PETER PAN DE JEAN-MARC AGRATI


Enregistrement :

Depuis 1964, Jean-Marc Agrati a été tour à tour enfant, démiurge, étudiant, ingénieur, Ivoirien, créateur d’entreprises, poète, professeur de mathématiques, romancier en devenir, pour finalement trouver sa voie, le métier d’écrivain, orienté vers l’histoire courte, avec Le Chien a des Choses à Dire (2003), premier recueil de nouvelles, publié aux Editions Hermaphrodite, suivi d’Un Eléphant fou furieux (2004), aux éditions La Dragonne et enfin d'Ils m’ont mis une nouvelle bouche (2006), de nouveau aux Editions Hermaphrodite.


PETER PAN - Une nouvelle de Jean-Marc Agrati

Paul conduit. Il est seize heures, la chaleur est étouffante. La faible vitesse du véhicule nous rafraîchit. On passe devant des maisons qui sont fichues, abandonnées, trouées, avec du noir de fumée au-dessus des fenêtres et des portes. La plupart du temps, les toits sont effondrés. Et je dis tout haut :

– Je voudrais m'installer…

Je parlais pour moi-même, mais Paul m'a entendu. Il balaye l'éventualité d'un geste. Il a aussi un sale rictus.

– ...t'as de la vermine et des rats partout, qu'il dit… et ça pue le brûlé… tu ne retrouveras jamais la bonne odeur…

Puis il s'applique à négocier un nid-de-poule particulièrement profond.

– ...et les gosses viendront… ils te rendront des visites, tu ne seras jamais tranquille…

Paul, c'est le gars qui m'accueille. Il m'est tombé dessus, je n'ai rien demandé, mais dans ce genre de coin, il y a toujours quelqu'un qui t'accueille. C'est celui qui connaît les milles petits pièges, les combines et tout ce qu'il faut savoir pour bien vivre. Je l'écoute, évidemment, mais je le trouve envahissant.

– Tu verras, l'hôtel c'est mieux. Il peut dire ce qu'il veut, je ne démords pas de l'idée qu'il faut que je vive dans une maison, seul, loin du goudron.

Et on s'arrête à un barrage. Paul salue les gardiens. Il les appelle tous par leurs noms, il a beaucoup d'assurance, il plaisante, il demande des nouvelles d'untel, d'untel et d'untel. Tous les gardiens lui répondent et rient aux plaisanteries. Ils ont des lances, des arcs, des lance-pierres et des bâtons. Il y en a un qui a un pistolet, bien apparemment, sur sa bedaine. Paul me dit tout bas :

– Il n'a pas de munition...

Paul sourit. Il a un flingue, lui aussi. On le voit à sa ceinture. Et il doit avoir des munitions, sans quoi il ne sourirait pas. Les gardiens ôtent le long bois garni de clous qui barrait la route, et ils ont de grands gestes pour nous dire au-revoir. Paul, c'est un caïd, il fait aussi de grands gestes. Un peu partout, il y a des bandes de gamins.

– Et les gosses ? je demande.

– Affreux.

Il renferme son visage à mort. Je suppose que ça doit être la guerre.

On arrive à l'hôtel. C'est sans doute la plus vieille construction du bled. Au rez-de-chaussée, le restau a été transformé en garage, mais le bar fonctionne encore. Au-dessus, il y a deux couches de chambres avec des terrasses, et le tout est à l'ombre d'un gros arbre. Ça pourrait presque être agréable, mais il y a quelque chose de dégueulasse sur l'une des terrasses. Un homme, en robe de chambre et en turban, entouré d'enfants qui le servent. Vite, je détourne la tête. En bas, les gardiens sont tous vieux, ils s'éventent, ils ont aussi tout un attirail à base de matraques, de cravaches, d'armes blanches et de vieux fusils.

– T'arrives au bon moment, dit Paul.

