PIERRE VINOUR


Enregistrement : Archives de La Spirale (1996-2008)

Juin 2001. Tandis que les pleureuses se lamentaient sur le déclin des conditions de production du cinéma français, le réalisateur Pierre Vinour réunissait sur le bucolique plateau de Millevaches (dans le Limousin) une équipe de comédiens et de techniciens volontaires pour tourner Supernova (Expérience #1). Ovni cinématographique énigmatique et fascinant, Supernova est un projet nourri au fuel de l'enthousiasme, un film utopiste, une oeuvre inclassable, une machine narrative métaphysique invitant le spectateur à donner sens à un patchwork de scènes navigant entre réalité, culpabilité chimérique et introspection comateuse. Unique, tant dans son mode de production que dans sa forme et son propos, Pierre Vinour nous invite à une expérience cognitive célébrant les pouvoirs de notre imagination, invitant le spectateur, non plus à consommer le film, mais à se consumer avec lui. Vous avez dit EXPÉRIENCE ?

Propos recueillis par Fabien Thévenot.


Après le court métrage Millevaches (Expérience) ton premier long se nomme Supernova (Expérience #1). Dans son titre comme dans son contenu, on retrouve toujours chez toi la volonté de ne pas considérer le film comme un édifice achevé, mais comme une oeuvre en perpétuel mouvement, une expérience organique et onirique à revivre indéfiniment. Etait-ce ton intention de départ ?

Rien n'est jamais gagné... Il faut toujours se remettre en question et construire, reconstruire inlassablement. Cela demande une grande disponibilité, un engagement de tous les instants (ou presque). Le cinéma est un moyen d'expression puisqu'il est art. Autrefois, lorsqu'il n'était pas encore complètement bouffé par des problématiques de marché, on le disait le septième. Ça me plaît de croire encore à ça. L'expérience n'est pas que scientifique. Et puis, Les Enragés, ça n'est pas le CNRS, on n'attend pas les subventions pour chercher et peut-être trouver. Le cinéma c'est de l'imaginaire qui attend qu'on le cultive, qu'on le développe. Comme l'intelligence ou la mémoire.

Supernova a été fait dans cet état d'esprit mais chaque film derrière sera différent. C'est ce qui fait avancer celui qui croit que l'homme se contente souvent de trop peu. Exp.#1 parce que c'est le premier long-métrage pour moi en tant que réalisateur et aussi en tant que producteur avec Les Enragés. Exp.#1 parce c'est une nouveauté technologique qui depuis semble en séduire d'autres. Exp.#1 parce que c'est notre première grosse rencontre avec un public plus vaste que pour les courts, et peut-être aussi, une sacrée expérience pour le spectateur à qui on tente d'envoyer de nouvelles sensations.

Supernova, dans son aspect "magma visuel et sonore" directement branché sur l'affect du spectateur, donne vraiment l'impression que tu modèles une matière filmique. Cette démarche me rappelle beaucoup les films de Philippe Grandrieux (Sombre, La Vie Nouvelle) qui lui, évolue dans un registre plus viscéral. Connais-tu ses films? Est-ce que tu te sens proche de ce réalisateur ?

Lorsque je fais un film, je m'importe assez peu de ce que font les autres. J'ai même ressenti la nécessité de me couper du monde du cinéma en n'allant plus voir de film durant trois ans et même, de ne pas lire les revues professionnelles comme Le Film Français pour ne pas savoir ce que préparent les autres, avec peut-être plus de facilités que moi. Comme ça j'ai évité une certaine politique du découragement qui nous guette et agit souvent. En France les rapports entre réalisateurs sont plus de l'ordre du sportif que de l'artistique. C'est à celui qui sera "Champion du Monde". Moi, je m'en fous. Je reste à me consacrer à la matière cinématographique. Je ne connais donc pas Grandrieux (mais j'ai vu sur le tard ses deux films), tout en ayant beaucoup de respect pour son oeuvre et les interrogations de fond qu'il suscite au travers ses audaces formelles. Sans doute cherche t-il plus à fasciner et moi plus à émouvoir. Je le crois, en tout cas, indispensable à l'avancée vers un cinéma nouveau. Une sorte de visionnaire. Et, pour une fois, je trouve ses producteurs bien courageux.

