FLORIAN DOUCET « OZFERTI & ADDIS ABOUMBAP »


Enregistrement : 11/10/2018

En 2000, à l’aube du nouveau millénaire, le président sud-africain Thabo Mbeki affirmait que « le 21e siècle serait celui de l’Afrique ». Si d'aucuns qualifieraient cette prédiction d'optimiste, au regard des défis qui pavent la voie du continent vers son avenir, celui-ci ne s’en trouve pas moins riche de promesses et de créativité. Ce que nous annonce, depuis plusieurs décennies, l’afro-futurisme, un courant littéraire et artistique, porté par le jazz, la musique funk et le hip hop, à l'intersection des cultures africaine et afro-américaine avec les visions prospectives de la science-fiction, sur fond de mystiques animistes et d’explosion démographique.

Originaire de Bretagne, une autre terre de légendes, Florian Doucet a choisi Bruxelles, soit le berceau du surréalisme, pour lancer ses machines créatives à l’assaut du nouveau millénaire et envisager d'autres futurs possibles, sous les influences conjuguées de Blade Runner, de l'éthio-jazz, d'Alexandro Jodorowsky et de Sun-Ra. Une bien jolie manière d'exorciser le climat anxiogène ambiant et de pratiquer l'art de la fugue, en proposant d'autres vibrations et d'autres dynamiques, là où tant de nos contemporains choisissent de se replier sur eux-mêmes, par peur d'affronter les formes de réalité délétère promulguées par leurs écrans.

Embarquement immédiat vers le sable brûlant d'Addis Aboumbap et les mélopées de la Nubia Nova, aux côtés de Florian Doucet, alias Ozferti - l'homme-orchestre masqué.


Propos recueillis par Laurent Courau, photographies de Snappp et de Stokk Studio, illustrations et créations audiovisuelles par Dizrupt LAB.




Originaire de Bretagne et dorénavant résident de Bruxelles, qu’est-ce qui t’a amené à chercher du côté de l’Afrique ? Et notamment de l’Afrique de l’Est ?

Les voyages et l'envie d'ailleurs ont toujours été ancrés en moi, depuis l'enfance. La Bretagne est une région tournée vers l'océan atlantique, Bruxelles est un carrefour européen. J'ai eu la chance de voyager très tôt avec mes parents qui sont tous les deux professeurs, donc on profitait des vacances scolaires pour partir ensemble. Mon intérêt pour le continent africain, et particulièrement les zones arides, ce sont les premiers voyages en Tunisie et au Maroc. Le désert me fascine, ainsi que les différents peuples qui y vivent. Les dunes me rappellent sans doute les vagues qui se brisent sur les rochers de granit.


Et puis, après mon départ de Rennes, j'ai pas mal bougé sur le globe avec les groupes dans lesquels je jouais. Que ce soient dans des formations afrobeat, funk ou latino, mes rencontres musicales et artistiques m'ont permis d'écouter et d'échanger. Bien qu'ayant un bagage assez rock, très vite, je me suis tourné vers les syncopes de Fela Kuti, le highlife ghanéen d'Ebo Taylor, les chants et les orchestrations égyptiennes d'Oum Kalsoum. Et au delà de la musique, tout le folklore et la symbolique qui l'habite. Je ne suis pas anthropologue dans l'âme, mais situer la musique africaine dans son contexte me semble primordial quand tu la découvres.


L'Afrique de l’Est, par contre, c'est venu sur le tard, il y trois ou quatre ans. Je m'y suis plongé quand j'ai commencé mon dernier projet solo. Je remixais à l'époque des anciens classiques d’éthio-jazz, de Mulatu Astatke ou bien Mahmoud Ahmed. Je dévorais les compilations Éthiopiques du label Buda Musique. Et en creusant un peu plus loin, je me suis imprégné de la culture éthiopienne, mais aussi de l’Érythrée et, depuis peu, du Soudan.


L’Éthiopie, de mon point de vue, c'est la « planète Mars ». Une musique très différente du reste du continent, à mi-chemin entre les rythmes et les mélodies arabes, indiennes et africaines. C'est aussi un de plus vaste pays d'Afrique et un empire qui n'a jamais vraiment été colonisé. Des tribus comme les Mursis ou les Afars, avec des rites étranges. Il y a donc une espèce de mystère autour de ce territoire et une forte identité qui s'en dégage. Tout ce qu'il fallait pour attiser ma curiosité d'illustrateur et de musicien.


