ALAN MOORE « THE WIZARD OF NORTHAMPTON » (CUT-UP)


Enregistrement : 13/09/2017

Premier épisode d'une nouvelle série de contenus sélectionnés sur l'Internet et traduits par nos soins, afin de les proposer au public francophone. Ici, un cut-up d'extraits d'une interview d'Alan Moore, inédite en langue française, que nous trouvions particulièrement réjouissante dans l'actuel contexte social, économique, technologique et géopolitique.

Note biographique :

Scénariste de bande dessinée et écrivain britannique, Alan Moore se trouve plus particulièrement connu pour son travail sur les comics Watchmen, V pour Vendetta et From Hell. Outre sa carrière émaillée de succès internationaux et de récompenses prestigieuses, Moore se distingue par sa personnalité haute en couleur. Végétarien et anarchiste, il se présente comme un magicien et un adorateur de Glycon, une divinité-serpent romaine, oracle initialement adoré dans la ville d'Abonuteichos, en Paphlagonie (Anatolie).

Son dernier roman, Jérusalem, vient de sortir en France à la fin du mois d'août 2017 aux éditions Inculte et bénéficie déjà d'un grand succès critique (couverture des Inrocks, France Inter, France Culture, Le Monde, Libération, Arte...).

Entretien réalisé par Rob Vollmar, pour le magazine World Literature Today, paru au mois de janvier 2017.

Traduction française par Ira Benfatto.




Alan Moore : Dans les années 1960, particulièrement à partir des Beatles, est apparu ce sentiment, au sein de la jeunesse, que beaucoup de choses étaient en train de changer dans la culture anglaise (et oui, cette idée pouvait avoir été causée par les drogues, les paroles ridicules de certains morceaux psychédéliques, etc.). Par exemple, vous aviez ce groupe de jeunes, issus de la classe ouvrière de Liverpool, qui n’en était pas moins considéré comme de la grande culture !

Et ça a tout changé. Ça nous a donné l'impression qu'il n'y avait plus de limites, quel que soit l'objectif fixé. Qu'il n'y avait plus ces liens qui nous retenaient auparavant. Comme les Beatles pouvaient le faire, je suis sûr que des tas de jeunes de la classe ouvrière se sont dit « pourquoi pas moi ? ». Nous avions cette sensation que le monde n'avait pas de plafond. Vous pouviez vous élever aussi haut que vous le désiriez, à la seule force du mérite.

De nos jours, j'ai l'impression que le plafond est plus que réel. Et même, qu'au contraire, il n'y a plus de plancher. Il n'y a plus de limite aux profondeurs jusque dans lesquelles nous descendons pour nourrir notre anxiété et nos peurs. « Jusqu'où cela peut-il aller ? Trump va-t-il se faire élire ? Oh mon Dieu, nous n'avons certainement pas juste énervé l'Europe ? » Toutes ces choses. Nous n'avons aucune idée de l'extrémité jusqu'à laquelle elles peuvent se détériorer.

Jusqu'à quel point, pouvons-nous nous enfoncer dans cette austérité ?

Quelle est la réelle gravité de la crise environnementale et sociétale ? Il y a cette idée que nous sommes totalement fragilisés par notre histoire et le contexte actuel. Je ne crois pas que ce soit vrai. C'est ce qu'on a voulu nous faire croire. C'est un calcul qui suit la lignée de « nous traversons des temps effrayants, vous avez besoin de quelqu'un de tout aussi effrayant pour vous diriger ».

Qui nous dit ça? Les dirigeants soit-disant puissants, qui ont en fait orchestré ces temps terrifiants. Ce n'est pas une théorie du complot. Vous vous devez d'agir ainsi pour contrôler des millions de personnes. Je suppose que c'est assez angoissant. J'imagine que ça implique des peurs à l'image de la Révolution française, ou de la Révolution russe, et que vous seriez prêts à n'importe quoi pour assujettir ces masses, afin de les garder sous votre autorité.



