NUMBER STATIONS « THE SOUND OF THE UNDERWORLD »


Enregistrement : 04/06/2014

Le spectre radiophonique est composé de plusieurs types de fréquences. Prenons par exemple les haute fréquences, appelées aussi les ondes courtes. Celles-ci ont la particularité de diffuser un signal sur une très longue distance, pouvant couvrir la quasi-totalité du globe lorsque la météo est favorable. La radiodiffusion par ondes courtes est l'apanage des stations étatiques telles, Radio France International ou la BBC. Des années 20 à la fin de la guerre froide, elles furent le moyen de transmission privilégié pour les communications militaires et la navigation maritime. La dernière décade du XXe siècle à définitivement rendu cette technologie obsolète, les communications satellitaires étant devenues la norme. Cependant, les antiques ondes courtes sont encore utilisées pour assurer le rayonnement culturel des États.

INTRODUCTION


Imaginons que vous ayez encore en votre possession un poste de radio acheté avant 1990. Imaginons qu'il soit allumé et réglé sur « ondes courtes ». La nuit est avancée. Vous passez de canal en canal, le casque sur les oreilles. Au milieu du crépitement des ondes vous parviennent les stations et les voix du monde entier : la Voix de l'Amérique, la Voix de la Russie, voire même Radio Palestine ou Radio North-Korea. Vous vous laissez emporter par la poésie d'un rapport de météo marine... Entre chaque station la bande magnétique semble vivante, comme hanté. Cela génère sans doute chez vous une sensation de mystère, un léger malaise.

Cette nuit-là, votre « train » radio électrique entre en collision avec une gare non répertoriée prenant la forme d’une émission inédite ; ce n'est pas une fréquence connue, ce segment de bande est généralement silencieux. Vous percevez d'abord une série de bips métronomiquement cadencés. Suit alors la mesure d'une berceuse joué sur une boite à musique ; cela semble être une introduction. Cet étrange signal sert de prélude à la voix synthétique et désincarnée d'une enfant qui commence à égrainer une série de chiffre par groupe de cinq, en allemand, 1 6 5 9 2... cette scansion quasi-rituélique se répète plusieurs fois. Ces sons semblent venir de l'au-delà. Au-delà des montagnes et des frontières, au-delà du désert, au-delà du monde... Puis, l'enfant hybride se tait et vous replongez dans le silence habité de la bande.

Ici à l'écoute : The Swedish Rhapsody

Vous ne le savez pas mais vous venez de capter en direct ce que les anglo-saxon appelle une « number station », une station de nombre.

Nuit après nuit, parcourant les ondes courtes, vous pourrez entendre ces suites de nombres en allemand, anglais, français, russe, voire en chinois... Toujours sur le même mode répétitif de série de chiffres . Toujours scandés par des voix synthétiques, plus ou moins lointaines, plus ou moins claires... Les ondes radio-électriques, invisibles mais qui pourtant saturent l'espace, porteront à votre écoute des émissions encore plus obscures utilisant le morse, le polytone, c'est à dire une série de notes aléatoires, ou de perturbations sonores qui forme le corps du message, car il s’agit bien d’un message.

Mais alors qui l'envoie ?
Et à qui est-il destiné ?
Et pourquoi ?

Les Number Stations sont un mystère qui dure depuis plus de cinquante ans.

Un dossier réalisé par Walter Kurtz



Source : Robot Monkeys.net

Part 01 : « LES PIONNIERS »

Il est difficile de déterminer précisément l’origine temporelle de ces stations radios.

En 1971, Simon Mason a 14 ans. Il reçoit comme cadeau de Noël un récepteur ondes courtes. Il captera sa première station de nombre peu de temps après. Quelques années plus tard, en 1978, c'est au tour de Chris Smolinski, un futur ingénieur informatique américain, d'en faire la découverte dans les mêmes conditions.

Ils ne le savent pas encore, mais une part importante de leur vie change dès l’instant de la découverte. Ils ne se connaissent pas. Ils ne savent pas au fil des années, qu’ils écoutent et retranscrivent leur captation nocturne chacun de leur côté.

Nous sommes en pleine guerre froide, les Number Stations se captent par centaines. Et pourtant, aucune documentation n’existe, aucun article n’a été publié. Naturellement, une communauté se forme et croît au travers des comptes rendus qui s'échangent par courrier. Des articles apparaissent dans les colonnes des magazines dédiés au radio-amateurisme. Un mystérieux pseudonyme fait d’ores et déjà référence dans ce cercle restreint, il s’agit d’Havana Moon, qui affirme avoir capté sa première station au milieu des années 60.

