IRA BENFATTO « OPERATION MINDFUCK, LA NOUVELLE VAGUE »


Enregistrement : 22/11/2020

« Opération Mindfuck, la nouvelle vague », un dossier d'Ira Benfatto publié dans le second numéro de Mutation, imprimé au mois de février 2019. Qu'il nous est apparu aussi essentiel qu'ironique de diffuser sur La Spirale dans l'actuel contexte de dérégulation de notre réalité consensuelle.

Où il est question de « fake news », de contre-culture et de Robert Anton Wilson, de la fin des années 1960 et du chaos contemporain, de la Société Discordienne et de son culte d’Eris, déesse grecque du désordre, du magazine Playboy et de conspirationnisme, des Illuminati et de « tunnels de réalité ».

Suivi d'un focus sur William S. Burroughs et les « fake news », puis d'interviews de R.U. Sirius, de John Higgs, de Douglas Rushkoff et de Rémi Sussan.


Dossier et interviews par Ira Benfatto.
Image de frise extraite d'une illustration d'Alberto Ojeda.



OPÉRATION MINDFUCK : LA NOUVELLE VAGUE

1968, le rêve utopique du Summer of Love s’étiole. Martin Luther King et Robert Kennedy sont assassinés. Des émeutes raciales mettent les quartiers à feu et à sang. et l’opinion publique bascule contre la guerre du Vietnam. À 3500 kilomètres du quartier hippie de Haight-Ashbury et à des millions d’années-lumière de ses colliers de fleurs, de ses cheveux longs et de ses manifestations pacifistes, une toute autre contre-culture émerge sur les bords du lac Michigan.

Cheveux courts, moustaches et barbe bien taillées, Robert Anton Wilson et Kerry Thornley viennent de fonder la Société Discordienne et jettent les bases de son athéologie : le culte d’Eris, déesse grecque du désordre et du chaos. La religion satirique fait des émules, plusieurs lettres d’informations sont publiées et nombreux sont ses membres qui écrivent pour la presse underground à travers le pays.

Wilson officie dans les bureaux du magazine Playboy à Chicago. Parmi ses attributions de rédacteur adjoint, il a pour tâche, avec son collègue Robert Shea, de lire et de répondre au courrier des lecteurs : The Playboy Advisor. Ébahis par le nombre de missives complotistes qu’ils reçoivent, les deux anarchistes décident d’écrire un livre basé sur l’idée que « tous ces tarés ont raison et que chacune des conspirations dont ils se plaignent existe vraiment ».

Terminé en 1971, Illuminatus ne trouvera d’éditeur qu’en 1975, une fois amputé de 500 pages et divisé en trois volumes. Succès critique plus que commercial, le livre est aujourd’hui culte et sans cesse réédité. Comme l’expliquera Wilson des années plus tard : « Illuminatus n’est qu’une partie d’une œuvre d’art totale, d’un happening intitulé l'opération 'Mindfuck' ».

Boite à outil pour activistes, l’opération Mindfuck se détermine comme un appel au sabotage culturel, en vue de perturber la vision du réel promulguée par la culture de masse et ainsi de renverser l’ordre établi. Dans un premier mémo destiné à établir ses fondements, Wilson enjoint ses participants à propager toute rumeur lancée par d’autres membres et à attribuer toutes les calamités nationales, assassinats et complots aux Illuminati et autres sociétés secrètes.

Ainsi la Croisade Chrétienne Anti-Communiste reçoit une lettre des Illuminati pour lui confirmer qu’ils dominent bien l’industrie du rock ‘n’ roll et que Beethoven fit partie de leurs premiers initiés. Quand le procureur de la Nouvelle-Orléans Jim Garrison (personnage du JFK d’Oliver Stone) perd son procès contre Clay Shaw, homme d’affaire et présupposé membre de la CIA, accusé de l’assassinat de Kennedy, son allié au Los Angeles Free Press prend au sérieux la missive du mystérieux « Ordre de l’Ange Phénix » l’informant que les jurés sont tous membres des Illuminati, ainsi que l’indique leur absence de téton gauche. Bientôt, de mystérieuses petites annonces se glissent dans les pages des journaux de droite, comme de gauche.