Ces dix dernières années, nous avons assisté à une véritable émergence de films aux narrations atypiques mélangeant les données temporelles (21 Grams récemment), la réalité, le passé et le fantasme (Spider de Cronenberg), des narrations à l'envers (Memento de Nolan, Irréversible de Noé). Supernova va également dans ce sens. Pourquoi à ton avis ce ras-le-bol des narrations traditionnelles arrive aussi tard ?

Le cinéma est encore bien jeune, à peine un siècle, pour avoir déjà subi sa révolution ! La littérature, la peinture ou le théâtre ont des siècles d'avance pour s'être maintes fois remis en question. Et puis le cinéma est trop impliqué dans le processus de rentabilité pour qu'on en change les règles tant qu'il rapporte encore tel que défini. Il n'y a que les artistes pour pousser et ébranler les fondements d'un système dominant. C'est encore trop timide. Peut-être juste un moment dans l'histoire du cinéma. Qui a dit que le cinéma devait être régi par les règles narratives édictées par Aristote, il y a quatorze siècles ? Qui parlait d'ouvrir les portes de la perception ?

Supernova dans sa forme est un film très soigné tout en abordant un sujet pour le moins spéculatif (qu'est-ce qui se passe dans la tête d'un homme dans le coma, ou au moment ou l'homme se donne la mort). N'as-tu jamais eu peur que la forme prenne le dessus sur le fond? As-tu déjà reçu des critiques de gens qui te traitaient de formaliste ?

La forme n'est qu'au service du fond. Si tu n'as rien à dire, même de la meilleure façon qui soit c'est toujours le vide. C'est comme de vouloir multiplier zéro par un nombre élevé ! Dans Supernova, j'ai voulu un scénario court (soixante-dix pages) pour laisser libre cours à ma mise en scène et mes expériences sonores. Le cinéma c'est le fruit d'un travail qui consiste à pétrir trois matières : la matière visuelle, la matière sonore et la matière humaine (les comédiens). Au réalisateur de savoir mixer ces matières au gré de l'histoire. Le fond et la forme sont indissociables.

Lors de sa sortie en octobre 2003, j'ai lu très peu de choses sur ton film. La presse française est-elle trop frileuse ? Un film comme Supernova lui fait-il peur? Ou bien est-ce une conséquence économique, genre : « on parle des petits films à la fin, s'il nous reste de la place ? »

Pourtant, on a eu pas mal de presse même dans Variety à New York, mais trop tard ! Par manque de travail en amont du distributeur, Tecumseh.Works. Dans l'ensemble plutôt bonne, exception faite de Télérama, Le Monde et le Canard qui ont bâclé des mots écrits les uns derrière les autres. Pas un pet d'intelligence, ni la moindre curiosité. Ces gens ont-ils une culture? La presse de gauche urbaine ou parisienne a parlé de "new age", tandis que la presse de droite (Figaro) ou commerciale (Studio) a plutôt bien senti le film. Bizarre. Et surtout dommage pour les entrées en salles, puisque le distributeur toujours très peu clairvoyant - c'est le moins que l'on puisse dire à son propos ! -, s'est orienté vers l'art et essai, plutôt de gauche.

Mais il est clair que trop de sorties le 8 octobre 2003 ont sérieusement terni nos chances d'être vus en temps et en heure. Le mot "expérience" leur ayant peut-être fait peur, ils ont "omis" de voir le film au bon moment. Pour ce qui est du côté "new age" complètement absurde que m'ont collé les branchés parisianistes, je m'en remets à cette question que de nombreux spectateurs m'ont posé lors de ma tournée en province : « Comment les gens ont réagi à Paris ? » « Pourquoi », je répondais. « Parce que ce film évoque des sensations venues de l'intérieur de chez nous, la province (ici le plateau de Millevaches, en Limousin), et que les Parisiens n'y comprennent rien ! ».

Dans Supernova, je ne traite que de sensations que j'ai moi-même ressenti en vivant là-bas, cette terre limousine où je suis né, tout comme mes ancêtres. Le new age, c'est eux qui l'ont inventé lorsqu'ils ont ré-inventé une province conforme à leur fantasme et à leur manque.

Une édition DVD est-elle en cours? Auras-tu la chance de voir Millevaches (Expérience) et tes autres courts en bonus ?

On y travaille. Comme une deuxième chance donnée au film. Il le mérite. Mais pas de making of. Ça a trop contribué à démythifier le cinéma. Le fantasme a disparu. Le cinéma ne fait plus rêver puisque tout le monde sait (ou pire : croit savoir!) comment on fait les films ! « À tant vouloir connaître on ne connaît plus rien, ce qui me plait chez toi c'est ce que j'imagine », disait Léo Ferré.

