NICOLAS NOVA « FUTURS ? LA PANNE DES IMAGINAIRES TECHNOLOGIQUES »


Enregistrement : 16/10/2014

Rarement un ouvrage ne m’aura paru en aussi parfaite adéquation avec les questionnements de La Spirale. En 150 pages, Nicolas Nova dresse une cartographie surprenante de notre XXIe siècle en devenir, avec un leitmotiv : celui de déporter son regard vers des pratiques et des initiatives méconnues du public. Et d’explorer le champs des futurs possibles au travers de créations d’architectes, de designers, d’artistes et de programmeurs.

Bardé d'adresses électroniques et de références, ponctué d’entretiens avec Warren Ellis (romancier et scénariste de comic books), Bruce Sterling (romancier et parrain de la littérature cyberpunk), James Bridle (artiste et auteur du blog The New Aesthetic), Marc Attalah (directeur de La Maison d’Ailleurs à Yverdon-Les-Bains), parmi bien d’autres, Futurs ? La panne des imaginaires technologiques rompt avec les canons parfois rigides de la prospective et la morosité ambiante, pour nous entraîner vers les faubourgs riants, imaginatifs et laborieux de notre futur commun.


Propos recueillis par Laurent Courau.



Démarrons donc par le titre de ton livre : Futurs ? La panne des imaginaires technologiques, dont j’écrivais récemment que tu devrais le re-baptiser Futurs ? L’explosion des imaginaires technologiques, tant ça fuse dans tous les sens et à chaque page. Peux-tu revenir sur cette panne, qui me semble surtout te servir de prétexte pour démontrer la créativité de notre époque sur des terrains moins attendus ?

Tu as tout compris. En effet, je prends comme point de départ les jérémiades d’une frange du public de la science-fiction qui se plaint de l’absence de voitures volantes, de jetpacks, de stations orbitales, de robots humanoïdes… bref de tout ce bestiaire qui nous aurait été promis, mais qui est sans cesse repoussé. Il y a toute une littérature sur ce sujet, par exemple Where's My Jetpack?: A Guide to the Amazing Science Fiction Future de Daniel H. Wilson et Richard Horne. Et de la même manière, il y a eu plusieurs expos sur le sujet, sans parler de toutes les publications sur le rétrofuturisme. On retrouve aussi ce discours – cette déception – chez les entrepreneurs übermensch de la Silicon Valley, avec des gens comme Peter Thiel – le co-fondateur de PayPal qui sortent des choses du genre "We wanted flying cars, instead we got 140 characters”.

Ce qui me choque là-dedans, c’est cette impression que rien autour de nous n’est intéressant (sans parler de la posture naïve d’attendre des gros jouets technologiques). On aurait juste eu des réseaux sociaux pour échanger des messages de 140 signes… qu’on n’invente plus rien, qu’il y aurait une panne des imaginaires ou que l’on serait resté bloqué dans la SF du milieu du 20ème siècle. Or, si je prends ma veille quotidienne, mes rencontres, mes voyages c’est bien l’inverse dont il s’agit. Je constate plutôt une frénésie dans plein de domaines : l’art, l’architecture, le design… ou même dans la manière dont ethnographes ou musicologues détectent des pratiques curieuses et fascinantes qui me semble témoigner d’un futur en gestation. Le livre aborde ces phénomènes, pour dépasser cette lamentation un peu puérile que je décris au début.

Dans ton avant-propos, tu écris que « l’imaginaire de l’avenir qui nous est vendu en tant qu’adulte aujourd’hui est le même que celui proposé aux enfants de l’après-guerre ». De quand dates-tu cette panne des supports traditionnels de la science-fiction, réellement des années 50 ?

Sans être caricatural, disons qu’un pan entier de la science-fiction est une émanation de la pensée moderne et positiviste qui croit dans le progrès. Or cette pensée est progressivement en crise au cours du 20ème siècle… avec la Première Guerre mondiale, la crise qui suit, la seconde avec la Shoah et la bombe atomique, ça fait pas mal de choses qui ont fait relativiser le progrès et la confiance dans l'humanité. Les trente glorieuses ont montré une reprise dans cette idéologie progressiste, mais le ver était dans le fruit… on a alors vu apparaitre tout un tas de choses dystopiques, ou post-apo… qui témoignent bien de cette crise de la vision du futur. Et après c’est encore pire, avec la prise de conscience des problèmes écologiques, les avertissements du Club de Rome, les chocs pétroliers, etc.