Les discordiens ne voient pas là que de simples farces ou canulars, mais bien une guérilla ontologique dont l’objectif est de propager le chaos, d’obliger le lecteur ou le spectateur à distinguer la réalité de la fiction et à envisager le monde sous un angle nouveau. Du propre aveu de Robert Anton Wilson, il devient rapidement difficile de dire où s’arrête l’opération Mindfuck et où commence la véritable paranoïa : « les révélations discordiennes semblent avoir appuyé sur un bouton magique, de nouvelles révélations sur les Illuminati apparaissent de toute part, dans des parutions d’extrême droite comme de l’ultra gauche. Beaucoup ne venant pas de chez nous, les discordiens ».

Loin d’aider les masses à s’évader de ce que Wilson qualifie de « tunnel de réalité », il semble que les Illuminati l’aient, au contraire, rejoint. Comme dans le cas de toute organisation anarchiste, il reste difficile de déterminer qui se cache derrière son « nous, les discordiens », mais malgré cet échec de l’opération Mindfuck, leur philosophie et leurs méthodes n’en ont pas moins profondément influencé la contre-culture ; leur marque caractéristique se retrouvant ainsi au fil des décennies dans les travaux de Timothy Leary et de William Burroughs, des auteurs de comics Alan Moore et Grant Morrison, dans les oeuvres de groupes tels que The KLF et Psychic TV, ou d’acteurs de la cyberculture comme R.U Sirius et Douglas Rushkoff.

Autrefois campagne de désobéissance civile, le concept se trouve dorénavant récupéré par le camp adverse, notamment par des intérêts réactionnaires. À l’ère de la post-vérité, les fausses informations prolifèrent tels des virus médiatiques. On les nomme, et vous les avez reconnus, « fake news », « mèmes ». Sa résonance, amplifiée par la vitesse de circulation des informations et leur non-vérification sur les réseaux sociaux, est à présent sans pareil. D’outil de sabotage aux mains de la résistance, elle s’est faite arme de destruction massive, souvent au service des puissants, des immobilistes, voire de certains charlatans vendeurs de remèdes miracles.

De l'aveu même de R.U. Sirius, ancien rédacteur en chef du magazine Mondo 2000, « l’opération Mindfuck a eu bien trop de succès ». Dans cette même interview, donnée en 2017 au site Medium.com, il confie (en précisant toutefois qu’il a obtenu ces informations de manière indirecte) que tous les collaborateurs proches de Vladimir Poutine ont lu Timothy Leary et connaissent leur discordianisme. Échec cuisant ou succès tonitruant pour le camp ennemi, comment réhabiliter et se réapproprier ce merveilleux et noble outil pataphysique ? Et aujourd’hui, à quoi ressemblerait une opération Mindfuck « nouvelle vague » ?



« Festival 23 » © Notwork 23



« William S. Burroughs » © Marco Klefisch

WILLIAM S. BURROUGHS « FAKE NEWS & MINDFUCK »

À la page 48 de The Revised Boy Scout Manual : An Electronic Revolution, anthologie de ses textes du tournant des années 1960 et  1970, William S. Burroughs utilisait déjà le terme de « fake news ». Il préconisait leur dissémination dans le but d’instaurer une panique générale et de précipiter la planète dans la tourmente. Le modus operandi qu’il prescrivait, comme par exemple de mixer des images de révoltes dans un pays avec celles d’une autre nation, est aujourd’hui dûment suivi et appliqué par certains pouvoirs en place. Le chaos, certes, mais plus vraiment au service de la révolution.

Interrogé quant à la réaction d’Il Hombre Invisible face à cet état de fait, Jack Sargeant, spécialiste de Burroughs et auteur d’Against Control nous répond : « Bien sûr, je ne peux que spéculer sur sa réponse mais, en me basant sur la lecture de son œuvre, je pense que son intérêt pour les questions de sémantique et de pouvoir l’aurait amené à étudier la mutation constante de l’idée de « réel », comme de celle de « factuel », au travers même de la vision binaire des choses qu’impliquent ces deux concepts.

