BEN GRAHAM « SCATOLOGICAL ALCHEMY & NOTWORK 23 »


Enregistrement : 03/05/2018

Notre monde change, accélère, se métamorphose. Chaque jour, de nouvelles connexions apparaissent et se défont. Troubadour de ce chaos contemporain, Ben Graham parsème son chemin d'ouvrages et d'évènements atypiques.

Punks psychédéliques texans dont l'impact résonne sur la planète toute entière, romans de science-fiction nomade ou nouvelles extatiques, ses livres s'attachent à relier de nombreux points nodaux et signaux faibles caractéristiques des bouleversements en cours.

Nous l'avons contacté à l'occasion de la parution de Scatological Alchemy, sa biographie « gnostique » des rien moins que mythiques Butthole Surfers. Un entretien qui résonne dans la lignée de nos récents contenus consacrés à Robert Anton Wilson, Alan Moore et John Higgs.


Propos recueillis par Laurent Courau.
Traduction française par Ira Benfatto.



Vous vous décrivez comme auteur, journaliste musical, poète, historien de la culture et performer. Outre la publication de fanzines, vous avez écrit des romans de science-fiction, un livre sur la musique psychédélique au Texas. Vous avez publié une nouvelle dans le recueil Disco Biscuits, que j’avais lu au moment de sa sortie. Et vous dirigez Notwork 23, un réseau discordien au travers duquel vous avez organisé le Festival 23 en 2016 et continuez à promouvoir des évènement et le chaos contre-culturel en Grande Bretagne. 


Qu’est-ce qui motive cette frénésie éditoriale et qu’est-ce qui vous a attiré vos la face cachée de la pop culture ?


Je crois que ça vient du fait que je me suis toujours senti marginal, que j’ai toujours cherché ma place, inlassablement. En grandissant dans une petite ville du nord de l’Angleterre dans les années 1970 et 1980, je me sentais de plus en plus étranger à la culture dominante. Durant la majorité de cette période, nous avons subi un gouvernement oppresseur de droite, sous Margaret Thatcher. Mes parents étaient clairement de gauche, très engagés politiquement. Ce qui m’a depuis tout petit donné le sentiment de faire partie de l’opposition.

La grève des mineurs qui s’est déroulée en Angleterre entre 1984 à 1985, soit exactement entre mon treizième et mon quatorzième anniversaire, a constitué une expérience formatrice pour moi. Je l’ai ressenti comme une attaque directe du gouvernement contre la classe ouvrière de mon quartier. Et ma famille était pleinement impliquée dans la lutte. Nous faisions partie des piquets de grève et des groupes de soutien. Nous étions au premier rang face aux violences et aux brutalités policières. Notre téléphone a été mis sous écoute, pendant que la police dressait des barrages entre les villages.



Photographie de Chris Steele-Perkins

Mon père éditait un petit journal socialiste local, qu’il imprimait dans notre salon sur une presse manuelle. Ma mère travaillait pour le ILP (NDLR : Publications des Travaillistes Indépendants) à Leeds. L’écriture et l’édition indépendante étaient donc déjà inscrites dans l’histoire de ma famille.

Je réalisais mes propres bandes-dessinées depuis mon plus jeune âge, pour ensuite en réaliser de petits tirages en photocopie en grandissant. Le climat politique de l’époque déteignait naturellement sur mes comics. À l’âge de treize ans, j’ai réalisé un fascicule intitulé Manic Miner, dont j’ai versé l’intégralité des recettes pour nourrir les familles de mineurs en grève. Naturellement, ça m’a mené à la publication de fanzines à la fin de mon adolescence. Et je continue toujours à créer et publier ma propre collection de poésie.
 
Mais bien avant ça, déjà tout petit, je collectionnais les bande-dessinées. J’adorais la science-fiction et le fantastique. Et si vous combinez ça à une inclinaison naturelle pour les choses subversives, contre-culturelles et bizarres, alors vous comprendrez le cheminement qui m’a mené vers là où j’en suis aujourd’hui. Je me trouvais au bon endroit et au bon moment pour lire les premières œuvres d’Alan Moore, dès leur sortie. Je lisais V pour Vendetta dans Warrior à l’âge de onze ans. Alan Moore a exercé une influence importante sur moi. Je m’intéressais à des jeux de rôle comme Donjons et Dragons, qui m’ont amené à découvrir des auteurs tels que Michael Moorcock et HP Lovecraft.