Je crois que ce qui me rapproche aussi de l'Afrique, c'est le rapport à la terre. Je pourrais comparer ça avec la charge émotionnelle que j'ai quand je rentre en Bretagne. Ca me touche énormément.




Outre le caractère traditionnel, notamment les masques rituels et l’héritage musical africain dans ses nombreuses ses ramifications, tu t’intéresses aux aspects les plus futuristes du continent. Comment en es-tu venu à te connecter sur l’afro-futurisme ?

Tu as déjà affaire à un gros fan de science-fiction (héhé). J'ai en bouffé depuis l'adolescence. Que ce soit du space opera, des trucs plus dark comme Alien, Blade Runner ou les épopées mystiques comme Dune. J'ai aussi dévoré les gros classiques de la période Blacksploitation comme Coffee, Black Caesars, Shaft, Sweet Sweetback's Baadasssss Song.


Mais pour en revenir à l’afro-futurisme, je cherchais depuis longtemps, en tant que musicien et illustrateur, à combiner ma passion pour l'électronique et des références afros. Là aussi, en cherchant l'inspiration, tu te rends compte que la science-fiction africaine est déjà là depuis plusieurs décennies.


Bien que le mouvement soit né aux États-Unis avec les mythes extra-terrestres de Sun-Ra, les délires psychés de Funkadelic et de Parliament, ou bien par la littérature afro-américaine, il est repris depuis une dizaine d'années par des artistes et producteurs du continent africain. Là aussi, je m'y retrouve totalement, l'univers est tellement riche en possibilités que tu peux t'y perdre avec plaisir. Dernièrement, le film Black Panther, bien que très mainstream dans l'approche, a déclenché un regain d'intérêt pour la chose, et c'est tant mieux.




Quels sont les artistes, les réalisateurs et les musiciens qui ont inspiré les mélanges, les associations si particulières de tes créations graphiques et musicales ?

La liste est longue et pas forcément axée sur l'Afrique.


En tous cas, côté concept et narration, je crois qu'Alexandro Jodorowsky arrive en tête. Ce mec est génial. Je ne sais pas si tu as vu le documentaire sur Dune, qu'il avait essayé de monter avant David Lynch ? Une claque. Que ce soit ses réalisations pour le cinéma comme El Topo, La Montagne sacrée ou dernièrement Poesia Sin Fin. Ou ses scénarios de bande-dessinée pour L'Incal, La caste des Méta-Barons, on a l'impression que ce gars est une « galaxie » d'idées à lui tout seul. Passionné, fou, visionnaire.


Côté graphique, il y a Nicolas de Crécy et son travail pour Le Bibendum céleste ou Foligatto. Qu'est-ce que ça m'a marqué ces bouquins ! J'adore aussi le dessinateur Shaun Tao, qui a sorti il y a quelques années le magnifique Là où vont nos pères. Un roman graphique sans dialogues, qui parle de l'exil dans une fresque mélangeant rétro-futurisme, fantaisie et une certaine nostalgie. Un gros tour de force, tant sur le plan technique que narratif. J'aime beaucoup le trait d'un jeune dessinateur qui s'appelle Antoine Ozanam qui a réalisé Temudjin dernièrement, une bande-dessinée en deux tomes inspirée de l'histoire de Gengis Khan. Et puis bien évidemment Hugo Pratt, le maître. Là dernièrement, je suis allé à l'exposition Corto Maltese au Musée des Confluences lors d'un passage à Lyon et tout m'est revenu dans la tronche. Ce gars avait déjà tout compris. Mélanger le rêve éveillé, le fait historique, l'amour, la guerre. Quel génie d'avoir crée un personnage intemporel comme Corto.