Je ne vois pas de quoi il parle. Peut-être parle-t-il de l'heure qui est enfin clémente, et nous pourrons boire sans trop de dégâts. Nous rentrons dans le bar qui est jaune, presque brun, avec du papier gaufré sur les murs. Ça a été peint, repeint, vernis, il y a des moulures au plafond, et un lustre ancien d'un goût qu'on n'a plus. Le comptoir est en zinc, piqué et rongé de partout. C'est une vraie machine à remonter le temps. Je demande :

– Quel siècle ?

Paul réfléchit. Il ne sait pas, il s'en fout. Il entame une discussion avec des gars. C'est un microbusiness, il y a des sous à gagner. Je me mets au comptoir, parce que ça ne m'intéresse pas, et je commande une bière. Et Paul me montre à deux filles. Il croit faire ça à mon insu, mais je vois son manège dans la glace.

Et les filles viennent aussitôt m'encadrer. Elles montent sur les tabourets, à ma gauche, à ma droite, et on est tous les trois en rang d'oignons au comptoir. Une main se pose sur ma cuisse et une autre dans le bas de mon dos. Ça va drôlement vite, dans ce bled. Pourquoi pas. Après tout, c'est de la compagnie.

Mais les filles parlent dans une langue étrange, et elles sont mastocs. Pas laides, mais mastocs et sévères. J'essaye diverses langues, mais rien n'y fait. Et zéro sourire, les filles. Seulement leurs grosses mains sur moi. Ça me fait chier. Je me console en regardant la bière ruisselante que pose le barman devant moi. Puis il me demande s'il peut servir les filles.

Je jette un œil discret à la carte, et je fais une sale découverte. Le prix de la bière est astronomique. Une demie-journée de travail, et encore, quand ça marche.

– Mais c'est affreusement cher ! je dis.

Le barman se marre. Pas mal de gars se marrent aussi.

– D'où crois-tu qu'on l'invente, le froid ?

Je regarde autour, et c'est vrai. Tout le monde boit du vin ou des choses que je ne reconnais pas, mais aucun glaçon ne flotte dans les verres. Et les verres sont secs, ils ne ruissellent pas du tout. J'ai été con, il fallait regarder la carte.

– D'accord, je dis, je paye ma bière, mais rien d'autre.

Le barman explique ça aux filles qui gueulent aussitôt. Il dit qu'il n'y peut rien, que c'est comme ça, qu'elles n'ont qu'à m'engueuler moi. J'ai toujours une main sur la cuisse et une autre dans le dos. Paul arrive.

– Qu'est-ce qui ne va pas ?

– J'ai pas de sous, je dis.

– Mais je te prête !

Il sort de sa poche une grosse liasse de billets.

– Je ne vais pas m'endetter pour boire et baiser, je dis.

Tout le monde me regarde. Ça a l'air d'être d'une grosse connerie, ce que j'ai dit. Paul aussi me regarde, il est ahuri comme c'est pas possible, et il me demande :

– Mais quoi d'autre sinon ?

Tout le monde attend que je réponde, et c'est vrai que je n'ai rien à répondre à ça. Les filles tiennent toujours mes reins et ma cuisse.

– Je ne sais pas, je dis, mais c'est comme ça.

Un truc con, évidemment. Tout le monde est déçu. Sauf un gars, qui me regarde. Il a de grosses lunettes en écailles, une véritable antiquité, et un manteau de cuir élimé, rapiécé, qui a dû couvrir une tonne de corps.

Il sourit, il a tout compris. L'hôtel est un traquenard et je suis piégé. Je lui rends son sourire. Il faut absolument que je lui adresse la parole d'une façon ou d'une autre.

Et un carreau pète. Le caillou et le verre giclent dans le bar. Ça dessine une grosse étoile, et je vois des gamins déguerpir. Certains ont des sacs poubelles troués sur la tête. Les gardiens les poursuivent, mais les gamins s'éparpillent, ce n'est pas évident.