Je m’intéressais à la magie, aux extra-terrestres et au paranormal, en menant mes propres explorations. De nouveau, je crois que c’est né de mon sentiment enfantin d’exclusion au sein d’une petite ville et de la nécessité de créer mes propres distractions, ou plus important encore, ma propre philosophie. Je me sentais aussi très différent sexuellement et ne pouvais pas m’inscrire dans les stéréotypes de genre communément établis. Donc encore, en grandissant je me suis dirigé vers des artistes à la sexualité non-conventionnelle, de Derek Jarman à David Bowie.

La musique était très importante, avec les subcultures qui en découlaient. La presse musicale britannique du milieu des années 1980 se montrait très politisée et on avait encore la sensation qu’il existait une contre-culture. C’est devenu très confus lors de la transition du punk à l’acid house. Nos repères moraux étaient toujours réglés sur le punk, mais les fantômes de la culture psychédélique hippy, morte à peu près quand nous sommes nés, commençaient à nous hanter. En même temps une culture underground hippy a toujours existé.

Adolescent, j’étais gothique, je mixais le punk avec le psychédélisme sous un jour sombre qui convenait bien à l’époque et à l’endroit où je vivais. Les écrivains de la Beat Generation, Kerouac, Ginsberg et Burroughs étaient très importants pour moi. Ils m’ont fourni un cadre pour passer à l’âge adulte, qui n’impliquait pas de renoncer ou de me vendre. Je voulais savoir à quoi ressemblait la vraie vie et ces auteurs m’ont servi de guides. Après, il y a eu la drogue, le LSD, les émeutes contre la poll tax, les festivals gratuits, les raves, voir de quelle manière le système écrase ceux qui en rentrent pas dans ses rangs, déménager à Brighton à la fin des années 1990. Toutes ces choses ont participé à mon éducation.

J’ai toujours voulu être écrivain. Pendant un moment, je collaborais avec des groupes en temps que parolier, musicien et chanteur. C’est ce qui m’a mené à l’écriture et la poésie, en bref c’est ce qu’il me restait après la séparation des groupes. Je suis devenu journaliste dans la presse musicale presque par accident, parce que c’était le moyen le plus facile de me faire publier. En même temps, j’ai grandi en lisant des auteurs qui utilisaient le journalisme musical comme vecteur, pour parler plus que de musique, comme Lester Bangs ou Jon Savage. Et c’est ce vers quoi j’ai voulu me diriger.

J’ai eu la chance de collaborer avec le site Quietus, qui encourage ce style d’écriture. Je me sens toujours attiré vers tout ce qui m’apparaît drôle et intéressant. J’apprends sans arrêt, j’établi des liens, des connexions. C’est ce sur quoi je veux écrire, ce que je veux documenter, déchiffrer. J’aime retracer tous ces courants souterrains, invisibles. J’ai poursuivi mes recherches et fini par trouver la scène que j’avais toujours recherchée au travers de ma rencontre de la contre-culture néo-discordienne, avec les fous et les marginaux d’Eris.

Comme je le mentionnais plus haut, vous avez participé au recueil de nouvelles Disco Biscuits. Avec le recul, que pensez-vous cette période et de la « génération ecstasy » des années 1990 ? Éprouvez-vous de la nostalgie ?

Je n’ai jamais eu le sentiment de faire partie de la « génération ecstasy », bien que j’en ai moi-même pas mal consommé ! J’étais assez jeune lorsque j’ai vendu ce texte à l’anthologie Disco Biscuits et j’étais le seul auteur non-publié à y avoir participé. C’était même la première nouvelle que j’ai jamais envoyé à un éditeur. Tous les autres étaient à la fois plus âgés et plus expérimentés. Leurs carrières étaient déjà bien lancées, ils semblaient tous se connaitre, et bénéficier de connections dans le monde de l’édition. Moi, j’étais juste ce gamin timide, tout juste débarqué de sa province et qui écrivait sur ses propres expériences.

Concernant cette époque, la meilleure chose fut le succès du roman Trainspotting d’Irvine Welsh et la courte brèche qu’il a ouvert aux auteurs issus de la classe ouvrière, branchés sur une écriture aventureuse et expérimentale. Ça a attiré l’attention sur eux, puis d’être publiés par les grandes maisons d’édition et d’intéresser la presse généraliste. Bien sûr, ils ont publié plein de merdes, mais vous aviez dans le tas de superbes plumes expérimentales, comme celles de Jeff Noon et Steve Aylett. Tous deux également dans Disco Biscuits. Le temps que je me trouve et que je sache un peu ce que je voulais faire, cette fenêtre s’était refermée. Mes romans We Are The Bad Rabbits And We Shall Overcome and Nowhere To Go ont tous deux été écrits à cette période. Mais j’ai fini par les publier moi-même, quelques années plus tard.