Côté musique, pour ce qui est de l'électronique, je suis issu de la génération IDM. La période Luke Vibert, Aphex Twin, Amon Tobin ou Squarepusher. C'était mon entrée dans le monde électro. Des gros explorateurs du son, n'hésitant pas à mélanger les influences. Là depuis quelques années, mes oreilles se tournent vers des producteurs de nouvelles musiques afros. Il y a Clap ! Clap ! et pas mal d'artistes du catalogue anglais Black Acre, Dj Khalab chez On The Corner records. Et puis les potes comme Enkephalin, Gan Gah, Ibaaku, Gato Preto, Onipa, Ammar 808, le rappeur ARM qui, tous à leur niveau, propose une vision très personnelle musicalement parlant, et m'inspirent énormément dans mon boulot.

Après les références plus classiques comme Fela Kuti pour son militantisme politique et musical, Mulatu Astatke pour ses orchestrations éthio-jazz grandioses. Je bouffe pas mal de musique donc c'est hyper dur de faire un choix côté influences. Là dernièrement, j'ai découvert une grande chanteuse éthiopienne Selmanesh Zemene qui a tourné en Europe avec le groupe éthio-jazz breton Adume's Band. Une vraie diva. Et puis tous les chanteurs obscurs du Soudan que j'écoute en ce moment, les arrangements sont assez dingues.




Je crois me souvenir que tu as eu l’occasion de jouer en Afrique, notamment au Bénin. Qu’est-ce que tu as ressenti lors de ton passage dans le berceau du vaudou ? Qu’est-ce que ça fait de jouer sur les terres de l'Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou ?

Oui, si je me rappelle bien c'était vers 2011-2012. A l'époque je tournais pas mal avec un groupe colombien La Chiva Gantiva (groupe de fusion cumbia rock), on était sur Crammed Discs records. Je ne me rappelle plus comment ça s'est organisé, mais je crois que le leader du projet avait rencontré un ancien consul de Belgique qui avait ouvert des chambres d'hôtes et un club à Cotonou. On a été invité une bonne semaine. C'était dingue, on jouait quasiment tous les soirs en plein centre-ville. Une superbe expérience. L'hôtel se trouvait a côté d'une mangrove à 30 minutes de route. On faisait des allers-retours sur des débuts d'autoroute aménagées par des entreprises chinoises. Je me souviens d'avoir vu un ouvrier chinois en boubou africain qui faisait la circulation à la sortie d'un chantier, dans un énorme bordel de camions, motos taxis et de bagnoles cabossées. J'étais mort de rire.

Et puis entre les concerts, on découvrait le pays. On a été invité à une cérémonie de « fantômes », sorte d'anciens protecteurs. Je pense que ça regroupait plusieurs villages. On est arrivé en gros pick-up, au milieu d'une foule en transe. Les gens jouaient des rythmes hyper rapides sur des cloches, par groupe de dix ou vingt. On m'a expliqué qu'ils montraient leurs pouvoirs par la musique. Au milieu de la place, un arbre gigantesque. Et tout autour, des fétus de paille qui tournaient sur eux-mêmes, je pense qu'ils s'agissaient des fantômes. Des coqs qui disparaissaient de leurs cages, des « maîtres de la chicotte » (pères fouettards) frappaient à coup de bâtons les villageois qui défiaient d'un peu trop près les esprits protecteurs. Un gros bordel. Ca va tellement vite que tu ne piges absolument rien sur le moment. Mais j'ai adoré.

On a visité aussi quelques temples vaudous, dont celui du Serpent. Là aussi des anecdotes assez folles de notre guide, sur les différentes écoles et les conflits entre initiés. Il arrive en effet que des gens disparaissent lors de cérémonies d'une école qui n'est pas la leur. Mauvais endroit, mauvais moment. J'ai fini la semaine à bourlinguer en moto avec un gars qui voulait m'aider à trouver de la wax (tissu) pour que je me fasse un ensemble. On a traversé le marché vaudou pour arriver dans la partie plus populaire de la ville. Rendez-vous chez une vieille femme qui m'a vendu une belle pièce de tissu. Je me suis cramé la jambe au passage sur le pot d'échappement. Ouais, ça a été assez fou ce séjour.



Parmi tes différents projets et incantations, il y Ozferti. Un personnage de fiction, masqué et originaire de la planète Nubia Nova. Qu’est-ce qui a motivé sa naissance ? Et te jouer derrière cette autre identité ?