Est-ce que tu penses qu'une édition DVD d'un film comme le tien permet aujourd'hui de rattraper les carences de sa distribution en salles ? Vois-tu le DVD comme un simple format ou bien comme une nouvelle arme pour rivaliser avec la concurrence déloyale des grosses productions ?

C'est tout simplement l'avenir proche du cinéma. Avant, le distributeur en salles payait des à-valoir, bientôt ce sera l'éditeur vidéo qui devra investir davantage en amont dans la production du film. Le matériel des particuliers est aujourd'hui tellement performant que le DVD trouvera naturellement sa place dans la diffusion des films. Une bonne sortie vidéo est aujourd'hui aussi importante qu'une sortie salle.

Un livre a été écrit sur l'expérience du tournage de Supernova et propose une réflexion sur les conditions d'émergence d'un nouveau cinéma indépendant français. Qui en est l'auteur ?

L'auteur de Supernova (Expérience #1) : Le Nouveau cinéma indépendant ? est Pascal Mieszala, c'est-à-dire le co-auteur du scénario du film, journaliste au technicien du film. Pascal a porté des projos sur le tournage, fait des photos. On se connaît depuis le CM1. On a fait nos premiers films super 8 ensembles. Il est associé à notre société Les Enragés. Avant, on avait crée Lou Films. On a écrit pas mal de scénarios ensemble. Le prochain, Magma ; c'est encore lui. Il est de toutes les conférences sur le nouveau cinéma, et particulièrement le cinéma numérique. C'est dire s'il sait de quoi il parle !

Que penses-tu de ce livre? Etais tu inquiet à l'idée qu'on prenne ton film comme exemple de réflexion ?

Un film doit aussi servir à réfléchir. Si l'éditeur - les Éditions Scope - a voulu ce livre c'est parce qu'il a pensé que la matière était là. C'est une base pour s'interroger sur l'avenir du cinéma. On est en pleine mutation. Il nous faut bosser, les uns et les autres, pour savoir ce qu'on veut en faire, de ce "cinéma". Je voulais juste que le bouquin n'explique rien sur le sens à donner au film. Ça, je pense, que c'est à chacun de le faire. Les témoignages que j'ai pu recueillir m'ont rassuré là-dessus. L'imagination ou la perception du spectateur va parfois plus loin que celle des auteurs du film !

L'apparition de la DV et ses possibilités de tourner des films à moindre coût a fait naître de nouvelles générations de cinéastes? Supernova a été tourné en juin 2001, tu es donc l'un des précurseurs de ce mouvement. Qu'as-tu retenu de ce premier tournage en numérique ?

Comme pour n'importe quel tournage. Numérique ou pas, c'est toujours un mélange d'exaltation et de concentration. La journée je réalisais mon premier long. La nuit, je comptais les sous qui restaient pour le lendemain avec mon régisseur. J'ai besoin d'avoir un cadre financier pour faire fonctionner mon imaginaire et pallier le manque d'argent. Et comme j'avais très, très peu d'argent, j'ai convoqué toutes les forces de mon imaginaire !

As-tu eu l'occasion de voir d'autres films tournés en DV ? Penses-tu que cette nouvelle économie / façon de faire va permettre au cinéma d'évoluer vers quelque chose d'inédit, ou bien au contraire va permettre à n'importe qui de faire des films, donc de rendre moins crédible les productions estampillées "tourné en numérique" ?

Comme le dit mon personnage principal dans Supernova #1 : « Ne déléguez à personne votre imaginaire et vos envies? Démerdez-vous! » Je pense juste que si c'est faire un film en DV juste pour se faire remarquer et dire « Voyez, je suis capable de le faire ! », ça contribue toujours de la mentalité qui consiste à vouloir être "champion du monde", et là, je vois pas l'intérêt à copier plus gros que soi, sans les moyens! Par contre si c'est utiliser de nouveaux outils pour faire émerger de nouvelles sensibilités, un imaginaire foisonnant ou un point de vue, enfin pertinent, sur le monde, là ça vaut quand même mieux que ces films qu'on entasse avant de les foutre au placard !