On voit aujourd’hui ressortir ce genre de distinction entre un versant positiviste et une approche plus critique avec le récent projet de Neal Steaphenson (http://hieroglyph.asu.edu/). Cet auteur américain, avec d’autres, souhaite redonner l’envie de réaliser des « grands » projets innovants par le biais de la science-fiction. Pour cela, il propose de soutenir des écrits qui dépassent justement la vision dystopique liée aux technologies pour donner envie d’un « meilleur futur ». Ce qui parait un peu naïf...

Ou pour poser la question autrement, à quels facteurs attribues-tu cette « panne » ? Lors de discussions avec des amis et collaborateurs, le distanciation de la fiction par le réel revient effectivement souvent, d’autant plus avec l’accélération exponentielle de la recherche scientifique et des moyens de communication…

En fait, je pense qu’il n’y a pas vraiment de panne. Le titre du livre est volontairement provocateur. On a plus une sorte de cristallisation historique autour de certains grands « thèmes » ou imaginaires techniques qui avec le temps deviennent dominants (les robots, les voitures volantes). Ils deviennent ainsi une sorte de passage obligé donnant l’impression que « c’est ça le futur ». Or, pour des raisons en partie techniques, en partie sociétale, leur diffusion dans notre monde quotidien n’advient pas… mais en même toutes sortes de choses intéressantes, curieuses (ou atroces) sont réalisées dans les laboratoires de R&D. Donc la panne correspond davantage à une cécité des observateurs et au fait qu’ils ne regardent pas au bon endroit… peut être ébloui par la croyance dans une Singularité qu’ils vénèrent ou dans des robots humanoïdes qui les ont un peu trop fait rêver dans leur enfance. On pourrait fait l’hypothèse d’un biais du passé qui force à croire qu’il n’y a pas d’alternatives envisageables. Comme si tous les robots devaient avoir une forme humanoïde. Cela dit, j’adore regarder les vidéos d’Asimo tomber dans les escaliers.

Quant à la distanciation de la fiction par le réel oui, mais je suis sûr que l’on devait avoir cela déjà il y a 100 ou 150 ans, c’est juste plus facile aujourd’hui d’avoir accès à de l’information sur des gens qui font des trucs curieux un peu partout.

Passé ce constat, l’hypothèse au coeur de ton ouvrage est d’affirmer que la création d’imaginaires du futur n’est plus le monopole de la science-fiction, mais dorénavant le terrain de jeu d’artistes, de designers et d’architectes. Comment expliquer cette transition, en citant peut-être au passage quelques initiatives parmi la masse foisonnante d’exemples présents dans ton livre ?

Disons d’abord que je m’intéresse en premier lieu aux imaginaires liés aux technologies (quelle que soit leur perspective éthique, positive ou négative). Et il me semblait intéressant de rappeler qu’historiquement, la SF n’a pas eu ce monopole, qu’il y a eu d’autres profils de gens qui se sont penchés là-dessus, pour nous proposer des perspectives inédites, provocantes ou fascinantes. Je pense en particulier aux architectes italiens et anglais des années 1960 intéressés par cette critique de la société de consommation; et qui au lieu de construire des jolis pavillons, ont produit toute sorte d’objets curieux sur le futur de l’urbain avec les moyens du bord (collage, maquettes, etc.). On retrouve ensuite cette logique de manière croissante, et avec la démocratisation des outils de création, cela donne plein de choses intéressantes. Parmi les exemples qui m’intéressent le plus, on pourrait citer l’agence Superflux (http://superflux.in/) à Londres qui créé des objets fictionnels du genre faux test génétiques (http://superflux.in/work/dynamicgenetics), ou Auger-Loizeau qui nous propose des robots sous forme de mobilier se nourrissant de moustiques. La banlieue indienne futuriste à base de champignons d’un Tobias Revell (http://www.tobiasrevell.com/New-Mumbai) n’est pas mal non plus; et les pigeons reconfigurés pour produire des excréments en savon de Tuur van Balen (http://www.cohenvanbalen.com/work/pigeon-dor#) sont aussi saisissants.