La création d'Ozferti date de 2016, c'est assez récent en fait. Je venais de finir un EP Addis Aboumbap, une série de remixes d'éthio-jazz. Je bossais sur la partie visuelle et je n'avais pas envie de présenter le projet de façon classique pour ce qui était de l'aspect scénique. J'avais déjà le nom Ozferti, lui aussi inventé, et ça sonnait comme une sorte de divinité ou d'esprit. Et puis au fur et à mesure des lives et surtout de mes recherches graphiques, j'ai décidé de jouer masqué, une façon à moi de m'approprier encore plus le personnage.

Il faut savoir que j'ai une collection de masques, un peu dispersée entre mon appartement bruxellois et la maison de mes parents en Bretagne. Je pense que ça a aussi pas mal joué dans mon envie de créer cet espèce d'explorateur, mi-sorcier mi-esprit. Au delà du masque, de l'objet graphique, ce qui m'intéresse aussi c'est le contexte. Il fallait donc inscrire Ozferti dans un univers. C'est un peu un délire d'ethnologue à la J.R.R. Tolkien. Quand j'étais gosse d'ailleurs, j'avais des carnets de croquis remplis de personnages que j'imaginais, avec des annotations liées à leur histoire. Je pense que l'idée était là depuis un bout de temps, il fallait juste le bon moment pour que je mette en place le projet. Et donc est née l'idée de cette planète : Nubia Nova.

C'est un peu comme mon terrain de jeu. C'est ça qui est génial et excitant quand tu crées un univers, tu as une page blanche en face de toi et les possibilités sont infinies. Là pour le moment, je n'en suis qu'au début de l'histoire. La carte se dessine petit à petit, avec ses régions, ses peuples, ses capitales, ses conflits, ses religions, etc.

Sur scène le fait de jouer masqué impose pas mal de contraintes. Tu ne peux pas jouer avec tes expressions faciales, les émotions que tu transmets au public se passent par l'ambiance générale de tes concerts. J'ai fait beaucoup de scène avec de grosses formations, et il y avait toujours un jeu de scène qui passait par les gimmicks. Là, c'est différent, plus introspectif sans doute. J'ai juste envie que l'on voyage ensemble. Et puis c'est toujours excitant de se mettre dans la peau d'un personnage et de sortir du simple rôle de musicien de scène.




Plutôt que d’avancer et de progresser, nos sociétés semblent toujours plus tiraillées par des pulsions identitaires venus de tous bords : tous contre tous, extrême-gauche contre extrême-droite, transgenres contre cisgenres, opposants aux mariages pour tous contre féministes radicales, etc. Ta démarche semble aller à l’encontre de cette volonté de conflit généralisée par le mélange d’influences qui l’habite, mais aussi la vibration apaisante et progressiste qui s’en dégage. Est-ce qu’il s’agit d’une démarche consciente, volontaire de ta part ?

Je ne sais pas si c'est conscient de ma part car les idées viennent d'elles mêmes. Mais il est certain que cet ultra-communautarisme actuel m'emmerde énormément. Je ne me suis jamais identifié à un groupe, ça me met mal à l'aise. Même si je viens d'une région à forte identité culturelle, les voyages et l'expérience m'ont appris peut être à être plus ouvert que la moyenne, je ne sais pas. Je me vois mal exhiber mon identité bretonne comme un espèce d'uniforme, mais plus comme un livre ouvert.


Actuellement je trouve qu'on lit et écrit beaucoup sur le sujet d'identité, qu'on crie dans des bulles télévisuelles mais qu'on fait de moins en moins de travail de terrain. On a jamais été aussi bien connectés technologiquement et en même temps aussi fermés humainement. Un peu schizo comme situation. Je ne me suis jamais senti à l'aise en tout cas avec ce genre de débat. Je préfère continuer à explorer notre monde. C'est justement sa multiplicité de point de vues, de concepts qui en fait quelque chose de fascinant.



Tu as quitté la France pour étudier à Bruxelles, où tu résides toujours. Pourquoi ce choix ? Et que t’apporte la Belgique, vis-à-vis de la France ?

