MUCKRACKERS « HYMNES INDUSTRIELS POUR PISTES DE DANSE BOMBARDÉES »


Enregistrement : Archives de La Spirale (1996-2008)

Beats industriels, guitares saccadées, free-parties dans les ruines abandonnées de la ligne Maginot, licenciements de masse et paysages radioactifs…

Bienvenue dans le monde post-industriel de Muckrackers, un duo techno-core dont les hymnes martiaux soufflent un vent d'insurrection sur l’est de l’hexagone. Une interview où il est question d’engagement politique, du baron Ernest-Antoine Seillières et de mannequins haute-couture défilant en treillis camouflage.


Propos recueillis par Laurent Courau.



« Hymnes industriels pour pistes de danse bombardées »… « Revendiquer le droit d’être triste ou en colère sur une piste de danse »… On est loin dans ces citations de votre biographie, de l’hédonisme de façade pratiqué par la majorité des acteurs de la scène électronique et cette remise en question d’une culture club qui s’enlise trop souvent dans sa vulgarité fait plaisir à entendre. A ce propos, quels sont vos rapports avec les acteurs de la scène free ? On vous imagine facilement jouer à côté de sound-systems hardcore ou breakbeats…

Rien ne nous ferait plus plaisir… Ajouter aux décibels des fêtes sauvages notre mur du son ! Pour l‘heure, Muckrackers n’a encore jamais eu la chance de jouer dans une free-party, car les réticences sont encore assez nombreuses, l’esprit de clan, voire de caste domine encore assez largement la scène que l’on connaît dans notre coin. Mais on entretient sur scène le même esprit, avec un décor fait de bidons métalliques et de filets de camouflages, des jeux de lumières (stroboscopes, auto-scan, laser…), des fumigènes, et un DJ elektro pour finir la nuit !

« A la mémoire de nos pères, mineurs, ouvriers et sidérurgistes lorrains. Qu'ils reposent en paix »... Cette dédicace me rappelle l’engagement de Test Department, un des groupes séminaux de la scène industrielle anglaise, aux côtés des mineurs du nord de l’Angleterre dans le conflit qui les opposa à Margaret Thatcher dans les années 80. Pensez-vous qu’il existe un lien entre votre activisme sonique et vos origines ouvrières ?

Pendant très longtemps, on a cherché à fuir cette filiation, cet héritage… pas parce qu’on en avait honte, mais on n’avait pas envie de se voir coller dans le dos l’étiquette de "groupe alternatif engagé". Et plus on tentait de s’en éloigner, plus elle nous collait à la peau comme un tatouage. Alors, on a décidé d’arrêter de nier les évidences et d’assumer nos origines, on ne peut pas lutter contre notre histoire, contre les hauts-fourneaux qui composent notre paysage, contre les licenciements massifs, contre l’incorporation forcée de tous les jeunes Lorrains dans la Wehrmacht par l’occupant nazi en 1943, contre les déportations de population, les ruines industrielles et les ruines qui continue à gagner du terrain.

Jusqu’à présent, nous n’avons pas eus à nous mêler aux luttes de nos pères, mineurs, ouvriers et sidérurgistes, mais lorsque nous aurons à le faire, ce n’est pas avec un concert de soutien que nous répondrons présents, mais à leurs côtés, dans les rues, les bureaux saccagés du patronat, devant les préfectures et les conseils généraux en flammes.

Si vous deviez écrire une chanson engagée tout de suite, à l’instant même, quel serait le premier sujet de révolte qui vous viendrait à l’esprit ? Qu’est-ce qui vous énerve le plus aujourd’hui ?

Ce que nous supportons de moins en moins actuellement, c’est le terme "musiques actuelles" et tout ce qui l’accompagne en terme de "reconnaissance par les pouvoirs publics des phénomènes culturels de la jeunesse" à coups de pognon tous azimuts.

Pour sortir de la variété française, les autorités de ce pays tentent de comprendre ce que produisent des dizaines de milliers de groupes tous les jours dans leurs caves. L’initiative est louable, mais les remèdes sont aussi désastreux que le mal qu’ils sont censés combattre. Au nom de la prise en compte d’une certaine rébellion de la jeunesse face aux valeurs musicales de leurs aînés, les organismes publics (DRAC, Conseils généraux et régionaux, Ministère de la Culture) bombardent de pognon et d’actions des initiatives qui ne servent à rien, sinon à entretenir la démagogie.