Part 02 : « SPÉCULATIONS »

Ces pionniers de l’écoute dédiée aux stations de nombres font état d’hypothèses, d’anecdotes et de rapports qui dans un premier temps assombrissent plus qu’elles n’éclairent.

Ces séries de nombres ne seraient que les résultats de loteries diverses ou des bulletins météos. Mais alors pourquoi ces émissions ne sont pas répertoriées par les instances de régulations légitimes ? Elles n’apparaissent nulle part, elles n’ont pas d’existence légales. De plus, s’il est aisé pour un profane de confondre une série de chiffre avec un bulletin météo ou des résultats hippique, cela semble être totalement disqualifiant pour des séries de lettres, des bruits, du morse. La rumeur attribue ces activités radiophoniques aux narco-trafiquants internationaux. Hypothèse qui ne peut tenir longtemps en raison de l’étrangeté et la régularité de ces transmissions.

Havana Moon relate dans son ouvrage Un, Dos, Cuatro que la Colonie Dignidad, secte néo-nazie fondée par le sinistre Paul Shaefer, réfugié au Chili pour échapper aux procès du III° Reich, émettra pendant plusieurs années des séries de chiffres en allemand. Provenant de deux sources différentes protégées par l’auteur, le lieu de réception de ces messages sera localisé à Sieburg en Allemagne.



Source : Stuck Between Stations.org

L’affaire de la Colonie Dignidad contribue à l’épaississement des ombres qui entourent le mystère des Number Stations.

D’autres types d’émissions sont utilisés uniquement pour la diffusion d’une lettre, la plupart du temps en morse, ainsi certaines radios captées dans le monde entier ont pour fonction la propagation de la lettre N, d’autres le W. Le K étant la lettre la plus courante.

Simon Mason fait état de faits extrêmement curieux liés à l’écoute des stations de nombres, telle cette émission en date du 3 septembre 1989 qui ne sera plus jamais entendue par la suite. Il en va de même pour la station de nombre baptisée « Jazz Player » introduite par un air de saxophone précédent une voie de femme égrenant les groupe de cinq chiffres et qui ne sera capté qu’une et une seule fois malgré des années d’écoutes dans le monde entier.

Le 20 septembre 1988, une voix synthétique féminine délivre son message chiffré. Pendant deux ans personne n’entendra plus l’introduction musicale composée de trois notes dont les tonalités montent. La radio « Three Note Oddity » a cessé d’émettre après la diffusion de ce seul et unique message en date du 20 Septembre 1988. Simon Mason reviendra régulièrement sur la fréquence qui délivra les groupes de cinq chiffres de la « Three Note Oddity ». Il est confronté au vide de la bande jusqu’au 30 septembre 1990 car, ce dimanche voit la résurgence des trois notes sur la bande des ondes courtes, suivies du message chiffré identique point par point à celui entendu deux ans plus tôt.

À cette suite d’énigmes, succèdent d’autres transmissions incompréhensibles, illogiques, incohérentes. Par exemple, les écouteurs nord-américains captent en 1990 une station de nombre affublée par cette même communauté du doux nom de « Bulgarian Betty ». Les séries de chiffres sont entendues sur 4030 & 4882.5 khz en russe, polonais, bulgare, Serbo-Croate et même en macédonien !

Les fréquences de la BBC sur les ondes courtes furent également « polluées » pendant la première guerre du Golfe. Une auditrice andoranne de la radio d’état britannique se plaignit de l’interférence causée par une voix de femme égrenant des séries de chiffre en lieu et place du bulletin d’information journalier. Cette dame demanda à la BBC s’il pouvait s’agir d’espionnage ? La réponse donna une tout autre explication : « Cher Madame, il s’agit de bulletin d’enneigement destinés à la maintenance des remontées mécaniques ».

Le coup d’état avorté dans l’Union Soviétique d’août 1991 donna lieu à d’étranges diffusion d’une station de nombre qui diffusa le même message pendant 24 heures.

Les exemples foisonnent et mettent en relief la difficulté pour les simples citoyens d’obtenir des informations émanant de leurs propres administrations.