Je ne me sens pas du tout nostalgique. J’ai eu d’excellents moments, mais les années 1990 étaient une décennie assez chaotique à vrai dire, à la fois d’un point de vue personnel, comme au sens le plus large. De toute façon, je préfère me tourner vers l’avenir que le passé.


 
Comment en êtes-vous venu à vous intéresser au discordianisme ? Qu’est-ce qui vous a attiré dans cet étrange bouillon de culture, d’idées et de concepts ?

Pour commencer, j’étais un fan de KLF. À vrai dire, j’étais fan dès leur première incarnation sous le nom de « Justified Ancients of Mu Mu (JAMs) ». Et bien sûr, ils étaient eux-mêmes très influencés par le discordianisme et en assuraient la promotion. J’adorais les concepts, l’imagerie et ce fatras de sampling insolent. Comme le punk, ça prouvait que n’importe qui pouvait le faire, ça vous donnait même envie de vous y mettre.

Quelques années plus tard,  j’ai fini par lire la trilogie Illuminatus de Robert Anton Wilson. À l’époque, de nombreuses idées du discordianisme, comme la signification du nombre 23, se promenaient déjà sur les marges les plus folles de la culture rave, notamment grâce à Psychic TV ou à Spiral Tribe. Je m’en suis donc facilement imprégné. Comme pour beaucoup de gens, le sujet est revenu à la surface quatre ou cinq ans en arrière, lorsque John Higgs a publié son livre sur le KLF. Ouvrage lui-même tourné sur leurs sources d’inspiration et donc sur Robert Anton Wilson au travers de travers Ken Campbell, ou encore sur leur connexion avec des gens comme Alan Moore, que je mentionnais plus haut. Et enfin, lorsque Daisy Eris Campbell, la fille de Ken Campbell, a décidé d’adapter au théâtre le Cosmic Trigger de Robert Anton Wilson, d’abord à Liverpool, puis à Londres.

À la même époque, j’ai rencontré un groupe de gens qui mélangeaient musique et scène poétique expérimentale sur Brighton, dont certains s’identifiaient comme discordiens et magiciens, ou « mages de l’absurde » comme ils le diraient eux-mêmes. Brighton constitue une sorte de sanctuaire pour la contre-culture en Grande-Bretagne, où les gens qui ne trouvent pas leur place ailleurs semblent toujours finir par arriver. Daisy et John vivent à Brighton, eux aussi. Ces amis organisent des discussions dans des bistrots de quartier (vous pouvez les trouver sur YouTube) et je me suis tout de suite retrouvé dans leur délire. Et plus tard dans l’année, Cosmic Trigger m’a vraiment retourné au théâtre. Ce groupe d’amis est essentiel, il est aujourd’hui connu sous le nom de Hove Space Program. Ils sont queer, discordiens, politisés, psychédéliques, poètes, magiciens, musiciens, DJs, artistes, organisateurs de soirées, etc. Et je suis absolument fou de chacun d’entre eux.

Nous nous sommes ensuite liés à un groupe tout aussi génial de Sheffield, qui lançait son propre festival discordien. En unissant nos efforts, c’est devenu le Festival 23 ! Une vraie aventure, avec initiations magiques, mythologies, des jeux compliqués qui réunissent des gens de tout le pays, et qui ne cessent de se développer. La dernière grande farce a été quand Bill Drummond et Jimmy Cauty sont revenus sous la forme des JAMs, pour la publication de leur roman 2023, qu’ils ont lancé avec un happening discordien et situationniste de trois jours à Liverpool au mois d’août dernier, intitulé Welcome to the Dark Ages. Nous étions tous présents et très actifs. Les 400 personnes qui avaient obtenu des tickets se font depuis appeler « les 400 » et grandissent dans les rangs disparates de cette tribu, tous très créatifs, publiant des livres et produisant des disques.



En effet, le Festival 23 avait l’air très marrant. Pourriez-vous nous en dire un peu plus sur son déroulement ? Est-ce qu’il y aura une autre édition ? Et où pourrais-je me procurer un t-shirt avec votre excellent logo ?