Burroughs nous a quittés en 1997, soit deux ans avant l’introduction du terme web 2.0. Une partie de la question exige que nous nous demandions en quoi Internet a changé l’écriture, ou la nature même des idées. Étant donné l’intérêt de Burroughs pour l’idée du langage comme virus, je pense qu’il serait fasciné par le concept de mème, en tant que forme de texte ou d’image qui se transforme en arme. Il a toujours exploré les interactions entre les image, les texte et les sons, le playback, etc.

Vu l’implication de William Burroughs avec les médias et son intérêt pour les questions de contrôle et des systèmes de contrôle, il aurait développé des stratégies pour défier l’idée d’une forme dominante de manipulation médiatique. Je pense qu’il se serait concentré sur la question de savoir à qui profite le crime. Comme William Burroughs l’écrivait dans le dernier paragraphe de sa nouvelle Ah Pook Is Here, dont le principal protagoniste emploie des techniques qui se retournent invariablement contre lui : « Here lived a stupid vulgar son of a bitch who thought he could hire DEATH as a company cop.  »

INTERVIEWS



« R.U. Sirius » © Bart Nagel

R.U SIRIUS

Admettons que l’opération Mindfuck se soit avérée, de par sa nature, agressive. Qu’il se soit agi d’une arme, avant même qu’elle ait été utilisée comme telle. Tout notre bla-bla sur le « terrorisme culturel » était vraiment drôle, un jeu absolument génial, mais c’était surtout une bonne grosse masturbation collective. Nous applaudissions les tactiques de choc des uns et des autres, sans que ça nous choque pour autant. Et le reste du monde nous a tout juste remarqués.

Intrinsèque à l’opération Mindfuck, il y a cette notion d’une supériorité de la contre-culture du 20e siècle sur des masses indifférentes, qui avaient besoin d’être r/éveillées. Face à ceux de l’alt-right qui se croient « libres-penseurs », les radicaux de gauches à « fausse conscience », tout laissait présumer du niveau de conscience supérieur de notre camp, que nous allions communiquer aux autres clowns.

Je suppose que l’opération Mindfuck « nouvelle vague » devrait tâcher de se montrer plus humaine que le jeu pratiqué par la soit-disante alt-right ou les trucs qui parle aux jeunes d’aujourd’hui, naturellement ennuyés par la soupe délibérément sentimentale de la contre-culture du moment. L’épisode des Anonymous constituait une belle tentative, mais l’establishment centriste détruit et réfrène toute « résistance » de gauche, alors qu’il laisse les aliénés de droite se développer, tant et si bien qu’ils finissent par arriver au pouvoir.

Aussi longtemps que nous tenterons de ne pas choquer l’hypersensibilité des gens « bien comme il faut », ou plus vraisemblablement des censeurs culturels et sexuels autoproclamés qui parlent à leur place, nous n’aurons rien de très marrant à raconter et les excités de droite continueront à recruter parmi la jeunesse rebelle. Si le débat de saison sur la censure de la chanson Baby It’s Cold Outside n’est pas une opération de guerre psychologique délibérée pour rendre les libéraux et les artistes de gauche aussi absurdes et grotesques que les supporters de Trump, ces derniers auraient dû y penser.

Cela étant dit, je me demande si ça vaut encore la peine de dire ou de faire quoi que ce soit. Tout part en couille, droit dans les flammes, en pleine hystérie et dans l’autoritarisme.

Note biographique : Cofondateur du magazine Mondo 2000, bible de la cyberculture californienne du début des années 1990, Ken Goffman, alias RU Sirius est aussi l’auteur de Counterculture Through the Ages, le premier livre d’Histoire consacré aux modes de pensée subversifs.


John Higgs © DR

JOHN HIGGS

L’opération Mindfuck faisait figure de mal nécessaire, ancré dans son temps. Elle révélait les rouages d’un monde postmoderne alors en action, offrant l’économie du recul nécessaire. Mais les enfants du 21e siècle, la génération Z, comprennent d’instinct ses enseignements. On ne les a pas conditionnés à se contenter d’un seul point de vue. Ils questionnent automatiquement l’origine d’une information et sa raison d’être.

Je ne dis pas que l’opération Mindfuck fait partie du passé. On en perçoit encore les échos sur la toile. Mais nous sommes passés de l’ère du postmodernisme au nouvel âge méta-moderne, dans lequel l’opération Mindfuck s’avère obsolète sous sa forme originelle.