Source : Brothers by Choice.net

Part 03 : « NUMBER STATIONS = SPY STATIONS ? »

C’est précisément au plus fort de la guerre froide, dans les années 80, qu’émerge l’hypothèse suivante : ces émissions seraient un moyen de communication entre services de renseignements et agents clandestins opérant en territoire étranger.

L’histoire de la radio diffusion éclaire cette hypothèse car, avant d’être le premier média de masse, les transmissions radiophoniques s’échangeaient entre A et B et nécessitaient une technicité pour qui voulait dire et pour qui voulait entendre. Une fois le message émis, il fallait capter avec tous les aléas que cela supposait. Ce mode de communication devint immédiatement l’apanage des armées et des services de renseignements naissants. La cryptologie fut dès le premier conflit mondial une préoccupation majeure et ne cessa de s’accroitre jusqu’à devenir un élément clé de la victoire des alliés pendant la guerre de 1939-1945. Pour illustrer ce focus des services étatiques sur les transmissions codés en ondes courtes, il est aisé de se souvenir du décryptage d’Enigma par les espions anglais. Dès 1947, la guerre terminée, la paix éclate en Europe. L’antagonisme bipolaire de la guerre froide sera l’âge d’or de l'espionnage dont les Number Stations seraient les voix.

Quand le mur de Berlin tombe, le bloc soviétique s'écroule signant l’arrêt de la guerre froide. Mais les Number Stations continuent à émettre.

Du plus profond de l’antagonisme Est-Ouest, jusqu’au nouvel ordre mondial post 11 septembre, un corpus informel se constitue. Les premiers écrits officiels sont publiés par des éditeurs spécialisés. Un, Dos, Cuatro écrit par Havana Moon en 1987 constitue le premier guide dans le dédale du recensement des Number Stations. L’année 1991 accompagne la publication de l’ouvrage de Simon Mason, Secret Signals relatant l’ensemble de ses recherches sur le phénomène des NS.

En 1993, Chris Midgley et Mike Gaufman, radio-amateurs confirmés, créent The European Numbers Information & Monitoring Association (E.N.I.G.M.A.). Bientôt rejoint par des membres anonymes issus de la société civile, des ex-officiers d'écoute militaire, voire des ex-officiers du renseignement. Ils créent la Control List qui établit une classification de toute les NS existantes avec leur format et leur langue.

Cette classification fait toujours référence à l’heure où nous écrivons.

En France, Alain Charret, opérateur radio aujourd’hui retraité de l’armée de terre française, corrobore cette hypothèse dans son ouvrage Ecoutes Radio Electrique et Renseignements.

Durant la même période, Akin Fernandez, citoyen anglais, radio amateur et éditeur phonographique, devient littéralement obsédé par ce mystère. Il prend peu à peu connaissance des travaux précédemment cités et intègre le groupe restreint des numbers listeners. A la fin des années 90, sa contribution au corpus global prendra la forme de l'édition d'une anthologie d'enregistrements regroupant plus de 180 échantillons sonores des Number Stations réunis dans The Conet Project, un coffret de quatre compact discs qui deviendra avec le temps un objet de culte. Le but avoué de Fernandez est de rendre publique l'existence des Number Stations.

La possibilité de décryptage des messages reste par contre impossible car basée sur le principe du « masque jetable » ou « clé à usage unique », One Time Pad en anglais (OTP).

Le cryptage par OTP est substitutif : à chaque chiffre utilisé dans un corps de message correspond un chiffre du OTP en possession de l’agent qui indique la valeur de retranchement nécessaire pour pouvoir le substituer par la bonne lettre de l’alphabet.

L’inviolabilité de ce système est assurée par le principe de non répétition de chaque OTP. Un message = un et un seul OTP. Ceux qui ne possèdent pas la clé jetable ne peuvent pas décoder le message. Ce mode de cryptage est important. Il rapproche l’écouteur en quête de vérité, car, dans certains procès pour espionnage sur le sol américain, les OTP furent utilisés comme preuve à charge. Le dernier s’est tenu dans l’état de New-York en 2010.