Mon ami Adam Curtis, qui est un excellent réalisateur de documentaires, a réalisé un film merveilleux appelé Le Pouvoir de la peur. Il y suggère que nos dirigeants nous ont vendu non pas du rêve, mais du cauchemar. Ils nous promettaient de nous donner ça, ça et ça, si nous votions pour eux. Nous les croyions et nous les avons élus. Et après, ils nous concédaient : « Oui, en fait, nous n'allons pas faire ça. Nous allons suivre notre propre programme, mais merci d'avoir voté pour nous ». Ils ont continué ce jeu, jusqu'à ce que, aussi stupides et serviles que nous soyons, nous finissions par comprendre.

Et c'est là que nous avons commencé à nous dire que « non, ils ne vont pas faire ce qu'ils promettent. Ce ne sont que des rêves qu'ils nous vendent. Donc, nous allons nous tenir loin des isoloirs par milliers, par millions, car nous nous sentons ostracisés de ce système politique ». Et bien sûr, c'est un problème. De quel genre de mandat disposez-vous si 90% de la population ne se présente pas aux bureaux de vote ?

Nous avons besoin d'un méchant dans ce nouveau récit, car celui qui nous présentait des héros ne fonctionne plus. De nos jours, nous vivons dans un état de peur imposé. « Puisque les rêves ne fonctionnent plus, vendons-leur du cauchemar. » Ceci est particulièrement applicable au monde d'après 2001, avec le spectre djihadiste, notre nouveau croque-mitaine culturel. Quand j'étais enfant, le grand méchant, c'étaient les Russes mal dégrossis. Et encore avant ça, les Allemands rigides. Nous avons besoin d'un méchant, puisque les héros ne sont plus.

De nos jours, nous vivons dans cet état de peur imposé. Si vous avez peur, cela vous empoisonne. Si vous êtes anxieux, vous êtes incapable de penser à ce qui pourrait vous émanciper. Ça va paralyser votre cerveau et votre volonté, et j'imagine que c'est l'état d'esprit qui arrange le plus nos dirigeants.

Une des choses que je voulais dire avec Jérusalem, c'est que l'imagination reste toujours essentielle. Utilise-la ou perds-la.

Nous devrions être capables de concevoir l'art et les écrits nécessaires à notre époque. La culture ne devrait pas se trouver paralysée, comme elle semble l'être actuellement. Nous avons rapidement tâtonné à travers les années 1950 avec toutes ces voitures attelées d'ailerons à l'image des fusées de Buck Rogers. Nous avons traversé l'ère spatiale des années 1960 avec l'alunissage et toute la science-fiction.

Nous nous sommes hâtés au travers de toutes ces décennies pour accéder à ce monde futuriste tant désiré.

Vers le milieu des années 1990, nous avons réalisé que nous y étions. Que nous étions arrivés dans ce futur et qu'il paraissait bien plus compliqué et différent que ce que nous en avions imaginé. Et ça nous a paralysés. Nous ne savions plus quoi faire. Et nous avons décidé de faire du sur-place culturel pour les 20 ou 30 années qui ont suivi. Nous allions simplement recycler les styles musicaux des décennies précédentes. Nos films seraient largement basés sur les personnages des siècles passés. Nous voulions ce truc familier du 20eme siècle, que nous pouvions encore comprendre.

Bien entendu, il reste toujours des gens créatifs. Là, je parle de la culture populaire de masse qui semble, elle, clouée sur place. Incapable de répondre de manière pertinente, ou sensée, à ce futur extraordinaire qui surgit tout autour de nous. Donc, autant je destinais Jérusalem à tous, aux gens ordinaires, à toutes les personnes qui vivent notre époque, autant je le destinais aux artistes et écrivains. Je voulais faire quelque chose de ridiculement ambitieux, afin de prouver que de telles œuvres ont toujours leur place.

Le monde n'est pas aussi étroit que vous le pensez. L'espace dans notre boite crânienne est infini. Il doit y avoir un moyen de contourner les problèmes que nous nous sommes créés. Et la solution réside probablement dans l'imagination de tout-un-chacun, qu'il serait temps d'utiliser un peu plus sérieusement. En y consacrant un peu plus d'effort.