Ainsi, une opération Mindfuck moderne, méta-moderne, se devrait d’éclairer les fonctionnements du 21e siècle, comme l’originale l‘a fait avec le siècle précédent. Plus spécifiquement, elle devrait forcer les gens à reconnaître que la notion d’« individu » isolé est insuffisante pour nous comprendre nous-mêmes, pour capter notre potentiel et nous amener à réaliser que ce sont nos interactions, nos connections et nos réseaux relationnels qui font de nous ce que nous sommes.

Note biographique : John Higgs est un journaliste et un écrivain britannique. Il a publié plusieurs ouvrages sur la contre-culture et le psychédélisme, ici incarnée par les artistes et activistes Timothy Leary, Robert Anton Wilson, Alan Moore et le groupe anglais The KLF, dont l‘excellent The KLF: Chaos, Magic and the Band who Burned a Million Pounds. Son prochain livre The Future Starts Here: Adventures in the Twenty-First Century sortira en Angleterre au mois d’avril 2019.



« Douglas Rushkoff » © DR

DOUGLAS RUSHKOFF

L’opération Mindfuck comportait de nombreux objectifs. L’un d’entre eux était de maintenir les garants de la culture dans un état de confusion permanent, afin qu’ils ne sachent plus trop quoi faire de nous. Nos propos étaient si excessifs, que croire à une blague leur était plus facile que de nous prendre au sérieux.

La seule stratégie imprévisible face à un adversaire est de se comporter de façon totalement aléatoire, d’agir de manière irrationnelle, jusqu’à ce que ce même ennemi abandonne. Le problème, c’est que les « fake news » et les programmes de télévision, dont se servent Trump et ses sbires, sont très proches de l’opération Mindfuck.

À l’exception près que ce qu’ils produisent n’est en rien aléatoire. Ils utilisent, détournent et mixent des morceaux de réalité pour concevoir leurs mensonges, comme les monteurs des émissions de télé-réalité créent de fausses narrations à partir de de leurs séquences vidéo.

L’opération Mindfuck ne chercherait pas à imposer un récit logique à des sujets déjà dénués de sens. Elle chercherait au contraire à en réduire le sens, pour en souligner l’absurdité.

Je pense que nous autres, les Illuminati, contrôlons toujours le monde. Mais le monde, lui, ne coopère pas pleinement. Clairement, notre plan n’a pas encore porté ses fruits.

Note biographique : Journaliste américain, documentariste et essayiste spécialiste de la société de l'information, Douglas Rushkoff est un habitué des pages de LaSpirale.org et l'auteur d’une dizaine d’ouvrages, dont Media Virus: Hidden Agendas in Popular Culture, de Life, Inc: How the World Became A Corporation and How To Take It Back et de Present Shock: When Everything Happens Now. Son dernier livre Team Human est sorti aux USA le 22 janvier 2019.



« Aleister & Adolf » de D. Rushkoff et M. Avon Oeming © Dark Horse Originals



« Rémi Sussan » © DR

RÉMI SUSSAN

« Lorsqu'on étudie les conspirations occultes », explique Robert Anton Wilson dans son livre Cosmic Trigger, « on est finalement confronté à un carrefour aux proportions mythiques (appelée traditionnellement la Chapelle Dangereuse). Vous ne pouvez en sortir que paranoïaque ou agnostique ; il n'y a pas de troisième voie. J'en suis sorti agnostique. »

La Chapelle Dangereuse, c'est ce lieu intellectuel ou spirituel où nos conceptions habituelles de la réalité basculent, anéantissant nos préconceptions, déconditionnant notre mental et renouvelant notre perception du monde. On n'entre pas dans la Chapelle Dangereuse uniquement « en étudiant les conspirations occultes », mais à chaque fois que l'on joue avec le contenu de notre esprit : magie rituelle, drogues psychédéliques, yoga et méditation à haute dose en sont d'autres moyens très prisés (et tous pratiqués par Wilson). Mais, soyons honnêtes, les paranoïaques sont bien plus nombreux à en sortir que les agnostiques.