C’était vraiment drôle et ce fut le premier festival de contre-culture discordien, étalé sur trois jours en Grande-Bretagne. J’ai fait partie des huit acteurs originels qui ont tout organisé à partir de rien, sans aucun soutien ou support. Cinq cents personnes sont venues, ont campé, ont fait la fête et vu leur esprit retourné. Nous avons réuni des ravers, des enfants de la nuit et des magiciens du chaos, des penseurs futuristes, des poètes et des groupes de musique, des artistes de performance et de théâtre. Nous avons eu un rituel du feu et sacrifié de l’argent lors du concert en tête d’affiche, le samedi soir.

Comme attraction principale, nous proposions l’installation Aftermath Dislocation Principle de Jimmy Cauty, une maquette de « village dystopique » proposée dans un container, avec à ses côtés une marionnette géante de William Burroughs dotée son propre parloir de cut-up et une véritable incarnation de la Chapel Perilous de Robert Anton Wilson. Nous avons réalisé un film exclusif avec Alan Moore, que nous diffusions dans la tente cinéma. John Higgs, Daisy Campbell, DJs Greg Wilson et Richard Norris, des groupes tels que Knifeworld, AOS3 et Super Weird Substance ont tous participé. Il y avait des ateliers de magie sexuelle tantrique sur le bord du champ et des absurdités comme un défilé de mode d’animaux totem de l’autre côté. Tout le monde se mélangeait et nous sommes tous repartis plein d’inspiration et d’énergie.

Nous espérions refaire un festival 23, cette année, mais n’avons pas trouvé de site adéquat. Nous avons toujours l’espoir d’y arriver pour l’année prochaine. Cette année, nous organisons un événement en intérieur de 14 heures à Sheffield, appelé Catch 23. Il aura lieu le 7 juillet et les tickets sont déjà en vente. Je ne peux pas encore dévoiler l’intégralité du line-up, mais peux vous dire que ce sera le même mélange de concerts, mixes, théâtre, conférences, magie, art, ateliers, etc. qui refléteront cette nouvelle énergie dans notre orbite née du premier festival 23 en 2016.

Les T-shirts Festival 23 sont toujours disponibles et nous espérons en produire de nouveaux pour Catch 23.

Puisque vous avez écrit deux livres consacrés à des groupes de musique texans, qu’est-ce qu’il y a de si spécial dans cet État du sud des États-Unis ? Comment expliquez-vous la bizarrerie, notamment musicale, du Texas ?

J’aimerais vous fournir une explication claire, mais je crois que ça tient à des valeurs typiquement texannes, comme l’indépendance et l’esprit des frontières. Ce que l’on retrouve chez ces artistes bohèmes qui veulent avancer comme ils l’entendent et explorer ainsi les limites de leur art et de leur esprit. Bien sûr, la face sombre reste le Texas conservateur et autoritaire, mais il peut nourrir en son sein une contre-culture plutôt sauvage et décalée.

C’est peut-être la raison pour laquelle les groupes texans des années 1960 étaient déjà plus extrêmes et violents que leurs homologues californiens, autrement décontractés. Ou l’apparition d’une scène punk aussi précoce et vivante, au Texas. Il y a aussi cette fierté des Texans à aller vers l’extrême et à être plus large que nature en général. Bien sur, il y a aussi le peyotl qui pousse naturellement dans leur désert, ainsi que de la bonne herbe venue du Mexique. Les grands espaces ouvrent l’esprit en général. Si vous vous y appliquez sérieusement , vous pouvez devenir sérieusement bizarre au Texas.



Qu’est-ce qui vous a motivé pour écrire un livre sur les grandioses Butthole Surfers ? Avez-vous bénéficié d’informations exclusives sur Gibby Haynes et sa bande de cinglés ?
 
Je suis fan des Butthole Surfers depuis que j’ai entendu leur morceau 22 going on 23, tiré de l’album Locust Abortion Tecnnician dans l’émission radio de John Peel sur la BBC, à la fin des années 1980. À l’origine, mon livre Gathering Of Promises devait couvrir la scène musicale texane des années 1960 à nos jours. Bien sûr, cela comprenait les Butthole Surfers. J’ai donc foncé quand l’opportunité d’interviewer leur guitariste Paul Leary s’est présentée, et fini par écrire 30 000 mots sur les Butthole Surfers avant de décider de me concentrer sur les années 60 uniquement, plus spécifiquement sur la scène d’Austin autour du groupe 13th Floor Elevators. Après sa publication en 2015, il me restait de la matière pour un livre sur les Buttholes. Un éditeur indépendant local, Eleusinian Press, a manifesté son intérêt. Ils sont spécialisés sur la scène musicale expérimentale, et une approche radicale de la « santé » mentale. Ça me semblait constituer un accord parfait.