Ça me rappelle le créateur de manga japonais Osamu Tezuka, qui était fasciné par les robots. Avec Astro Boy, il a créé une vision du Japon similaire à la Grèce antique, où le travail est fait par les machines et les hommes sont libres d'être et faire ce qu'ils veulent. Aujourd'hui, quand on voit le Japon et tout ce qu'ils accomplissent à l'aide de robots, peu savent que c'est la vision de cet artiste. Ce que le Japon devrait être et ce qu'il a adopté pour vision de son futur. Ils ont pris cette direction depuis lors...

Oui, les Japonais se sont activement lancés dans cette direction suite à cette vision. « Laissons les robots faire le sale boulot et nous aurons une sorte d'utopie. » Cette utopie ne fut pas spécifique qu'au Japon. Je me rappelle de mon père qui parlait du futur, lorsque je n'avais encore que 10 ou 11 ans. « Quand tu seras grand, les machines feront tout le travail, donc nous aurons tout ce temps libre, tout ce temps pour les loisirs ». Avec le recul, c'est probablement la chose la plus odieuse que je ne l'ai jamais entendu dire, parce qu'il n'avait vraiment pas compris. Je n'avais pas compris non plus, à cette époque.

Quand tout sera automatisé, ça ne sera pas pour que vous passiez votre temps à bronzer sur la plage de Great Yarmouth. Vous serez sans emploi. Ce qui veut dire que vous toucherez des allocations, puis qu'ils tenteront et arriveront à reprendre ces allocations, après vous avoir fait passer pour un parasite de la société. La voilà, la vérité de l'utopie technologique que nous avons adoptée en Occident. Je suis d'accord, celle d'Astro Boy est bien plus séduisante, c'est celle que je choisis.

Il me semble qu'il s'agit là de l'une des grandes problématiques des années 2020, et au delà. L'idée d'un revenu minimum d'insertion universel, pour pallier aux emplois qui vont disparaître avant la fin de la décennie. Le problème est qu'une sorte de revenu garanti semble la solution évidente et rationnelle, mais que, dès l'instant où il sera établi, ce système deviendra un enjeu politique. Et une fois que ce sera fait, la situation changera radicalement pour les classes privilégiées.

Par exemple, il serait tout à fait dans le domaine du possible d'établir un revenu de subsistance pour tous dans le pays, qu'ils aient ou non un emploi. Tu le percevrais juste à l'âge adulte. Tout le monde toucherait ce salaire minimum. Et par là, j'entends un revenu qui te permette de vivre correctement. Tout le monde le perçoit et si tu perds ton emploi, tu peux survivre grâce à lui. Si les gens travaillent, ils ne rendent pas cet argent. Si vous donnez une allocation et qu'ils la perdent quand ils obtiennent du travail, souvent moins payé que ladite allocation, il n'y a aucune motivation à trouver du travail pour s'appauvrir plus encore.

On pourrait, par exemple, retenir cette somme sur nos impôts, ou quelque chose comme ça. Si on ne permet pas aux gens de garder ce revenu, on crée une spirale de pauvreté. Si nous donnons aux gens ce revenu minimum, il y aura bien sûr un impact sur les chiffres de la criminalité. Cela ne supprimera pas le crime, mais une part importante de la criminalité étant basée sur des raisons économiques... Nous aurions encore à nous soucier des psychopathes et des brutes, mais j'imagine que le résultat serait une baisse de la criminalité dans son ensemble, ce qui est profitable à la société. Aussi, le fait qu'ils soient en meilleure santé serait bénéfique au coût de leur prise en charge en cas de maladie.

Tout ça coûtera cher. Mais pas plus cher que de renouveler nos stocks d'ogives nucléaires Trident, que nous ne pourrons utiliser que le jour où nous serons tous prêts à mourir. C'est une arme suicidaire, et pourtant nous continuons à dépenser des millions dans ce domaine, bien que la plupart des analystes militaires affirment que les guerres internationales seront trop coûteuses et problématiques dans le futur. Sans oublier, bien sûr, qu'aucune guerre n'a jamais atteint ses objectifs. Dans le futur, nous serons en prise avec des guerres internes, le terrorisme, des choses comme ça, ce qui rend les armes nucléaires totalement obsolètes.