Qu'est-ce finalement que l’opération Mindfuck, sinon une tentative d’ingénierie de la Chapelle Dangereuse à l’échelle d'une société entière ? En utilisant médias anciens et nouveaux, canulars situationnistes, mèmes et media virus, on cherche à déstabiliser la pensée commune, à rénover les approches cognitives globales… ou pas.
Car, ici aussi, les paranoïaques sont plus nombreux que les agnostiques (au premier rang des victimes, Kerry Thornley, co-créateur de l’église discordienne et donc parrain de l’opération Mindfuck, qui sombra lui aussi dans la paranoïa). Et les choses deviennent encore plus grave lorsque les paranoïaques se mettent eux-mêmes à élaborer leur propre opération Mindfuck, comme l'a fait l’alt-right avec succès sur les réseaux sociaux, récupérant même à son profit les pratiques de la très anarchiste « chaos magick ». 

Dans les sciences de la complexité, on dit souvent qu'un embouteillage n'est pas une grosse voiture, qu'un vol d'oiseaux n'est pas un grand oiseau. Les comportements émergents d'un collectif ne peuvent être déduits de celui des individus qui le composent. Et le franchissement du seuil de la Chapelle Dangereuse par un individu ne prédit en rien celui d'un collectif. La tentation d’appliquer les mécanismes de la transformation personnelle à la société dans son ensemble aboutit fréquemment à des résultats catastrophiques. Ce qui explique sans doute, qu'au cours de l'histoire, les occultistes aient si souvent fait des choix politiques désastreux !

Peut-on malgré tout « sauver » l’opération Mindfuck ? Il me semble que c'est jouable, mais à condition d'abandonner l'idée que celle-ci puisse changer les gens à leur insu. Il faut rendre plus facile l'accession des individus à la « Chapelle Dangereuse », la démocratiser, en quelque sorte, mais faire en sorte que les individus qui y pénètrent développent en même temps des facultés critiques et une indépendance d'esprit pour leur permettre d'éviter les dangers les plus évidents. Cela me fait passer aux « jeux à réalité alternée » et notamment à l'ancêtre « contre-culturel » de ces derniers, les Incunabula Papers, une série de documents anonymes qui faisaient naviguer le lecteur dans un univers borgesien truffé d'univers parallèles et - encore - de conspirations occultes. Denny Unger, le concepteur de jeu, avait déclaré à propos des Incunabula qu'ils s'apparentaient à « une série de tests soigneusement construits pour filtrer certains types de personnalités et chercher des candidats adéquats ». 

Et Unger de conclure :

« Un schéma général des Incunabula apparaît alors. Cela rappelle les initiations des sectes, mais de manière cependant différente, puisque ce processus sélectionne un type particulier de personnalité : quelqu’un d’hédoniste, d’ouvert d’esprit, mais sceptique, doté d’une tournure d’esprit scientifique, créatif, libre-penseur, éduqué, et critique. Certainement pas l’initié typique de la secte standard. »

Il me semble que le modèle des Incunabula gagnerait à être approfondi, ainsi que le modèle du jeu à réalité alternée, malheureusement aujourd'hui surtout aux mains des publicitaires.

Comme la Chapelle Dangereuse, ce jeu s'adresse à l'individu, mais garde le côté collectif de l’opération Mindfuck par son usage des médias et son accès facile. Et surtout, il contient son propre antidote, il est construit pour développer certaines qualités et pas pour faire exploser l'esprit, en laissant le cerveau ouvert aux idées les plus dangereuses et les plus délirantes.

Note biographique : Rémi Sussan est un journaliste français, spécialiste des nouvelles technologies de l’information, mais également grand connaisseur des contre-cultures. Entre autres ouvrages, il est l’auteur des Utopies posthumaines : Contre-culture, cyberculture, culture du chaos, de Frontière grise, de Demain, les mondes virtuels et de nombreux articles sur LaSpirale.org, dont l’excellent Manuel de survie à l'usage de l'étudiant des religions du futur.



« Big Baby - Mr Blister » © Charles Burns



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Titre : IRA BENFATTO « OPERATION MINDFUCK, LA NOUVELLE VAGUE »
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« Opération Mindfuck, la nouvelle vague », un dossier d'Ira Benfatto publié dans le second numéro de Mutation. Avec des interviews de R.U. Sirius (Mondo 2000, John Higgs, Douglas Rushkoff et Rémi Sussan.

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