Je vois cette transition comme un marqueur de l’époque; à chaque période ses moyens de création et de production. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de superposition ou de combinaisons. Car au fond ces designers utilisent le texte, la photographie ou le film, mais au lieu de créer un court-métrage de SF, ou bien de rédiger une histoire, ils documentent les objets qu’ils créent. D’autres font des jeux vidéo, et certains construisent des machins incroyables dans des hackerspaces ou avec des collectifs de bricoleurs aussi comme Survival Research Laboratories (http://www.srl.org/) ou La Paillasse (http://lapaillasse.org/).

Tu insistes sur les champs du design, de l’art et de l’architecture, comme nouveaux laboratoires du futur. Pourquoi ceux-ci, tout particulièrement, parmi les innombrables activités créatives pratiquées par nos congénères ?

Il est clair que j’ai choisi sur des champs proches de mes centres d’intérêt, et que j’ai laissé de côté d’autres que je connais moins. Je pense en particulier à la littérature expérimentale, les arts de la scène, certains sous-domaines de l’art contemporain, des courants musicaux ou des sous-cultures diverses. Je dois just avouer ma méconnaissance quasi totale de ces univers, mais j’ai bien conscience qu’ils existent. Cela dit, il n’y a qu’a jeter un oeil à La Spirale pour s’en rendre compte et avoir un point de départ.

J’ai du coup pris des exemples dans ces trois domaines, ils sont clairement orientés et peut-être pas représentatifs de la totalité de ces champs… mais c’est justement pour cela qu’ils sont intéressants. Leur point commun est en général de passer par une représentation matérielle. Leur caractère tangible – une maquette de ville étrange, une lampe-robot, une combinaison fonctionnant à base d’algue – permet de concrétiser des voies d’avenir possibles. Par ailleurs, ils sont aussi intéressants – et je parle ici plus de design et d’architecture spéculative qui n’ont pas nécessairement de but commercial – car ils opèrent dans un espace de contrainte très différent des oeuvres de science-fiction d’une part, et de la soupe que nous vendent les sociétés technologiques. Si l’on prend un thème comme la réalité augmentée ou les wearables, les propositions de ce trio de créateurs sont globalement plus curieuses que les prototypes provenant des centres de R&D de la Silicon Valley, de la Route 128 ou d’ailleurs.

Bruce Sterling revient à plusieurs reprises dans tes pages et j’ai noté avec attention le passage où tu t’attardes sur son concept de Favela Chic, lequel rejoint tout particulièrement certaines marottes de La Spirale. Peux-tu revenir pour nos lecteurs sur ce terme ?

Sterling a un don pour détecte et nommer des phénomènes curieux. Il utilise ce terme pour faire référence à l’assemblage entre le high-tech et l’environnement informel et bordélique que les Occidentaux pensent souvent être arriéré. Il prend l’exemple des favelas et de la quantité de technologies que l’on y trouve. Il oppose cela au Gothic High-Tech – autre néologisme savoureux – qui désigne lui l’articulation entre l’Ancien Monde et les mêmes technologies, le château moyenâgeux écossais ou on télécharge des épisodes de Game of Throne en streaming sur son portable. Ces deux termes montrent la complexité actuelle et le fait qu’il y a des recombinaisons technologiques, spatiales ou sociales curieuses… Pour moi, je vois aussi les conséquences de ce constat: il n’y a pas un futur uniforme en devenir, mais des mutations étranges, des assemblages fascinants qui ont lieu de manière distincte dans les différents endroits du monde. Et malheureusement, comme le souligne Sterling, l’Occidental moyen n’entend guère parler de cela; et du coup – c’est moi qui le rajoute – se lamente de ne pas avoir sa voiture volante. Alors qu’on peut voir des robots faisant la signalisation à Kinshasa...