A Metz comme à Nancy, les collectivités locales mettent en place des "centres régionaux pour les musiques actuelles", coût 5 millions d’euros pièce pour une salle de concert, des locaux de répétitions… à priori le bonheur, sauf qu’on nous explique qu’il faudra rentabiliser les lieux avec des programmations "grands publics" ! Dans ces villes moyennes, où il ne reste plus une seule salle de concert indépendante digne de ce nom, et où le public n’a le choix qu’entre les bars qui ne craignent pas les amendes pour le bruit, et les méga-complexes genre Zénith, autant dire que l’esprit de curiosité et de découverte a disparu…

Chaque fois que tu essayes d’organiser un concert d’un groupe "différent" (c’est à dire qui ne soit pas encore signé chez Universal), tu te casses les dents à trouver du public parce qu’il devient frileux, et l’Etat nous dit : on va vous faire des salles, mais vous n’y mettrez pas les pieds, parce qu’il faut rentabiliser. Dans le même temps, le seul café concert labellisé (et financé !) par le ministère de la Culture, le Gueulard à Nilvange, ferme ses portes de manière définitive, en raison du non respect de la loi sur le bruit (et ne rouvrira jamais, parce qu’il n’a pas les sous pour les travaux).

L’Etat a laissé fermer 80 cafés concerts en France depuis deux ans, mais sinon, c’est sûr, il prend en compte les "musiques actuelles".

« Répondre au totalitarisme culturel imposé par le règne de l’économie avec des murs de guitares saccadées, des beats teknoïdes et des hurlements radioactifs »… Je me fais plus critique que je ne le suis en réalité mais vous ne trouvez pas que, contrairement aux précédentes citations, ce genre de discours a un petit côté naïf, voire même consensuel ? On a déjà vu ce que ça peut donner autour des Béruriers Noirs à l’époque de la vague alternative.

Tu as raison. Rien n’est plus consensuel aujourd’hui que la rébellion. On se sent un peu dans le même état d’esprit que les groupes tchèques ou est-allemands qui se demandaient, à la chute du rideau de fer à la fin des années 80, ce qu’il allaient pouvoir dénoncer, étant donné que leur principal ennemi et source d’inspiration à la fois, l’Etat Totalitaire, venait de disparaître.

A l’heure où tout le monde est un rebelle et que même les mannequins de haute-couture défilent en treillis camouflage, que nous reste-t-il comme moyen d’être et d’agir de manière critique ? Nous n’entendons pas répondre de manière démagogique ni répondre à un système de pensée unique par une autre pensée unique, même si cette dernière se pare des atouts de la sincérité. Alors nous mettons notre colère dans des actes, plutôt que les mots, nous combattons le monde marchand avec des disques qui sont le moins chers possible, idem pour les concerts, de manière à partager nos points de vues. C’est le plus important pour nous, on s’en fout de vendre des disques et d’être rentable, on veut échanger des avis, recueillir de ceux qui nous écoutent des questions sur notre musique et nos textes. La musique n’est même qu’un prétexte à l’échange et au débat.

Je connais assez mal, pour ne pas dire pas du tout, la Lorraine si ce n’est à travers l’image d’une région dévastée qu’en véhiculent généralement les médias… Considérant que vous n’avez pas encore déménagé, il ne s’agit probablement pas de l’enfer post-industriel qu’on veut nous faire croire. Pourriez-vous nous en dresser le portrait ?