Le barman se plaint, peste et jure. C'est toujours la même saloperie. C'est la tristesse et la haine. En fait, c'est de la pure merde. Il ramasse les bouts de verre et le caillou avec une balayette et une pelle. On a presque l'impression qu'il va pleurer. Le gars aux lunettes en écailles lui dit quelque chose, et ils s'engueulent aussitôt. Là encore, c'est une langue spéciale. Paul me chuchote :

– C'est le curé.

– Ah ? il y a une église ?

– Non… il fait des prédications, au hasard, comme ça, n'importe où… mais rien n'autorise à croire… qu'il croit vraiment... ou qu'il est autorisé… d'une manière ou d'une autre… enfin, tu vois ce que je veux dire…

Je vois un peu. C'est sans doute un mystique qui prend tout le monde à contre-pied. Oui, ça doit être ça. Mais je suis content qu'il existe. C'est bien que ce genre de gars existent. Et les gardiens reviennent en traînant un gosse.

Ils l'ont lynché, c'est un sac de poussière et de sang. Il y a des mouches qui volent dessus, et les chiens lèchent les traces.

– Ils l'ont tué, je dis.

Le curé sort. Il a des petits christs qui pendent à ses oreilles et un tatouage sur la nuque. On ne voit pas le dessin en entier, il est mangé par les cheveux et caché par le col, mais on ne peut pas se tromper. C'est une vierge à l'enfant.

Et il engueule les gardiens qui sont en train de pendre la dépouille à l'arbre. Les gardiens discutent, hésitent, se fâchent presque, mais ils pendent quand même le cadavre. Puis ils continuent de se prendre le chou, pour savoir s'il faut oui ou non pendre la dépouille.

– Tu vois, dit Paul, il fait chier tout le monde.

C'est marrant, mais je trouve que les filles sont bien plus chiantes avec leurs mains insistantes, leur absence de sourire et leurs membres énormes. En plus, elles ont des consommations. Des trucs très chers, avec des glaçons, alors que je n'ai rien commandé. Je demande à Paul :

– C'est toi qui a payé ça ?

– Non, dit Paul.

– Ça sent l'entourloupe.

Il a un geste évasif… peut-être… Et le curé rentre. Il est fâché. Tout le monde a l'air de ruminer quelque chose de vraiment désagréable. Il fait le tour du bar, il prend la vodka orange de la fille, celle à ma droite, la plus mastoc, et il lui jette le contenu à la gueule. Les glaçons tombent, le froid est fichu et c'est tant pis.

La fille est estomaquée. Blanche de rage et mouillée d'alcool. Elle balbutie des mots, en montrant le curé, ça l'étrangle et elle suffoque. La vodka orange dégouline sur son tee-shirt et ça lui dessine les tétons. Tous les gars du bar ont des sourires en coin. Le téton est parfaitement visible, et en plus, il est imbibé de vodka. C'est une chose merveilleuse et terriblement appétissante.

Le prêtre a un grand rire, il triomphe. Il montre bien quel genre de créatures nous sommes. Les filles retirent leurs mains de mon dos et de ma cuisse. Je suis libéré. Je souris au prêtre, c'est vraiment chouette. Il me pose la question :

– Tu ne veux pas habiter à l'hôtel, hein ?

– Ben non, je dis.

Il comprend, il sourit. Il est un peu triste malgré tout. Il retourne à son verre. C'est bête, parce qu'on aurait pu parler.

Et je comprends le problème. La fille mastoc et mouillée d'alcool ne veut pas en rester là. Elle se retourne vers Paul qui fait semblant de ne rien entendre, toujours dans les microbusiness qui font l'essentiel de son temps. Mais Paul est doué. Il communique secrètement avec la fille. Il laisse pendre une main, négligemment, et les doigts disent à la fille qu'elle peut faire ce qu'elle veut.