Outre les exemples déjà évoqués plus haut, la New Aesthetic de James Bridle m’est apparue salutaire dans ses propositions, mais aussi par son refus de la domination culturelle du rétro et du vintage. Comment expliques-tu l’attrait de nos contemporains pour les esthétiques passées ?

C’est exactement l’intérêt des explorations de Bridle… de faire ressortir un esprit du temps qui dépasse le re-mâchage du passé. Mais cet attrait dont tu parles peut être questionné: est-ce vraiment qu’il y a un plaisir du rétro chez les gens ? Ou est-ce que c’est juste ce que les radios commerciales, les médias, les organisateurs d’évènements servent comme soupe parce qu’ils ne veulent pas prendre de risque, ou juste qu’ils ne savent pas repérer les choses curieuses. Parce qu’il y en a des esthétiques nouvelles. Est-ce que l’argument qui consiste à dire « on est rassuré par le passé (surtout en temps de crise) » fonctionne pour expliquer cet attrait rétro ? Éventuellement, mais cette raison ne me satisfait pas. Car de qui parle-t-on ? Il n’y a pas un humain standard, peut-être que j’aime bien la musique rétro cajun d’un côté mais que je me passionne pour des avants-gardes dans le champ du new media art ou de l’écriture algorithmique… Donc c’est dur de faire une critique très tranchée envers nos contemporains à ce sujet.

Tu enseignes l’ethnographie et le design d’interactions à HEAD, la Haute École d’Art et de Design de Genève ; un poste d’observation particulièrement intéressant. Quel rapport entretiennent tes étudiants avec ces questionnements esthétiques et sociétaux ?

Du fait de la position curieuse de Genève, c’est effectivement le cas. Tu as là une ville de taille réduite au milieu de l’Europe qui est un carrefour cosmopolite du fait des organisations internationales, de la finance, des multinationales qui ont leur siège  ici, des centres de recherche (CERN) ou de formation; le tout sur un arrière-plan historique protestant donc libéral. Au fond c’est un OVNI dans la typologie des villes mondiales, avec un gros pourcentage d’étrangers ou de binationaux. Tout cela se ressent au niveau des profils d’étudiants, qui ont du coup des intérêts et parcours de vie les amenant à considérer ces questions sous un angle bien différent. La panne des imaginaires c’est globalement pas leur sentiment puisqu’ils sont justement les acteurs de ce renouvellement esthétique et sociétale. Certains placent ces questions au coeur de leur travail, d’autres non comme le montre les vidéos de leurs projets (http://vimeo.com/headmediadesign/videos/).

En ce moment, il y a un fort intérêt sur les cultures algorithmiques, mon nouveau thème d’investigation. Un de nos anciens étudiants, Matthieu Cherubini travaille par exemple sur la question des algorithmes éthique dans les véhicules autonomes (http://mchrbn.net/ethical-autonomous-vehicles/), un autre, Benjamin Gattet sur la création d’un first person shooter dans lequel le parcours généré algorithmiquement est toujours différent (http://ragekit.github.io/within/) … et d’autres sont dans des interrogations aussi fascinantes que la création musicale basée sur des cristaux de Quartz (http://www.villanoailles-hyeres.com/design-parade-9/en/designers/laura-couto-rosado) ou des interfaces vocales biologiques (http://vimeo.com/69616069).

Futurs ? La panne des imaginaires technologiques constitue l’avant-garde d’une série d’ouvrages à paraître dans les prochaines semaines et les prochains mois, dont un catalogue d’objets fictifs et un livre sur le reggae 8 bits. Peux-tu nous donner un avant-goût de ces ouvrages à venir ?

On pourrait voir Futurs ? comme une introduction en français pour les projets qui nous intéresse au Near Future Laboratory (http://nearfuturelaboratory.com/).