Source : Number Station.co.uk

Part 04 : « I SPY ! »

Andy Tower, porte-parole de la Chambre de Commerce et d'Industrie, qui régule les télécommunications en Angleterre déclare en 1998 au Daily Telegraph : « Ces stations de nombres sont ce que vous supposez qu'elles sont. Les auditeurs ne devraient pas avoir de fantasmes sur elles. Elles ne sont faites pas pour une écoute publique. »

En 2000, John Winston, assistant chef de la Commission Fédérale des Communications aux États-Unis résume en ces termes sa position au sujet des NS dans l'émission radio All thing Considered : « Nous n'avons pas l'intention de discuter de ces stations, si seulement elles existent... Cela ne veut pas dire que j'admets le fait que des stations de nombres émettent depuis ce pays, même si vous affirmez le contraire. Nous en connaissons un grand nombre, mais à l'extérieur du pays. »

Langue de bois typiquement administrative, car, si l’existence des stations de nombres n’est point niée, elle n’est pas confirmée pour autant.

Commence alors un jeu du chat et de la souris entre ceux qui veulent connaitre et ceux qui veulent occulter. Pourtant, plusieurs procès pour espionnage dans lesquels les One Time Pad seront utilisés comme preuve à charge, tendent à confirmer l’hypothèse de l’utilisation des Number Stations par les services de renseignements. Le dernier cas recensé date de 2010.

1957 - Rudolf Abel aka William Fischer

L’histoire de William Fisher est un roman. Agent du KGB, il opéra sur le sol des USA de 1948 jusqu’à son arrestation en 1957 sous l’identité usurpée à un autre agent du KGB décédé: Rudolf Abel. Une pièce de monnaie creusée fut à l’origine de la chute de ce chef de réseau. A l’intérieur de celle-ci, furent introduit des One Time Pad microfilmés qui permirent au FBI de remonter jusqu’à William Fisher. Grâce à cette découverte, le contre-espionnage US put repérer et écouter les Number Stations destinées au réseau dont le Colonel Rudolf Abel / William Fischer avait la charge. Ces pièces à conviction contribuèrent à sa peine de trente ans de prison.

1997 - The Cuban 5

Ces cinq agents cubains, intégrés au vaste réseau d’espionnage « WASP », ont été jugés et condamnés en 1997. Le procès des « Cuban 5 » est à ce jour le plus emblématique de l’utilisation des stations de nombres comme média de transmission entre une base et ses agents en cover-opération. Le FBI traquaient depuis longtemps les « Spanish Ladies », ces NS émettant en langue espagnole que l’on entendait depuis plusieurs années sur la côte est des USA et surtout en Floride. Vraisemblablement peu convaincus par l’utilité de leurs fonctions les cinq agents cubains commirent même l’erreur d’utiliser un même OTP pour plusieurs messages. Lors de leur arrestation un poste ondes courtes et des carnets OTP sont trouvés dans leur habitation. Ces éléments ainsi que la surveillance constante du FBI conduisirent à l’arrestation et la condamnation des « Cuban 5 ».



Source : Guerillero News

2010 - The Russian 10

Ce réseau russe baptisé « Illegals » arrêté en 2010 comporte une dizaine d’agents reconnus coupables d’espionnage pour le compte du service de renseignement extérieur russe (FSB). L’acte d’accusation fait état de l’entrainement et la formation des agents à la cryptographie sur base des OTP et l’utilisation des radios ondes courtes. Plusieurs carnets de masques jetables ont été retrouvés dans les effets personnels de « Cynthia, élégante trentenaire avec un léger accent scandinave qui travaillait pour une banque à New York City ». Un parfum de guerre froide plane sur cette affaire, elle est pourtant révélatrice de l’utilisation actuelle des spy-radios.

Cette sélection de procès constituent des faits rationnels sur lesquels nous nous appuyons pour étayer notre démonstration. Ce raisonnement serait cependant incomplet sans revenir sur les déclarations de John Winston : « Nous n'avons pas l'intention de discuter de ces stations, si seulement elles existent... Cela ne veut pas dire que j'admets le fait que des stations de nombre émettent depuis ce pays, même si vous affirmez le contraire. Nous en connaissons un grand nombre, mais à l'extérieur du pays. » Les états admettent en substance que les NS existent, mais aucun d’entre eux ne reconnait leur utilisation.

Il existe une personne qui avant tout le monde n’a jamais cru à cette version. Il n’aura de cesse de vérifier par lui-même l’existence d’émissions de NS sur son sol natal aux USA. Il s’agit d’Havana Moon.