En tout cas, en matière de création cinématographique, on trouve de la qualité et des défauts dans tous les formats. C'est plus un problème, aujourd'hui. Je me rappelle en 1998, lorsque je demandais des aides financières pour un court à suspense complètement claustrophobe, L'Otage, que j'avais tourné en DV, on m'a répondu : « On n'aide pas les films de vacances ! ».

Cette arrivée de la DV a aussi permis à des réalisateurs plus confirmés comme Kiyoshi Kurosawa avec Bright Future / Jellyfish de tenter de nouvelles expériences. Je trouve pour ma part que ce film est l'exemple parfait de symbiose entre le format et le propos du film. As-tu vu Bright Future / Jellyfish ?

Pas vu, puisque j'ai du mal à revenir en salle, mais je connais Cure et Kaïro. Un grand cinéaste. Se servir du genre pour émettre une opinion sur l'avenir de l'homme et le sens de la vie, j'aime ça. Comme l'espagnol Julio Medem. Un grand lui aussi. Il faut voir Tierra ou L'Écureuil Rouge. Je me sens proche de ces types-là, qui doutent, qui sont sensibles, qui se servent puissamment de tout ce que le cinéma peut leur apporter. Comme Lynch ou Von Trier. Des cinéastes qui donnent envie de faire du cinéma et de voir en lui un moyen d'expression en toute liberté.

Est-ce difficile de trouver des comédiens confirmés comme Philippe Nahon ou Clément Sibony prêts à tourner bénévolement ?

J'ai écrit pour eux. Nahon, j'avais fait deux courts, dont Millevaches Expérience. On est allé tous les deux aux César et, bredouilles, on est rentrés faire la fête à la maison plutôt que d'aller au Fouquet's. Clément, je l'ai rencontré sur un film où j'étais premier assistant réal. Il était un peu méfiant, au début, je ne lui donnais pas trop de sécurité, ni sur l'avenir du film ni sur son rôle. Comme les autres il était un peu désorienté, mais j'aime ça. Avec Catherine Wilkening, on avait déjà des projets de longs qui ne se sont pas faits. Alors, après un court ensemble L'Otage, on a fait le film juste avant qu'elle parte rejoindre Le Coeur des Hommes. Ils avaient tous un truc nouveau à jouer pour eux dans cette entreprise. Et puis, le plateau de Millevaches est tellement irrésistible.

Vu le succès que rencontrent les films de Gaspar Noé au Japon, penses-tu que le fait d'avoir Philippe Nahon dans Supernova va te permettre de le distribuer jusque là-bas ?

J'en entends beaucoup parler de ce succès mais on va bientôt vérifier ça. Y'a pas longtemps, un type est venu m'interviewer avec son équipe parce qu'il réalise un documentaire sur Nahon. Incroyable ! Mais c'est mérité. Je ne vois pas qui d'autre que lui pouvait interpréter mon personnage. Vraiment.

Tu as deux films en projets Magma et Evil. Est-ce que tu voudrais nous en dire plus ?

Magma, c'est un thriller qui se passe dans le Massif Central et en Écosse. Entre nouvelle technologie (un logiciel révolutionnaire) et nature. Une histoire de mémoire perdue et d'inconscient refoulé. Encore une narration tortueuse comme mon personnage. En cours de casting. Evil est devenu Eden. C'est un thriller fantastique. Tournage intégralement en studio. Des personnages sont enfermés dans des containers empilés les uns sur les autres comme autant de méandres dans le cerveau humain ou autant de cercueils !

Magma, ça a encore un rapport avec la matière brute, la nature, la pierre ? Eden ? Ce mot se passe d'explication? Tu es bien parti pour devenir un metteur en scène naturaliste-métaphysique, non ?

La matière existe dans la nature. L'imaginaire humain lui donne forme.

Magma c'est aussi le nom d'un groupe de jazz-rock lunaire. Il y a ici un lien ?

Yes ou plutôt "ya" en kobaïen, langage inventé par Christian Vander, le créateur fou de Magma, groupe phare des années 70 en France. Pas franco-français pour deux sous. Du rock tellurique à faire pâlir tous les rockeurs metal. Vander, compositeur et batteur génial, admirateur de John Coltrane et de Stravinski disait : « Quand je fous un pain sur ma cymbale j'ai l'impression de tuer la personne qui est en face de moi. » Ça c'est pour l'énergie incontournable à toute oeuvre artistique digne de ce nom. Mais il disait aussi que « le musicien est responsable de sa note. Chacune doit peser un tonne. »


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Titre : PIERRE VINOUR
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Genre : Interview
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