En parallèle de Futurs ? nous sortons en effet TBD - The Catalog of the Near Future’s Normal Ordinary Everyday (http://shop.nearfuturelaboratory.com/collections/frontpage/products/tbd-catalog) qui est un catalogue d’objets fictionnels. L’idée était de trouver un format singulier de prospective orientée vers le futur proche. Au lieu de rédiger un scénario sur les futurs possibles ou de faire un film, on a choisi l’idée d’un catalogue… qui permet de mettre en scène des objets, des produits et des publicités. Nous voyons ce type de « design fiction » comme une manière de rendre tangible des futurs en cours de développement. Tous ne sont pas forcément attrayants ou souhaitables, c’est plein de drones qui servent à surveiller ou suivre ton gamin à l’école, de services de nettoyage du cloud et de pipes électroniques… Mais c’est globalement cohérent avec les projets actuels que l’on pousse juste un degré plus loin pour montrer leur absurdité. J’avais produit un court-métrage (http://vimeo.com/48204264) de ce genre il y a quelques années avec les étudiants de l’école de design de Pasadena. On s’intéressait aux gestes que nous ferions à l’avenir avec les appareils numériques et au fait que l’on continuerait à s’énerver contre les interfaces vocales, à frapper nos lunettes de réalité augmentée, et globalement à gesticuler pour subir les frictions technologiques du monde actuel ou à venir. Cela fait partie de notre démarche qui consiste à investiguer le « normal everyday ordinary », le quotidien sale et bordélique qui fait la réalité des technologies et de leurs usages. Le genre de chose que tu ne vois jamais dans les belles vidéos léchées des grands groupes high-tech qui ne te montrent jamais de panne, de vieux Nokia (alors que dans dix ans tu auras encore des vieux Nokia par-ci par-là), ou de gens qui s’énervent sur un clavier.

Le livre sur le reggae 8-bit, en cours de finalisation chez Volumique (http://volumique.com/v2/) fait partie d’un autre pan de nos activités au Near Future Laboratory. Il consiste à explorer des niches curieuses des cultures numériques; en l’occurrence cette micro-scène chiptune de reggae et dub. Cela faisait longtemps que je voulais écrire quelque chose sur le reggae et le dub et j’attendais l’occasion. Celle-ci s’est présentée après avoir découvert cette microscène, de voir des Suédois à Marseille, des Français à Glasgow, des gars de Leipzig et des Japonais produirent cette collision entre la Jah music et l’univers des jeux vidéo. Sans rentrer dans le détail, je me suis dit que c’était un sujet curieux pour aborder la thématique des hybridations culturelles qui a lieu de façon croissante, et sans lesquelles les technologies jouent un rôle intéressant. Je n’en dis pas plus, cela va aussi sortir durant l’automne.

Avant de conclure, j’aimerais justement que tu nous présentes les activités du Near Future Laboratory, une structure que vous pilotez entre la Suisse, le sud de l’Europe et la côte ouest… D’autant que ces projets d’ouvrages et vos activités de conseils sont liés.

Le Near Future Laboratory est une petite agence de recherche. On fonctionne comme une petite entité mais souple entre Barcelone, Genève et la Californie avec à la fois des projets pour des clients et notre propre réalisations auto-produites. Notre objet est d’explorer les futurs possibles, de mettre à jour ces choses étranges qui nous frappent au quotidien et de les transformer en « objets » singuliers (le catalogue dont j’ai parlé plus haut, des courts-métrages, des applications, etc.). En cela, on suit la citation de William Gibson qui dit « the future is already here it’s just not evenly distributed » : on se penche – comme La Spirale – sur des angles morts et on tire des choses plus moins étranges. Évidemment quand on travaille pour des clients, c’est plus cadré. Mais on essaye d’injecter ce regard dans les missions de conseils. Cela se traduit par exemple par la rédaction de coupures de presse fictionnelles, l’organisation d’évènements ou des études sur des sujets ciblés.

Concluons par la question traditionnelle de La Spirale. Comment envisages-tu le futur, à la fois à un niveau personnel et de manière plus globale ?

Du point de vue personnel, nous allons continuer à explorer des sujets curieux, les prochains thèmes étant les cultures algorithmiques (notamment les bots qui rédigent des textes) et les fêtes foraines. De façon plus global, j’avoue être pessimiste à court-terme et optimiste à long-terme!


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Titre : NICOLAS NOVA « FUTURS ? LA PANNE DES IMAGINAIRES TECHNOLOGIQUES »
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Genre : Interview
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