107%20t%C3%A9moignage.pdf).

Merci à Alec Cendre pour ses précieux renseignements.

Revenons à ta production artistique, après ce petit point occulte et touristique. Qu’est-ce qui t’a amené à privilégier les photogrammes argentiques et numériques, ainsi que les empreintes corporelles (imagerie médicale, fossiles...) ?

Tout d’abord, c’est surtout en lien à certaines références artistiques que j’aime ou qui m’ont marqué : dans l’ordre et le désordre, je suis fan des artistes comme Man Ray et László Moholy-Nagy, « créateurs » des photogrammes, suiveurs de Talbot et des fameux herboristes qui faisaient des herbiers/photogrammes.

Puis j’ai toujours été fasciné par les peintures rupestres, particulièrement les empreintes de mains dans les grottes. Le suaire de Thurin est impressionnant : au-delà de son côté religieux, c’est une véritable œuvre d’art, tout comme les anthropométries de Klein. L’art funéraire, les momies ou toute forme d’art religieux peuvent me toucher.

J’aime aussi la technique de pochoir, la gravure et la sérigraphie ainsi que la plupart des artistes dit d’art brut…

Léonard de Vinci, Gustave Moreau, Bacon, Bazelitz, Keiichi Tahara ou Evelyne Coutas sont des artistes qui m’ont beaucoup marqué. Faire des photogrammes était pour moi une manière de mélanger différentes techniques, travailler la matière, faire de la recherche artistique, travailler la lumière, j’essaie de me faire l’iconographe de mes visions humaines et sensibles du monde car je suis souvent incapable de le faire par écrit.

Pour finir j’utilise les radiographies parce que ce sont de gros pochoirs, des négatifs géants, témoignages du corps. Ces radiographies du corps me servent de bases de travail. Comme je te l’ai dit tout à l’heure, les crânes sont des outils adéquats que j’avais à disposition pour m’exprimer. Ensuite, je ne sais plus trop, ça m’a semblé toujours évident… J’avais toujours des radiologues autour de moi : ma mère bossait à coté d’un radiologue, j’ai bossé dans un hôpital avec des radiologues, etc.

En parlant d’imagerie médicale, tu as récemment franchi une nouvelle étape en t’associant avec Thomas Garrigues et Sylvain Ordureau de la société Useful Progress, spécialisée dans l’imagerie 3D en haute définition, afin de réaliser plusieurs hologrammes, la série des Physalis. Peux-tu nous présenter ce projet ?

En effet, j’ai la chance d’avoir rencontré Sylvain (grâce à Myspace) et sa technologie en 2008. Il m’a fait confiance et a apprécié mon travail. Je commençais à me sentir étriqué dans mon rôle de créateur de photogramme, je voulais passer à la vidéo. Je travaille beaucoup sur les perspectives et la mise en abyme, il fallait que je passe de la 2D à la 3D mais toujours au niveau de l’image. Je ne pensais pas à la sculpture, mais j’utilisais mes techniques de superposition, de stratification etc. qu’on retrouve dans mes photogrammes : on appelle ça du réseau lenticulaire, ou stéréoscopie. Rencontrer Sylvain a été une opportunité, il m’a invité à Paris, il a été d’une grande générosité avec moi, m’a défrayé et a investi dans la fabrication des deux premiers hologrammes. Je pouvais travailler l’esprit serein : d’habitude toujours stressé par l’argent ou la recherche d’un quelconque mécène, là, j’étais libre. Et Sylvain est un explorateur, un chercheur, un défricheur à sa manière et un chef d’entreprise protéiforme. Le problème, c’est que je n’étais pas infographiste ou modélisateur 3D, j’ai donc fait appel à Thomas qui techniquement palliait à toutes mes lacunes. Il a des formations multiples, architecture, dessin, BD, modélisation 3D ; c’est en plus un ami dont j’apprécie le travail et la sensibilité, nous avons essayé comme des alchimistes de travailler ensemble, et après différentes galères techniques et essais, les premiers résultats probants ont été les Physalis, visage d’une femme paré d’une peau en forme de feuille d’or, celle de l’arbre de Bouddha. Le nom « physalis » a été suggéré par Thomas je crois, il me plaisait beaucoup et nous avons donc opté pour lui. Ça m’évoque cette plante que je voyais chez ma grand-mère dans des bouquets de fleurs séchés ou dans son jardin et qu’on appelait amour-en-cage : on peut voir le fruit à travers les nervures de la coque.

Pour la suite, l’objectif est de monter une belle exposition et de trouver des collectionneurs afin qu’on puisse continuer à travailler et aller encore plus loin dans nos recherches esthétiques, à la frontière de différentes disciplines.

Je laisse la parole à Sylvain.