On va essayer de ne pas t’en faire un roman à la Zola ! Mais plutôt une nouvelle à la Orwell… Un fait significatif : la Lorraine est l’une des seules régions en France (avec le Nord) qui continue à perdre des habitants tous les ans. La raison en est simple : les usines ferment et les licenciements continuent presque tous les jours. Daewoo (téléviseur et tubes cathodiques à Villers la Montagne, non loin de la frontière luxembourgeoise) vient d’annoncer qu’il allait licencier 200 de ses 400 salariés, Flextronic (composants électroniques) "recentre ses activités" et annonce 300 suppressions d’emplois, Asat (puces pour téléphones) raccroche les gants et laisse 105 personnes sur le carreau…

Le meilleur : Bata, leader mondial de la chaussure bon marché abandonne son usine de Moussey au fin fond de la Moselle et 500 salariés ont reçus une belle lettre de licenciement à la veille de Noël. Cette usine était tellement importante dans les années 50 et 60, elle fabriquait alors des chaussures pour toute l’Europe, que la direction a fait construire… une ville pour y loger ses ouvriers ! Bataville a vécu jusqu’à la fin de l’année dernière, avec son stade de foot, ses commerces, son école primaire et son collège, sans oublier son Eglise. Les salariés habitaient sur place dans des petits pavillons ouvriers, la plupart des employés vivaient en autarcie complète et n’avaient même pas le permis de conduire ! Aujourd’hui, c’est un kolkhoze déserté au milieu de nulle part, avec des lacs et des forêts, et des locaux à l’abandon. Une ville morte, que je verrais bien investie par une horde de teknomen armés de platines et de murs d’enceintes. Ce n’est pas l’enfer post-industriel, mais ça y ressemble !

Hormis les grandes zones de concentration urbaine, les villes et ses inévitables banlieues, la Lorraine, c’est un désert vert, des campagnes à perte de vue, de la pluie, et l’envie de s’enfuir sans cesse. Ce qui nous fait tenir, c’est une vie culturelle et musicale intense, et même acharnée, qui vise à faire trois fois plus que les autres avec trois fois rien. Partout des groupes naissent avec la rage aux ventre, les free-parties investissent les forts abandonnés de la ligne Maginot et les ruines industrielles, et nous on se régale de foutre le feu partout où on passe.

Tant que nous y sommes, pouvez-vous nous éclairer sur le baron Ernest-Antoine Seillières, président du Mouvement des Entreprises de France, le MEDEF, qui a succédé au Conseil National du Patronat Français ? Les quelques lignes que vous lui aviez consacré dans le fanzine l’Ame Interdite étaient particulièrement intéressantes…

Au début de la sidérurgie en Lorraine, c’est à dire dans les années 1880-1890, les maîtres de forges étaient tous issus de la même famille, les De Wendel, et du même endroit, la vallée de la Fensch en Moselle. Ils ont au fil des ans construit un empire industriel qui regroupait la plupart des usines métallurgiques et sidérurgiques de la région, en employant jusqu’à plusieurs dizaines de milliers de personnes, souvent des paysans locaux reconvertis à l’industrie et une main d’œuvre immigrée venue de Pologne, d’Italie, du Portugal puis du Maghreb, des populations très pauvres et donc dociles.

Pour maintenir son emprise sur cette main d’œuvre bon marché, la famille Wendel, dont est issu le baron Seillières, a mis en place un système paternaliste qui régissait la vie entière de tous ces gens : elle possédait les moyens de production, mais aussi les cantines, les épiceries, les coopératives, les logements, les écoles ménagères pour les jeunes filles, les équipements de sports (terrains de foot, piscine) et de loisirs (cinéma, cafés…) ! Tout le monde vivait en autarcie, dans un espèce de kolkhoze qui ne portait pas son nom. Aucune contestation n’était possible, sinon, on perdait à la fois son travail, son logement, la place d’apprenti de ses enfants… le bonheur sous le joug de la dictature du patronat !

La mondialisation à l’échelle d’une région a pris fin dans les années 60, car les Wendel se foutaient éperdument, tu t’en doutes, de la qualité de vie de leurs ouvriers comme de leur avenir. Pendant près d’un siècle, ils ont engrangé les bénéfices, la Lorraine faisait alors partie des régions qui dominaient la production mondiale d’acier, et ils les ont réinvestis ailleurs ! Dans l’aéronautique (Marine Wendel rachète Swiss Air et Air Liberté, avec le succès qu’on lui connaît…), les services, les transports… partout, sauf dans les outils de production. Résultat, lorsque dans les années 60-70, le marché de l’acier a commencé à souffrir face aux marchés émergents (Corée, Chine…), les usines lorraines n’étaient plus en mesure de suivre les cadences et les prix, car tous les haut-fourneaux et les machines dataient d’un siècle. Conséquence : plans de licenciements massifs, de 50 000 sidérurgistes, on tombe à 10 000, des villes entières se dépeuplent (Longwy perd 20 000 habitants… sur 40 000 !) et les friches industrielles poussent comme des champignons.