Alors la fille prend une bouteille bien lourde, derrière le bar, et elle se dirige vers le prêtre. Le prêtre finit son verre, c'est un vrai dandy, il a le sourire aux lèvres. La fille lui explose la bouteille sur la tête. Le prêtre tombe par terre, ça coule, c'est du vin blanc et du sang. Puis la fille se jette sur son dos, elle retrousse son manteau de cuir, et elle lui plante la bouteille éclatée dans le bas du dos. Elle tourne ça, le gars a la colonne sectionnée. Ses membres ont une dernière secousse, il a une longue plainte, et voilà, il ne bouge plus. Et la fille fout le camp.

Je secoue Paul par l'épaule.

– Putain merde ! t'as vu ?

Et Paul fait toujours semblant d'être dans une affaire de merde, beaucoup plus importante que le dos du curé. Et je me dis que je suis con, que c'est pas du tout Paul qu'il faut voir, et je me jette au chevet du gars. Il peut parler. Les sons gargouillent dans le sang, sa tête est pas mal écrasée.

– Ma maison, qu'il dit…

Il expire. C'est évident, je vais prendre sa maison. C'est un héritage. Je prends aussi son manteau et ses lunettes. Tout le monde me laisse faire. Le manteau me va très bien et je mets les lunettes.

Et je ne vois plus pareil. Tout est différent. Les traits, les couleurs, absolument tout. Même les tronches des gars sont beaucoup plus précises, et je crois que je les décrypte enfin.

Je demande où est la maison. On me montre la baraque. C'est loin, c'est en haut d'une colline, ça n'a plus rien à voir avec le goudron. C'est exactement ce qu'il me faut. Je sors, je dépends le cadavre, je le mets sur mon épaule, et je vais chez moi.


Je suis dans l'appart du curé, c'est le matin. Je me lève, j'enfile mon manteau de cuir et je mets mes lunettes en écailles. Je vais dans le salon et je trouve la bonne femme de l'hôtel. C'est la grosse putain qui a tué le curé. Elle est tout en rouge, et elle m'attend dans un fauteuil, la salope. Elle me sourit. C'est vraiment une sale grimace. Elle se lève et elle sort un grand couteau qu'elle déplie.

Je tremble, j'ai des gargouillis. C'est un couteau vraiment grave, un truc de boucher qui peut me transpercer entièrement et tout couper avec une extraordinaire facilité. Un sale plaisir aggrave la grimace de l'ogresse. Elle dit des mots que je ne comprends pas, dans une langue rien que pour eux, absolument inconnue. Mais les gestes sont sans équivoque. Elle va me percer le ventre et ça va gicler. Puis elle va dérouler mes intestins et elle va les mordre. Elle va manger ce que j'ai mangé, et tout mon tube digestif va y passer. Peut-être même qu'elle va me couper les couilles, ou que ma bite va venir avec les intestins. Mais dans tous les cas, je serai complètement vidé.

Je comprends que le combat est inévitable. Vite, je vais derrière la table. Elle ricane. Elle est forte, et la table, pour elle, c'est rien du tout. Elle s'avance vers moi, et c'est comme si elle mangeait quelque chose de succulent. Elle bave, son ventre aussi bave, ça coule sur ses jambes. Elle pousse la table qui est ronde, et elle me bloque dans un coin. Je suis vraiment fait comme un rat. Impossible de résister à l'énorme chose. Elle tend le bras pour me choper, elle se moque de moi, elle fait des petit, petit, petit, elle rit tellement c'est facile. Et elle se redresse soudain. Elle a reçu une flèche ! Dans le dos ! Une flèche bien plantée et qui fait mal !

C'est les enfants. Ils sont à la fenêtre et ils me font des signes avec leurs arcs et leurs lance-pierres. Ils avaient repéré la grosse bonne femme, ils s'étaient cachés, et quand ils ont vu qu'elle m'attaquait, ils lui ont envoyé une flèche.