Sylvain Ordureau :

« J’ai rencontré Rodolphe Bessey en 2008, son travail sur le corps mélangeant l’art tribal, la radiographie et les croquis d’architecte m’ont tout de suite fasciné. Mon domaine d’investigation est essentiellement centré sur la représentation de phénomènes biologiques ou physiques pour mieux comprendre leur fonctionnement. Nous fouillons les volumes opaques à nos yeux humains et dépassons la frontière du visible pour accéder discrètement, sans ouvrir, sans détruire, aux secrets de ce qui nous est caché. Notre quête est purement scientifique mais le style de Rodolphe Bessey nous rapproche d’une autre vérité que nous donnent nos outils d’analyses mécanique, physique ou thermodynamique. Il apporte un seuil de spiritualité aux images, une référence à l’âme, quelque chose que l’on ne peut observer en laboratoire et qui transparaît à travers notre regard d’humain.

La science apporte sa vérité au monde précis des phénomènes reproductibles. L’art tel que Rodolphe Bessey nous le propose à travers ses photogrammes et ses hologrammes, décrit un univers de structures improbables de « possibles ». Malgré une imprécision anatomique et fonctionnelle de ses représentations tribales, il se dégage une matière vivante, fragile et métastable. Chacun y interprétera ou ressentira une expérience unique au contact de ses œuvres.

Pour allez plus loin, Rodolphe et Thomas sont venus dans notre laboratoire de l’Université Paris Descartes. Nous sommes basés à l’étage où l’on expérimente des gestes cliniques sur des cadavres pour plus tard sauver des vivants. Empreint de cette ambiance particulière, nous avons envisagé de créer nos premiers hologrammes ensemble. Nous avons une technologie 3D Relief disponible pour ce genre d’expérience. Au début, nous ne savions pas vraiment ce que nous obtiendrons comme résultat final. Nous nous sommes juste inspiré des travaux de Rodolphe et de l’univers médical qu’il connaissait déjà.

Le physalis est né. Il a un profil délicat, doux et fragile. Une face digne d’un objet de culte, sombre et puissante. La technologie s’efface devant l’émotion, cette œuvre reste dans la lignée des travaux de Rodolphe. Un nouvel outil, pour de nouvelles créations, une bien belle perspective pour la suite des travaux de cet artiste qui nous fait découvrir le corps dans une autre dimension... »

Et à Thomas :

Thomas Garrigues :

« C’est Rodolphe qui m’a présenté Sylvain, après avoir vu les hologrammes qu’il réalisait à l’Université de médecine des Saints-Pères.

Enthousiasmé par les images qu’il produisait, leur aspect magique, nouveau. Rodolphe m’a proposé de travailler avec lui sur des images en volume, et éventuellement de concevoir un hologramme.

Son travail sur les photogrammes est une recherche graphique sur les strates, les couches, la mémoire, les connexions et les symboles. Un mélange de techniques, de supports et d’interventions pour aboutir à une image en deux dimensions qui rassemble toutes les traces de sa création sur un support unique.

C’est aussi une recherche sur le questionnement, les évidences, les apparences.

L’idée d’explorer une dimension supplémentaire promettait de chercher de nouvelles pistes visuelles, provoquer des mélanges, et permettait l’utilisation d’un support nouveau, d’une technologie existante plutôt utilisée à des fins pédagogiques, pour mieux la détourner de son contexte, brouiller les pistes, proposer une réflexion nouvelle.

Après avoir vu les images réalisées par Sylvain, l’idée d’une collaboration est devenue palpable, pleine de possibilités, parmi lesquelles la représentation de la 3D sur un support physique.

Nous avons commencé à développer des visuels, à partir de matériaux particuliers; des scans 3D de corps humains, habillés de textures en deux dimensions.

Sur ce travail, mon rôle « d’interprète technique » des idées de Rodolphe a évolué en réflexion commune, en un résultat proche de nos sensibilités et de notre rapport à l’image.

Rodolphe, Sylvain et moi-même sommes intervenus chacun à notre tour, ensemble, en nous confrontant, en apportant tour à tour notre dimension au projet, notre couche.

Ces images hybrides, multimédia, peuvent être vues comme une interprétation assez juste de la réflexion de Rodolphe, telle que je la connais et que je la ressens, de son travail, de son envie de connecter les idées, les personnes, de repousser les limites et les conventions, de proposer de nouvelles expériences, artistiques et humaines. »


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A propos de cet article


Titre : RODOLPHE BESSEY (interview)
Auteur(s) :
Genre : Interview
Copyrights : Laurent Courau - La Spirale.org
Date de mise en ligne :

Présentation

Homme-orchestre des milieux artistiques et alternatifs lyonnais, Rodolphe Bessey oscille avec sensibilité entre ses différentes casquettes ; artiste-plasticien, activiste culturel, point nodal de multiples réseaux de l'underground et organisateur de soirées hors-normes où se côtoient les créatures les plus étranges de la capitale des Gaules.

Liens extérieurs

Fr.wikipedia.org/wiki/Rodolphe_Bessey
Myspace.com/rodolphebessey
Undatalethe.free.fr

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