Si nous en avions la volonté, l'argent nécessaire est là. Ces changements sociétaux nous permettraient d'accéder à plus d'argent et donc de l'utiliser de manière plus efficace. Ces changements affaibliraient ceux dont l'intérêt, semble-t-il, est de nous maintenir dans un état d'asservissement, de peur et de pauvreté. Si les gens avaient assez d'argent pour se débarrasser de leurs anxiétés fondamentales, en étant capables de se nourrir, tout en gardant un toit au dessus de leur tête, peut-être ne seraient-ils pas si faciles à intimider. Mais, sans doute, que les gens aient plus d'estime et de confiance en eux n'est pas dans l'intérêt de ceux qui nous gouvernent.

Cependant, je pense que l'époque s'est suffisamment détériorée et que nous abordons une période d'essor. Nous nous dirigeons, que nous le voulions ou non, vers des temps nouveaux. Cela va arriver, malgré nous, aussi sûrement que l'agriculture a suivi la cueillette et la chasse. Et que l'industrie a succédé à l'agriculture. Nous n'avons pas encore de mot pour qualifier cette nouvelle ère, qui succédera à l'ère industrielle, mais je suppose que nous le verrons apparaître dans les cinq, dix prochaines années.

J'ai l'impression que nous sommes au même moment charnière qu'un siècle en arrière, entre 1910 et 1920, quand le monde a muté. C'est là que nous sommes soudainement entrés dans le monde moderne. Nous avions les premières guerres modernes, où les premiers prototypes de chars avançaient aux côtés de soldats à cheval. Des chevaux avec masques à gaz. Au même moment, Einstein révolutionnait complètement la physique et notre compréhension du cosmos. Stravinski composait Le Sacre du printemps, en changeant la perception que nous avions jusque-là de la musique, et en provoquant une émeute par la même occasion.

Vous aviez les cubistes, les surréalistes. Tous ces artistes qui essayaient de reproduire le réel avec plus de réalisme que la réalité elle-même. Avec une nouvelle perception de cette réalité. Les cubistes, pénétrés par des idées en vogue à ce moment sur la quatrième dimension, pensaient que « si vous regardez une personne d'un point de vue quadridimensionnel, vous serez capables de voir son visage, de face, et son profil quand elle tourne la tête ». Ils ont essayé de reproduire cela dans leur art. Bien sûr, en littérature vous aviez Joyce, Eliot, Gertrude Stein et leurs nouveaux modes de narration, appropriés à leur temps et à même de traduire l'insondable monde moderne qui les entourait.

J'espère que nous allons prendre cette même direction à présent. Nous sommes à l'aube d'un nouveau monde. Nous n'avons aucune idée de la manière de le comprendre, de l'expliquer ou de l'exprimer. L'histoire s'en chargera pour nous, mais je crois que c'est en marche. Il semble que nous suivions un parallèle avec le 20e siècle. Il faut 10 ou 15 ans pour prendre ses marques et appréhender un nouveau cycle de manière rationnelle et cohérente.



Je me rappelle que vous aviez prédit, dans de précédents écrits, que l'année 2018 serait l'année de la vaporisation de l'information...

Je ne crois pas m'être trop trompé. Bien qu'il soit toujours difficile de prédire et de dater quoi que ce soit, car on peut toujours se tromper de façon spectaculaire. Dans le film The Mindscape of Alan Moore, j'émettais l'idée que nous nous approchions de ce que l'on appelle en mathématiques une « transition de phase ».

Ce qui s'illustre parfaitement par la métaphore d'une bouilloire en ébullition. Vous démarrez avec de l'eau froide, puis elle se réchauffe. Au point d'ébullition (qui est la période de « transition de phase ») se produit quelque chose de mathématiquement très compliqué. De l'eau rentre d'un côté, de la vapeur sort de l'autre. Je suggérais donc qu'avec l'accumulation, non pas de chaleur mais d'information, nous approchions d'un stade comparable à celui du point d'ébullition, à une période de « transition de phase ».

Dans notre situation, nous pourrions dire que ce qui rentre d'un côté est de l'eau, de l'eau très chaude comparée à celle des chasseurs-cueilleurs de l'âge de pierre. Après ce point de rupture, je suspecte que l'état des choses sera imprévisible, notre culture devenant vapeur, se métamorphosant en quelque chose de totalement différent et obéissant à de nouvelles règles.