Je suis content. Je souris. Ils sont sympas, les gamins. Mais c'est qu'une petite flèche, et même si ça fait mal, ça n'empêche pas la grosse tout en rouge de tendre à nouveau le bras. Et donc, tant pis pour elle. Elle reçoit une deuxième flèche… dans le cul… bien plantée, celle-là… Ça lui arrache un grognement, et je rigole.

J'en profite pour repousser la table, et je file, à quatre pattes, entre les pieds de la table et les poteaux de la grosse. Elle me poursuit, mais elle est lente, elle boîte, ça fait mal de marcher avec une flèche dans le cul. Et en plus, elle en reçoit d'autres. Plein de petites flèches qui la font chier de partout. Elle se mange aussi des cailloux, ça rebondit sur sa tête, et ça aussi ça fait mal.

Je sors de la maison, elle me poursuit, mais plus vraiment. Elle est piquée de partout et les cailloux lui font des sales bleus sur les joues et sur le front. Et quand ça rebondit sur sa poitrine, ça fait des flocs dans son laitage. Et en plus, elle se casse un talon. Et moi je recule, tout simplement. Je la tiens à distance, cinq bons mètres, dans le jardin, et c'est comme si je me promenais pour regarder les fleurs. Je suis absolument insaisissable.

Alors, elle fout le camp. Elle enrage, c'est la honte pour elle, mais c'est comme ça. Tous les gosses sifflent et font un cortège d'injures et de gestes vraiment dégueux. Elle prend sa chaussure cassée, elle boîte encore plus, elle est criblée de flèches, et la route qui mène à l'hôtel est pleine de cailloux qui lui blessent le pied.

Mais les gosses, ils ne vont pas en rester là. Ils sont postés dans un arbre et ils larguent un gros tonneau pendu au bout d'une corde. Le truc fonce sur elle comme un pendule, et il est traversé de bois taillés.

Et elle est empalée ! Elle hurle ! Trouée de partout ! Clouée au tonneau ! C'est la grosse joie chez les gosses. Le piège a fonctionné parfaitement, et la grosse bonne femme mastoc de l'hôtel tout en rouge se balance avec le tonneau.

Vite, on l'attache au tonneau, et on la décore de pétards. Ça pète dans ses oreilles, dans son cul, dans sa vulve et sur ses tétons. C'est une fête, on met de la musique, on fait un grand feu et on sort de longues piques. On la découpe petit à petit, et on pique les morceaux là-dessus. On la cuit, elle gémit pendant ce temps-là et ça accompagne la musique. On me donne les meilleurs morceaux, évidemment, et c'est bon, c'est délicieux, on a même du poivre.

– On n'a pas de sel, dit un gamin.

– Quand est-ce qu'on attaque l'hôtel ? demande un autre.

Et je m'aperçois que je parle la langue des gamins.

Jean-Marc Agrati


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A propos de cet article


Titre : PETER PAN de Jean-Marc Agrati
Auteur(s) :
Genre : Fiction
Copyrights : Jean-Marc Agrati
Date de mise en ligne :

Présentation

Né en 1964, Jean-Marc Agrati vit et écrit à Paris. Ingénieur de formation, il a exercé divers métiers dans l’enseignement, dans l’aéronautique et dans l’informatique, en France ainsi qu’en Afrique où il a séjourné. Après un recueil de poésie (prix Paul Valéry en 1998) et divers projets d’écriture (contes, romans), il s’est orienté vers l’histoire courte.

Oeuvres publiées :

- Le chien a des choses à dire, éd. Hermaphrodite.
- Un éléphant fou furieux, éd. La Dragonne.
- Ils m’ont mis une nouvelle bouche, éd. Hermaphrodite.

Liens extérieurs

hermaphrodite.fr/
lekti-ecriture.com/editeurs/-la-dragonne-.html

Thèmes

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