Après mes études à Rennes et un bac L Arts Plastiques en poche, il fallait bouger. J'en avait envie. J'avais déjà de la famille qui résidait sur Bruxelles donc le choix à été vite fait. Et puis après mes études aux Beaux-Arts de Bruxelles, j'ai enchainé assez vite les projets musicaux, les boulots, les tournées, donc le temps à filé. Bruxelles est aussi une ville très cosmopolite et c'est aussi assez facile de voyager sur l'Allemagne, l'Angleterre, la France, c'est un gros carrefour. Les rencontres se sont faites très facilement et culturellement parlant, ça bouillonne.

Comparé à la France, la Belgique est peut être plus ouverte sur certains débats de société. On a absolument pas fait un scandale du mariage homosexuel ici, par exemple. Il y a une certaine tranquillité d'esprit dans l'ensemble. Après, tout n'est pas parfait, mais ça tu le découvres quand tu y vis depuis plus de quinze ans. Question accessibilité, Bruxelles, c'est certainement moins cloisonné que Paris. Les expérimentations artistiques existent encore ici, même si la ville a changé. On a de façon générale un retour de la vieille droite qui frôle avec les extrêmes en Europe. La Belgique n'y a pas échappé malheureusement. C'est peut-être une des raisons qui font que je ne bougerai certainement du plat pays d'ici quelques temps. Il y a une certaine tension depuis l'arrivée de la NVA au pouvoir en Belgique, un parti flamand assez nauséabond qui surfe sur la division entre communautés, classes sociales. Ça ne ressemble pas à ce que j'ai connu quand je suis arrivé ici il y plus de dix ans.

Mais je dois beaucoup de choses à Bruxelles, c'est la « Grande Soeur ». La Belgitude m'a bercé pendant des années.

Question traditionnelle sur La Spirale. Comment envisages-tu l’avenir, à la fois d’un point de vue personnel et global ? De ton point de vue, quelles sont les priorités dans la période de crise que nous traversons ?

L'avenir d'un point de vue personnel, c'est de continuer d'avoir les idées et l'énergie pour les mettre en place. Là, je prépare un dossier pour récolter des fonds et partir en Éthiopie. Le but serait d'enregistrer avec les musiciens et chanteurs locaux, mais aussi de filmer et de dessiner sur place. J'espère en revenir avec un album combiné avec pas mal de matériel vidéo et pourquoi pas présenter un projet de tournée avec les musiciens éthiopiens rencontrés. J'aimerais aussi visiter l’Érythrée, le Soudan et la Somalie dans le futur, j'ai vraiment le sentiment que quelque chose m'appelle là bas. Il y aussi les clips animés en gestation que je prépare, un prochain EP pour janvier, des collaborations à venir, le planning se remplit petit à petit.

Côté global par contre, ça va à l'encontre de mon univers Ozferti. C'est une vision hyper sombre. J'avoue que cette crise climatique me fout vraiment les jetons. Sans parler de la crise systémique à venir. Je crois que tout ce qui ne porte pas aujourd'hui sur l'écologie est obsolète, surtout dans les programmes politiques et dans les priorités citoyennes. Nous sommes encore au stade du constat et des polémiques stériles, alors qu'il y a urgence. Venant d'une superbe région et ayant un frangin très investi dans le domaine biologique, cette problématique me touche énormément. J'ai suivi avec intérêt les conférences données par Aurélien Barreau ou les articles de nombreux scientifiques qui parlent d'un changement de paradigme. Mais quand tu vois le fossé qui les sépare du monde politique, c'est assez flippant.

Le réel problème de notre monde moderne, c'est cette prétention de l'être humain envers son écosystème. L'illusion de sa position hégémonique sur la biodiversité, alors que nous faisons partie d'un « tout ». Des fois, je rêve d'une arrivée d'extra-terrestres sur Terre, nous dépassant sur le plan scientifique, intellectuel, technologique et nous mettant face à nos contradictions... sans doute des explorateurs venus de Nubia Nova.




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Titre : FLORIAN DOUCET « OZFERTI & ADDIS ABOUMBAP »
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Genre : Interview
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Originaire de Bretagne, une autre terre de légendes, Florian Doucet a choisi Bruxelles, soit le berceau du surréalisme, pour lancer ses machines créatives à l’assaut du nouveau millénaire et envisager d'autres futurs possibles, sous les influences conjuguées de Blade Runner, de l'éthio-jazz, d'Alexandro Jodorowsky et de Sun-Ra.

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