VALENTINA VIOLETTE « THE VELVET HAMMER »


Enregistrement : Archives de La Spirale (1996-2008)

Au début des années 2000 et bien avant que le burlesque ne déferle sur la France, Agnès Giard avait pris soin d'effeuiller Valentina Violette, la fondatrice du fameux Velvet Hammer. Leçon d'histoire pas si ancienne sur La Spirale :

Michelle Juliette Carr, alias Valentina Violette possède à 34 ans la plus belle paire de seins de Los Angeles, douze tatouages, un revolver et une classe de grande dame. Créatrice et productrice du Velvet Hammer, la troupe de burlesque la plus allumée des Etats-Unis, elle rassemble sous sa coupe les meilleures artistes du genre. Elle fait elle-même des strips à couper le souffle, ondulant de son affolante silhouette au gabarit d'impératrice. On s'empêche de respirer en présence de Valentina ! Deux anges ornent sa poitrine de reine. « J'ai été élevée dans la religion catholique, dit-elle. Vous savez, les catholiques c'est le diable aux Etats-Unis. Leur religion est ici considérée comme la plus sensuelle, la plus passionnée des religions à rituels ».


Propos recueillis par Agnès Giard.



C'est grâce à vous la mode du Burlesque ?

C'est moi qui ai relancé le mouvement en 1995. Je suis à l'origine de sa renaissance. Tout le monde avait oublié les stars des années 50 et moi je les ai ressuscitées !

Par quel tour de poignet ?

J'ai créé ma compagnie Le Velvet Hammer sur la base des shows qui se donnaient entre 1930 et 1960 : on y trouvait des strippeuses mais aussi des chanteurs, des actrices, des acrobates? C'était le spectacle total ! Parfois j'invite des personnalités à participer : une fois, on a invité Anton LaVey, le créateur de l'Eglise de Satan ! Il a joué de l'harmonium. Les danseuses étaient en squelette ou en cadavre. Je m'intéresse à toutes les sexualités, vous savez : pour moi, ce sont autant de spectacles différents. C'est lié.

Qu'est-ce qui vous a "donné envie" ?

Je collectionne les objets rares, archaïques et en fouillant chez les antiquaires j'ai découvert des piles de magazines consacrés aux artistes burlesque. Je suis tombée amoureuse de ces beautés fières et naturelles. Alors j'ai voulu redonner vie à leur art perdu en devenant moi-même une strip-teaseuse Burlesque.

Vous aimez vous déshabiller en public ?

J'aime surtout arborer en public tous ces caractères sexuels secondaires que sont les chaussures à talon trop étroites qui donnent aux femmes la démarche hésitante de jeunes filles en détresse et surtout quantité d'ampoules et de blessures ! Je suis heureuse quand j'enlève ces chaussures (en backstage) parce que ça soulage d'être enfin autorisée à redevenir soi-même. Je suis obsédée par l'histoire de Marie-Madeleine qui a lavé les pieds du Christ avec ses larmes et qui les a essuyés avec ses cheveux. J'adore les femmes aux cheveux très longs et les pieds bandés des Chinoises.

J'adore aussi les corsets, les culottes à lacets qui sentent bon, les cols en fourrure et les hommes qui s'humilient pour obtenir de moi une faveur. Je suis une grande pratiquante de l'asphyxie érotique et j'aime terriblement me faire trousser. Dernière chose : je suis une hypnotiseuse alors j'en profite pour faire peur et frissonner les gens avec mes regards !

Vous possédez beaucoup de vêtements ?

Je ne compte plus, j'ai arrêté ! Tout ce que je peux dire, c'est que je possède une très grande collection de chaussures des années 50 (des centaines de paire) et que j'emploie un styliste qui me fait des corsets sur mesure.

Combien d'artistes travaillent pour vous ?

Environ quarante. Je leur ai fait passer un casting, je les ai embauché, j'ai produit leurs spectacles et je suis leur leader intellectuel. Beaucoup comme Bob, les Soeurs Pontani ou Dirty Martini mènent une carrière parallèle, mais tous appartiennent à ma troupe.

A quoi ressemble la vie d'une meneuse d'hommes ?

C'est une vie plaisante : je fais exactement ce que je veux ! Je n'ai pas beaucoup d'argent, et je ressemble à une bohémienne, mais c'est le prix à payer de la liberté. Mon idéal : les beatniks des années 40-50, pauvres mais créatifs. Je suis anti-conventionnelle, dans tous les sens du terme !

Vos spectacles se donnent où ?

Une fois par an, à Los Angeles, dans une salle mythique nommée The Mayan Theater qui est le foyer historique du Burlesque. Toutes les stars du Burlesque s'y sont déshabillées, y compris Marilyn Monroe, avant de devenir connue !

Vous aimeriez devenir aussi connue que Marilyn Monroe ?

Je ne suis pas une icône sexuelle. J'ai douze tatouages. Le premier, sur l'avant-bras, je me le suis fait faire à vingt ans et j'ai décidé, ce jour-là que je ne pourrai plus jamais trouver un travail normal, ni m'intégrer à la société ! C'est pourquoi, j'ai fait faire des tatouages très gros et très voyants.

Quelles femmes trouvez-vous belles, celles qui vous ressemblent ?

Je suis une individualiste. Je ne veux pas qu'on me ressemble. Mais à part ça, j'aime particulièrement chez une fille sa personnalité, son intégrité, son intelligence, sa créativité, son maintien et surtout son humour. C'est ça qui m'attire. Faites-moi pisser de rire et de joie ! J'aime les filles qui me rendent si folles que j'en deviens incontinente !

Quels hommes vous attirent ?

La même chose, je ne fais pas la différence des sexes.

Quels sont vos projets ?

M'adonner à mon nouveau passe-temps : séduire des jeunes éphèbes de vingt ans.


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A propos de cet article


Titre : VALENTINA VIOLETTE « THE VELVET HAMMER »
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Genre : Interview
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Présentation

Valentina Violette, The Velvet Hammer - Une interview tirée des archives de La Spirale.

A propos de La Spirale : Née au début des années 90 de la découverte de la vague techno-industrielle et du mouvement cyberpunk, une mouvance qui associait déjà les technologies de pointe aux contre-cultures les plus déjantées, cette lettre d'information tirée à 3000 exemplaires, était distribuée gratuitement à travers un réseau de lieux alternatifs francophones. Sa transposition sur le Web s'est faite en 1995 et le site n'a depuis lors cessé de se développer pour réunir plusieurs centaines de pages d'articles, d'interviews et d'expositions consacrées à tout ce qui sévit du côté obscur de la culture populaire contemporaine: guérilla médiatique, art numérique, piratage informatique, cinéma indépendant, littérature fantastique et de science-fiction, photographie fétichiste, musiques électroniques, modifications corporelles et autres conspirations extra-terrestres.

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