Le Baron Ernest-Antoine Seillières est le descendant direct de la famille De Wendel qui a ruiné la Lorraine. Inutile de te dire ce qu’en pensent les ouvriers du coin… ni qu’il n’est pas le bienvenu sur nos terres. D’ailleurs, il n’y vient jamais !

Sans aller jusqu’à dire que les Espagnols sont faits pour le ska-punk festif et les nordiques pour le death metal, pensez-vous que votre environnement influe sur votre musique?

Ça fait du bien de parler de musique, tes lecteurs allient finir par croire qu’on était des syndicalistes déguisés en musiciens… ! L’environnement joue énormément, même si chez nous, la contestation prend plusieurs formes artistiques et musicales.

Muckrackers fait partie d’un collectif de 15 groupes, tous issus de la vallée de la Fensch dont nous parlions tout à l’heure, et dans cette asso, toutes les formations cultivent une identité ouvrière chevillée au corps, mais les registres musicaux varient énormément, All it feels 101 pratique un jazz hardcore débridé haut en émotions, tandis que Beeswax, un duo basse en distorsion - batterie hypnotique distille des hymnes noise à la Melvins ou Unsane et parait venir tout droit des chantiers aéronautiques de Seattle, Dead for a minute propose un rock hardcore schizophrène et torturé… je crois que notre environnement nous force à l’humilité et au travail, des qualités dictés par le fait que nos parents, (quelques uns ont échappé aux vagues successives de licenciement !) bossent toujours en 3/8 dans l’acier et la fonte.

Outre la musique et des groupes comme KMFDM, Ministry ou les Young Gods que vous citez souvent, où trouvez-vous l’inspiration ? J’ai tendance à penser d’après les thèmes de certains de vos morceaux, une plongée introspective dans les pensées de Milosevic ou la remise en question du fanatisme des kamikazes japonais, que le cinéma ou la littérature doivent également jouer un rôle important dans votre travail.

Effectivement, l’histoire contemporaine nous passionne. Nous avons été personnellement touchés par les récents conflits européens, l’ex-Yougoslavie notamment qui a cristallisé toutes les haines et les crispations idéologiques de l’Europe qui tarde à se trouver… j’ai dévoré Vie de mort de la Yougoslavie comme un roman que tu achèves les larmes aux yeux, en refusant de quitter les personnages avec lequel tu viens de passer une partie de ta vie. Les images de ces conflits qui nous sont imposées comme des perfusions d’horreur par la télévision ont marqué nos nerfs à vif.

Mais le fait divers le plus banal nous inspire également tellement de dégoût qu’on peut lui consacrer un brûlot : Human Pig, le quatrième titre de notre nouveau MCD "#1", s’inspire largement d’un fait sordide qui s’est passé il y a un an dans un train régional du nord de la France, une jeune femme de 20 ans s’est fait violer par une bande de jeunes devant des passagers nombreux, sans qu’aucun d’eux ne lève le petit doigt. La plupart des gens ont détourné le regard pour ne pas voir l’horreur… qui mérite le plus d’être traité de criminel dans un cas comme celui-là, le violeur sans doutes, mais ne doit pas mettre les bras en croix à ceux qui n’ont rien fait ?

Pour en revenir au soi-disant fanatisme des kamikazes qui nous a dicté Bomben im Bauch (des bombes dans le ventre), c’est encore une fois des lectures qui nous ont mis sur la voie, des récits de pilotes japonais rescapés qui nous ont bouleversés. Ils y expliquent qu’ils n’avaient rien de fanatiques, mais que la pression mise sur leurs familles étaient telle que la plupart des pilotes n’avaient pas le choix : on promettait le déshonneur à la famille et la mort par pendaison à ceux qui refusaient. Les autres étaient drogués à l’opium et saoulés au saké… rien à voir avec la belle légende officielle.

Comment voyez-vous la scène indépendante française actuelle? Quels sont les groupes et les structures dont vous vous sentez proches ainsi que ceux avec lesquels vous avez eu l’occasion de jouer ou de collaborer ?