Je ne crois pas avoir bénéficié d’un accès exclusif. J’ai juste fait plein de recherches, retrouvé des gens et posé des questions. C’est une super histoire qui méritait d’être racontée. Ce qui en est ressorti le plus clairement pour moi est le dévouement des Butthole Surfers à leur vision. Ils ont tout sacrifié à la survie de leur groupe, leurs santés mentales et physiques incluses. Ils se sont coupés de la société et ont juste foncé.



Vous avez écrit plusieurs romans nomades, qui se déroulent sur la route, comme Nowhere to Go et Amorphous Albion. Est-ce que vous vous considérez comme nomade ou bohémien ? Quelle est la place du voyage ou pour le dire autrement de l’ « incertitude » dans votre vie ? Ce qui me semble très discordien, pour le coup…

Je me considère plutôt comme bohémien, dans le sens où je suis non-conformiste et où je m’inscris dans un mode de vie alternatif. Et je suppose que j’ai ce sentiment de ne pas appartenir à quoi que ce soit. Mais physiquement, je ne voyage pas beaucoup, bien que j’apprécie. J’aimerais voyager plus, mais mon mode de vie bohémien ne me laisse pas beaucoup de temps ou d’argent pour ce faire. L’incertitude est essentiel pour moi cependant.
   
Je suis un grand adepte de ce que j’appellerais le « chaos positif ». Chez moi, ça peut se traduire simplement par le fait d’aller quelque part sans vraiment avoir de plan préalable et voir ce qu’il se passe, ce qui va en découler. Dans un sens plus large et peut-être politique, cela signifie embrasser la diversité et la multiplicité des discours et des choix de vie émergents, d’adopter les nouvelles voies sociales et technologiques. Beaucoup de gens se sentent menacés par le changement et la complexité, mais vous devez continuer à voyager vers le futur. Que vous l’aimiez ou non, c’est vers là que nous allons.

Pour conclure, une question traditionnelle sur La Spirale. Comment voyez-vous le futur ? À al fois d’un point de vue personnel et global ?

Je suppose que je suis un anarchiste utopiste et bien que je pourrais me montrer très pessimiste sur la direction que nous prenons, je trouve plus utile de parler du futur tel que j’aimerais le voir. Il est admis que nous traversons une période de troubles prolongés, à présent. Mais je pense que l’humanité a besoin d’évoluer d’urgence, si elle veut survivre, et que nous assistons à l’agonie de l’ordre ancien.

Ils ne peuvent pas gagner, puisqu’ils essayent de retenir la marche des choses. Et le changement est inévitable.

Ils sont contre les idées nouvelles, ce qui les fait stagner et va les contraindre à disparaître. De nouveaux paradigmes, de nouvelles façons de vivre et de penser l’univers sont en train d’émerger et de prendre le dessus. Je crois que nous allons transcender toutes les frontières, qu’elles soient géographiques, de genre, de religion ou de race. Peut-être que c’est une étape nécessaire avant notre contact avec les extra-terrestres, je ne sais pas. En tout cas, c’est une bonne chose.

Je pense que le futur sera plus féminin, mais aussi que nous arrêterons de penser selon des termes restrictifs de genre binaire. Je crois que nous nous devons d’abandonner toutes les religions, en reconnaissant le tronc commun de vérité qui les unit.

En gros, tout le monde doit connaître l’illumination, pas seulement une certaine élite imaginaire. Et nous devons maîtriser l’énorme potentiel technologique qui nous permettra de réparer les dommages que nous avons faits à notre planète, et/ou de la laisser se régénérer sans nous.

Nous devons arrêter de nous battre entre nous, ce qui équivaut juste à de l’automutilation. Et travailler ensemble à un but commun, rien moins que d’établir la communalité du paradis sur terre. Si nous arrivons à cela dans les vingt ou trente prochaines années, je serai raisonnablement heureux.




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Titre : BEN GRAHAM « SCATOLOGICAL ALCHEMY & NOTWORK 23 »
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