Part 05 : « HAVANA MOON - THE MAN WITH THE PLAN »

« Havana Moon » est le pseudonyme choisi par William Thomas Godbey. Décédé en 1996, il fut le premier à populariser la question des Number Stations. Passionné de rock’n roll (Havana Moon est le titre d’une chanson composée par Chuck Berry) et spécialiste des communication cryptés, il a collaboré au cours des années 60 avec la National Security Agency (NSA). Radio amateur chevronné, il capte les premières Number Stations sur le sol des USA en 1976. Personnalité hors norme, il deviendra rapidement la référence absolue dans le domaine qui nous intéresse, car au-delà de la fascination qu’exerce sur lui ces mystérieuses diffusions, Havana Moon pose une question centrale : la liberté d’information du citoyen face à l’état.

Il existe aux USA le Freedom Of Information Act (FOIA) qui pose le droit pour n’importe quel sujet nord-américain à l’information sur les agissements de l’état dont il fait partie. Havana Moon interrogera la NSA, les instances de régulations des télécommunications, en posant une question simple : « J’ai capté avec ma radio ondes courtes une transmission en espagnol : 52145 63526 89526 …. Pouvez-vous me dire de quoi il s’agit, car cette radio n’est pas répertoriée aux USA ? ». Les réponses, lorsqu’elles existent, furent plus fantaisistes les unes que les autres. Pourtant, Havana Moon, continuera encore et toujours d’aiguillonner le pouvoir en usant à loisir les FOIA.



Il consignera le résultat de ses recherches dans un ouvrage édité de façon confidentielle en 1987, Los Numeros. Rigoureux et décidé, il fait pourtant preuve d’une ironie mordante, ses écrits sont constellés de « You’re kidding me, guyz ! » ou « Are u insane ? » à l’attention des organes de pouvoir les plus puissants existants sur le sol des USA. Désireux de prouver que bon nombres des Spanish Ladies, nom donné aux Numbers Stations de langue espagnole captées aux USA, ne proviennent pas toutes de Cuba, mais trouvent également leurs origines sur le territoire national (cela est important car d’espionnée, les USA deviennent espions), il décide de parcourir Route 1 avec sa Chevrolet en suivant un signal radio qui le conduira à l’Air Force Station de Tequesta en Floride. Il est devenu une légende dans le monde restreint des Numbers Listeners.

Épilogue : « THE BUZZER... (mais qui nourrit le chien ?) »

Le mystère qui entoure encore le phénomène des spy-radios est incarné par la station UVB-76 alias « The Buzzer ». Localisée au nord-ouest de Moscou, dans une zone militaire classifiée pendant la guerre froide, cette station émet un bourdonnement similaire à une sirène ou une corne de brume, 24h/24, 25 fois par minute sur 4625 MHZ depuis 1982. Malgré les demandes répétées d’informations, personne ne sait à ce jour à quelle fonction est destinée le « Buzzer ». Bien qu’il ne s’agisse pas d’une station de nombre classique, mais plutôt d’une « Noise Station », l’UVB-76 excite la curiosité de la communauté depuis plus de trente ans. Certains artistes incluent des enregistrements du « Buzzer » dans leurs créations.



UVB-76 alias « The Buzzer » - Source : Number Station.co.uk

En trente ans d’existence, l’émission continue du bourdonnement, fut interrompue trois fois. Au cours de ces interruptions, dont la dernière date de juin 2010 , des voix russes et des séries de chiffres furent entendues. En 2011, une équipe de reporters russes, s’introduisit dans le bâtiment qui héberge l'émetteur du « Buzzer », constatant que celui-ci était désaffecté depuis deux ans, ils se posèrent les questions suivantes… Pourquoi entend-on encore le « Buzzer » ? Quelle est sa localisation actuelle ?

L’interrogation à la fois pragmatique et énigmatique qui saisira l’un d’eux à la fin de ce reportage sera : « Mais qui nourrit encore le chien resté sur site ? »

Walter Kurtz



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A propos de cet article


Titre : NUMBER STATIONS « THE SOUND OF THE UNDERWORLD »
Auteur(s) :
Genre : Article
Copyrights : William Kurtz
Date de mise en ligne :

Présentation

Un dossier de Walter Kurtz sur les Number Stations, stations radio ondes courtes d'origine incertaine, qui émettent généralement des suites de nombres ou de lettres souvent groupés par cinq, codés en Morse ou en alphabet radio. Lors des émissions phoniques, ces séquences sont énoncées par des voix artificielles. Il existe des stations de nombres dans de nombreuses langues. Ces émissions seraient destinées à des activités d'espionnage, mais cet usage n'a jamais été confirmé publiquement par un gouvernement susceptible de faire fonctionner une telle station.

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