En ce qui concerne les musiques impopulaires (noise, goth, indus, cold…), la scène française se bonifie au fil des années. on sort peu à peu des schémas directement influencés par la scène américaine ou allemande pour arriver à un paysage radioactif éclectique. Il n’existe pas dans l’hexagone de genre qui fasse école, il n’y a pas d’uniformité et ça, c’est plutôt agréable ; on se sent proche de pas mal de monde, on est des gens tout à fait fréquentables une fois qu’on est descendu de scène… on aime bien LITH, Jailbird, Dee n’Dee, Sub-Division, ESR, Omnicore, Sidilarsen, les Punish … en espérant croiser leur route bientôt !

Vous soulignez dans votre biographie que Muckrackers n'a rien à voir avec aucun mouvement fasciste, raciste ou xénophobe. Est-ce que ça veut dire que la scène électro-indus souffre encore de la réputation d’être un repaire de l’extrême droite comme à l’époque où Front 242 et de Laibach suscitaient de nombreuses interrogations et polémiques ?

En France, ça va. Le genre est peu développé et pas contaminé par la vermine. Outre-Rhin ou en Belgique, la précision est utile : les skins prennent toujours un malin plaisir à investir les concerts electro et à bomber le torse, voire à tendre le bras, comme ce fut le cas lors de l’Euro-rock festival pour le concert d’un groupe allemand d’electro-body-music pourtant pas facho pour deux sous, mais qui utilisait des samples en allemand dans ses morceaux.

Ca ne nous est pas arrivé en concert, mais je t’avoue que je le crains à chaque fois qu’on joue là-bas, et je me demande bien ce que je ferai dans ce cas-là. Je n’arrive pas à comprendre les raisons de ces interrogations concernant Front 242 : il n’y a rien leurs textes ni dans leur attitude qui puisse faire l’amalgame avec un mouvement d’extrême-droite… Je n’en dirai pas autant de Laïbach qui multipliait les provocations (reprise de One Nation de Queen en allemand pour en faire l’hymne du renouveau et de l’indépendance slovène… hum hum !) et les maladresses au début de la guerre des Balkans. Donc, pour nous qui utilisons les mêmes ingrédients que ces groupes (guitares + machines et attitudes colériques, voire martiales), la précision est nécessaire, au moins à l’étranger…

Que comptez-vous faire avec Negative Records, votre label ? Vous ne pensez pas qu’il manque en France un label fédérateur qui réunirait des groupes comme le vôtre et Punish Yourself, en élargissant éventuellement le débat à tous les styles de musiques électroniques froides ou sombres ? Quelque chose me laisse penser qu’il manque encore une structure de ce type pour servir de moteur avant que la scène electro-indus décolle vraiment dans l’hexagone.

Le manque de structures est cruel ! Pour l‘heure, Negative Records sert à distribuer nos disques et les productions des autres groupes qui gravitent autour de nous, comme les splits que l’on prépare avec Lith, un combo de Metz ultra-noise dans la lignée Converter, Hypnoskull… ou Ear Blast Unit, un side-project tekno-trash.

Les labels français qui osent investir de l’argent dans ces musiques compliquées et impopulaires naissent tout doucement, mais avec des ambitions réelles. Nous pensons bien sûr à Divine Comedy, le label noise-ambiant-indus qui produit HIV + et Lith notamment, et sort prochainement une compilation sur laquelle nous avons un remix 100% électronique de "Gotov Je", notre hymne à l’insurrection et à la résistance face au dictateur…

La Citadelle de Toulouse propose également des productions dignes des meilleures réalisations US ou allemandes, avec Omnicore ou Sub-Division, deux très bons groupes français. On se sent proche de ces deux labels là, même si je doute qu’on y ait notre place. En fait, on ne cherche pas vraiment de label, même si on rêve de Black Rain, le label des Allemands de Feindflug ou encore d’Earache, bien que ce dernier soit en perte de vitesse. On laisse le hasard travailler pour nous, en attendant la communion mentale avec une structure qui veuille bien de nos hymnes martiaux. Nous sommes comme le métal en fusion, bouillonnant de vie : nos décibels comme l’acier se recycleront encore et toujours.


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