SERVOVALVE


Enregistrement : Archives de La Spirale (1996-2008)

Abstraction sonore, expérimentations infographiques, recherches aléatoires… Nous vous proposons une plage de répit au contact du minimalisme électronique de Servovalve, un artiste multimédia que les amateurs de création mutante auront déjà repéré aux côtés de Von Magnet ou des LTNO. Ngone, son premier album venant de paraître chez UWe, le label de Laurent Hô, l'eZine des Mutants Digitaux a tenu à établir le contact.

Propos recueillis par Laurent Courau.



Création numérique, art multimédia ou électronique. Comment définis-tu ta propre pratique ?

Plus en terme d'exploration numérique / infographique / sonique / aléatoire / chaotique. Exploration plutôt que création, car l'ordre d'avancement est lié à ma découverte / compréhension progressive de la chose. Numérique car c'est quand même cette matière que je travaille : des valeurs numériques évolutives... Le tout est "enveloppé" d'une fine pellicule graphique, pour voir au travers.

Peux-tu nous parler de tes premiers contacts avec l'informatique et de ce qui t'a finalement amené à utiliser aussi largement les ordinateurs dans ton travail ?

Parallèlement à mes études de graphisme, les techniques pao se développaient... Ce fut le début du plongeon : utilisation abusive XPress/Illustrator/Photoshop. Toujours en parallèle, bassiste dans un groupe puis construction audioelectronique solo > servovalve. Des envies de graphisme sonore ... > pochette de disque, flyers... Puis progressivement arrivée des technologies multimédia... se présentant comme le support / gestionnaire idéal de tout cela...

William Gibson a dit dans les années 80 que « la rue trouve son propre usage pour les choses ». As-tu le sentiment de détourner les outils de production informatiques dans ton travail ?

Oui et non... La plupart des logiciels sont concus dans un but utilitaires / créatifs... et donc ouverts. Les différents plugins pour navigateur sont là pour proposer un contenu audiovisuel interactif. Je les utilise dans ce sens... Après j'ai la liberté d'en faire ce que je veux.

On a du mal à rapprocher tes créations de quoi que ce soit de connu, à l'exception peut-être du travail de John Maeda. As-tu le sentiment de faire partie d'une nouvelle vague d'artistes numériques ? Et d'où provient ton inspiration ?

L'inspiration est guidée par l'énergie du moment... Comme une pulsion, comme avec un instrument de musique. Une envie dont la retranscription est directe et ambiante... visuel et / ou sonore. Mes préoccupations sont d’avantage atmosphériques que techniques mais la technique est inévitable et devient parfois passionnante voir inspirante.

De par le formatage visuel terminal écran, et l'utilisation d'outil commun... Toutes les recherches visuelles ou sonores que l'on retrouve sur le web (Flash / Shockwave / Java) s'inscrivent dans une même vague... Après, si en se penche plus près, on peux distinguer plusieurs catégories... Maeda propose un nouvel académisme infographique passionnant... Des règles à suivre...?

L'aléatoire tient une place très importante dans tes oeuvres. Tu dis « être motivé par les rencontres et une certaine forme de hasard »... Peux-tu nous en dire un peu plus et nous expliquer ce jeu avec le hasard ?

C'est le coutelas de Rahan.

Art contemporain ou sous-culture électronique. D'un côté les milieux institutionnels ou marchands de l'art avec un grand « A » et de l'autre la culture Techno avec ses multiples ramifications. Où et comment te situes-tu dans ce clivage ?

Assez loin des deux mais plus proche de la culture techno. Plus spécifiquement la culture électronique / urbaine / tertiaire/

Une des tartes à la crème des milieux artistiques consiste à dire que les artistes sont des chroniqueurs de leur temps qui ont pris un peu d'avance. Te sens-tu dans ce rôle de chroniqueur prémonitoire et quelle est ta vision du rôle de l'artiste dans la société actuelle ?

L'artiste est libre des contraintes inutiles.. freinantes, il peut tout essayer et même se planter. Je ne me sens pas dans un rôle de chroniqueur, je sais juste que c'est passionnant et que c'est en ce moment même.

Orlan déclarait récemment dans une interview donnée au journal Le Monde que l'avant-garde ne se trouve plus aujourd'hui dans l'art mais dans la génétique ou la biologie. Déclaration logique de la part d'une artiste dite conceptuelle dont la production réelle est inexistante. Quel est ton point de vue, celui d'un artiste qui crée en s'appuyant sur les derniers moyens technologiques, sur la question ?

Je ne pense pas que la production d'Orlan soit inexistante... Elle est extrêmement concrète... L'utilisation des moyens technologique offre la possibilité de visualiser, via écran, tout un tas de phénomènes numériques, organiques... La représentation de l'évolution de ces valeurs numérique nous évoque parfois des organismes... Une sorte d'imagerie médicale abstraite...

Tu t'es récemment produit sur scène. Comment transposes-tu des oeuvres initialement conçues pour le cadre intimiste de l'écran d'ordinateur sur une scène de spectacle ?

Les cheminements empruntés par la machine tout au long du spectacle sont semi - contrôlés... Parfois, il m'échappent, les environnements visuels et sonore suivent, se croisent.
La transposition changement d'échelle pour l'écran est naturelle.... l'intimité peut parfois devenir énorme, pesante, envoûtante... la masse sonore également.

« Le multimédia n'en est qu'à la préhistoire. » Je cite ton dossier de presse. Quelles sont les évolutions majeures auxquelles nous pouvons nous attendre en matière de multimédia et qu'attends-tu comme prochaine grande révolution ou évolution ?

Je n'attend pas grand chose... sauf que peut-être... que les regards / oreilles évoluent : vers l'écran actif... J'ai juste l'impression qu'il y a trop de choses à faire.


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Titre : SERVOVALVE
Auteur(s) :
Genre : Interview
Copyrights : La Spirale.org - 1996-2008
Date de mise en ligne :

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Servovalve - Une interview tirée des archives de La Spirale.

A propos de La Spirale : Née au début des années 90 de la découverte de la vague techno-industrielle et du mouvement cyberpunk, une mouvance qui associait déjà les technologies de pointe aux contre-cultures les plus déjantées, cette lettre d'information tirée à 3000 exemplaires, était distribuée gratuitement à travers un réseau de lieux alternatifs francophones. Sa transposition sur le Web s'est faite en 1995 et le site n'a depuis lors cessé de se développer pour réunir plusieurs centaines de pages d'articles, d'interviews et d'expositions consacrées à tout ce qui sévit du côté obscur de la culture populaire contemporaine: guérilla médiatique, art numérique, piratage informatique, cinéma indépendant, littérature fantastique et de science-fiction, photographie fétichiste, musiques électroniques, modifications corporelles et autres conspirations extra-terrestres.

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