Prenez la première période de l'histoire de l'information dans les sociétés humaines, depuis l'invention de la hache jusqu'à l'an 01 de notre ère. Répertoriez toutes les informations accumulées durant ces centaines de milliers d'années et déterminez le temps qu'il a fallu à cette masse d'information pour doubler. Ça prenait des millénaires. Il a fallu attendre la Renaissance pour que l'ensemble des connaissances humaines doublent. Mais le rythme s'accélère, je crois que l'information a doublé entre 1960 et 1970.

Et aujourd'hui, ça prend moins d'un an. Ce qui veut signifie que nous multiplions par deux, chaque année, la somme d'informations réunies dans toute notre histoire passée. Il n'y a aucun moyen de savoir si cette courbe va perdurer. Si c'est le cas, ça suppose que nous finirons par doubler la somme de nos informations à chaque fraction de seconde.

Pour être clair, je ne parle pas de la singularité technologique. Je ne parle pas d'intelligence artificielle. Je n'ai aucune idée de si, oui ou non, nous allons atteindre l'idée que les gens se font de l'intelligence artificielle. Je lisais récemment que les chercheurs en intelligence artificielle redoutent une baisse d'intérêt des investisseurs, laquelle entraînerait une réduction des financements. Que ceux-ci se disent « Oui, bon. Nous avons des machines à traiter l'information incroyablement puissantes de nos jours, mais l'intelligence artificielle IBM Watson n'a jamais entendu parler d'un truc aussi évident que de la Ferme aux célébrités ! Ou même d'IBM Watson, elle-même ! Et Google DeepMind n'est même pas conscient qu'il a battu un humain maître du Go. »



Elles ne savent pas qu'elles sont censées être douées d'un « esprit profond » (DeepMind, du nom de DeepMind Technologies Limited, une entreprise britannique spécialisée dans l'intelligence artificielle et rachetée par Google en 2014 - N.D.L.R.)...

Il n'y a pas d'esprit ! Il n'y a qu'une machine de traitement très puissante. Très impressionnante. Il y a plus de mouvements possibles sur un plateau de jeu de go, que de particules dans l'univers qui nous est connu. C'est un jeu d'une incroyable complexité.

Je ne veux pas déprécier ces accomplissements, je veux juste dire qu'il n'y a aucune conscience artificielle. Et nous n'en sommes pas plus proches que nous l'avons été. Je ne suis pas partisan de l'idée de la singularité, de Skynet ou d'un calculateur de poche faisant soudainement l'expérience d'une épiphanie. Je parle de processus historiques, guidés par la technologie. C'est complètement indépendant de l'ambition humaine et uniquement perceptible a posteriori.

Dans son livre La Troisième Vague, Alvin Toffler précise que la première vague fut celle de l'agriculture et qu'elle changea le monde. Il y a encore de nos jours des lieux, tels que la Papouasie ou la Nouvelle-Guinée, où l'agriculture n'existe pas. Mais l'agriculture a transformé notre monde, dans l'ensemble. Après est arrivée l'industrie, c'est la deuxième vague. Elle balaie toute la planète, révolutionnant tout.

Enfin, la troisième vague, c'est ce qu'il se passe maintenant. Ce qui sous-entend que l'histoire est indépendante des actions et des philosophies humaines.

Nos dirigeants ne sont que des surfeurs, perchés au sommet d'une vague géante. Ils s'agrippent à leur planche, aussi fort que possible, et vivent dans un état de terreur totale. Pourtant, ils semblent en plein contrôle de la situation aux yeux des personnes restées sur la plage, comme s'ils étaient capables de guider ou de diriger la vague. Ils essaient de donner l'impression qu'ils contrôlent quelque chose, mais se trouvent entraînés par des courants qui les dépassent.



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Titre : ALAN MOORE « THE WIZARD OF NORTHAMPTON » (CUT-UP)
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Genre : Interview
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Premier épisode d'une nouvelle série de contenus sélectionnés sur l'Internet et traduits par nos soins, afin de les proposer au public francophone. Ici, un cut-up d'extraits d'une interview d'Alan Moore, inédite en langue française, que nous trouvions particulièrement réjouissante dans l'actuel contexte social, économique, technologique et géopolitique.

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