JAKÈ « SUPER GROOVY PSYCHEDELIC STREET PAINTING »


Enregistrement : 28/09/2015

Chantre d'une joyeuse accumulation et de la lumière contre l'obscurité, Jakè défie les démons de notre temps de la pointe de son Posca.

Un grand vortex pop et amphétaminé, au coeur duquel les icônes télévisuelles valsent dans les têtes de gondoles de la surconsommation ; comme la révolte d'un art bienveillant, pictural et urbain contre les rayonnages de l'industrie culturelle.

De Lyon à Meknès, en passant par Paris, Lille, Ouagadougou ou Rangoun, un itinéraire original et coloré qui se défie des poncifs.


Propos recueillis par Laurent Courau.
Crédits photo : Sabine Serrad, Antoine Beysens et Thierry Colombot.



Qu'est-ce qui t'a amené vers le principe d'accumulation, qui est une des marques de fabrique de ta peinture ? Est-ce que l'on doit y voir, par exemple, un parallèle avec l'époque, sa surproduction et sa surconsommation ?

Ce principe d’accumulation est apparu très vite dans mon travail. À bien y réfléchir, les raisons sont multiples et l’époque que nous traversons, comme les travers qui en résultent, y trouvent une place prépondérante.

Je peins pour donner… de l’affection, du bonheur, de la réflexion, des pistes ou des coups. J’ai aussi peur de manquer et d’un point de vue plutôt primaire, j’ai l’impression que si je ne pousse pas sur la quantité en terme de résultat, je ne fais pas le job.

M’exprimer d’un seul geste, d’un seul trait, à la manière d’un samouraï ou d’un maître de calligraphie me fait rêver. Mais j’en suis loin et plus je travaille dans ce sens, plus je m’en éloigne.



Qu'est-ce qui t'a amené vers la figuration libre et le street-art, deux courants artistiques que tu revendiques aisément ?

Le marché, le public, les étiquettes, m’ont amené petit à petit à poser des mots sur ce qui n’était pour moi qu’un exutoire, une thérapie, un bonheur permanent. Et quand ma culture a bien voulu reconnaître qu’en la matière la catégorie comprenait quelques pointures, auxquelles on me demandait de souffrir la comparaison, j’ai commencé à rougir.

Pour ceux qui te connaissent, qui savent lire entre les lignes et les traits de Posca, tes tableaux dissimulent parfois une dimension sacrée. Pourrais-tu nous dire quelques mots de cet aspect de ton travail, pas toujours évident au premier abord ?

Mes tableaux dissimulent des symboles dans tous les sens et ce depuis l’âge où je ne savais même pas ce qu’était le sacré, en dehors des sévères relations que j’avais avec les adultes. Quand j’ai compris que c’était loin d’être des dieux et que je pouvais à chaque instant tracer le tableau de mon destin à coup de crayons (au sens propre comme au figuré), mon existence a pris une toute autre tournure.



À quelques rares exceptions près, tes peintures se distinguent par leurs couleurs, leur dynamique et leur énergie. Alors que de très nombreux artistes actuels préfèrent dépeindre les tourments d'une époque, la notre, qui n'en manque pas. Comment expliques-tu ta particularité ? Doit-on y chercher une manière de résister à la morosité et à la dépression ambiantes ?

Oui, c’est une manière de résister à ça. J’ai pas aimé vivre tout ce que j’ai vécu et je ne veux pas m’en plaindre. Il m’a fallu beaucoup d’années de jachère graphique et inconsciente pour comprendre que, malgré mes tourments, je tenais sous mes doigts un bout de réponse à mes questions.

Quand je me suis mis à peindre et à travailler le sujet, je voulais que ce soit positif, indolore, facile, gai, vivant, figuratif, moderne, contemporain, bienveillant, généreux, ouvert, vrai, sans-limite, intransigeant, racé, stylé, percutant et ad unguem... Heu, pour le moment, j’en suis à positif.



Question désormais traditionnelle sur LaSpirale.org, comment vois-tu l'avenir ? À la fois d'un point de vue personnel et/ou familial ? Et d'un point de vue plus général, à l'échelle de notre planète et des civilisations qu'elle accueille ?

Jusqu’ici, je me suis débattu avec le passé et forcé à vivre le mythique instant présent au maximum. J’arrive à peine à me projeter dans l’avenir sur un mois et demi, maximum. Vacciné à toutes sortes de surendettements dévastateurs, je ne dois plus rien à personne, si ce n’est aux amours de ma vie que sont ma femme et mes enfants.

Je n’ai pas peur de l’avenir et pour répondre à ta question, sous tous rapports, ça va être en particulier, comme en général… laborieux.



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Titre : JAKÈ « SUPER GROOVY PSYCHEDELIC STREET PAINTING »
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Genre : Interview
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Chantre d'une joyeuse accumulation et de la lumière contre l'obscurité, Jakè défie les démons de notre temps de la pointe de son Posca. Un grand vortex pop et amphétaminé, au coeur duquel les icônes télévisuelles valsent dans les têtes de gondoles de la surconsommation.

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