RÉGINE CIROTTEAU « EUPHORIC DARK ELECTRO »


Enregistrement : 30/11/2019

À l'occasion de son prochain concert-performance, qui se tiendra le jeudi 19 décembre 2019 à 18:30 à l'auditorium des Abattoirs (Toulouse), vidéo « live » et entretien avec l'artiste, photographe, réalisatrice et dorénavant chanteuse, musicienne et performeuse, Régine Cirotteau.

Communiqué de presse :


À partir du genre inventé Euphoric Dark Electro, Régine Cirotteau compose de la musique brute, de l’image, de la performance. Elle brasse les sons, l’électronique et les voix. Avec le musicien compositeur Manu Siachoua.

Le concert avec le musicien Manu Siachoua pose une mise en scène, un climat dont le corps est fait aussi bien de musique concrète, d’électronique, du brassage de sons organiques, que de la voix féminine qui devient masculine. La forme de la chanson « explosée » est abordée comme un scénario, un conte, une musique punk sensuelle incantatoire.

Entre chaque morceau, une performance exubérante opère un glissement, une transformation entre l'inquiétant familier, le frisson et la comédie. L'aspect visuel se manifeste par des vidéos hypnotiques qui évoquent : le minéral, la sorcellerie, le feu industriel et la poussière cosmique.

Concert-performance de Régine Cirotteau
Jeudi 19 décembre 2019 à 18h30
Auditorium des Abattoirs - Entrée libre


Photographies de concert © Nadia Rabhi
Photographie de haut de page © Régine Cirotteau



On te connaissait principalement en tant qu'artiste, photographe et réalisatrice, dotée d'un univers aussi précis que délirant et cohérent. Qu'est-ce qui a motivé ce passage à la musique au début des années 2010, finalement pas si surprenant au regard de ton travail artistique, visuel et audiovisuel ? (sourire)

Le mixage des genres musicaux, les expériences du son et de la voix ont toujours fait parti de mon approche de l'image et de l'écriture dans un effet d'ascenseur « high and low ». Mais l'installation et le film posent un espace, un point de vue qui ne laissent pas la place à l'imprévisible, au hasard et c'est ça qui est bon dans le live. Passer de la caverne de Platon au spectateur désinhibé devient excitant alors.

Un des événements qui m'a le plus influencé est la projection participative du film Rocky Horror Picture Show (chaloupant entre la science fiction, le porn, la comédie musicale, la série B). Le film déborde, sort de son cadre, le show est ailleurs, éclatant l'irréversible fermeture éclair des ambiances.

La performance vocale était une approche difficile mais ma famille artistique, Jean Pierre Turmel du label Sordide Sentimental et le réalisateur japonais Sono Sion m'ont ouvert une voie qui m'a fait accepter la mienne (de voix).

Ce dernier me résume bien : « son chant indescriptible, comme doté d'un pouvoir ensorcelant, évoque parfois une petite fille se tenant immobile sur un triste manège, et évoque parfois aussi la voix d'une terrifiante sorcière ondulant au vent dans un parc d'attractions en ruines ».

« Quelque chose aurait dû rester dans l’ombre et en est sorti... » Le dossier de presse de votre concert-performance, qui se tiendra le jeudi 19 décembre 2019 aux Abattoirs de Toulouse, évoque un « inquiétant familier ». Thème qu'il me semble retrouver dans l'ensemble de ton travail, sur les médiums évoqués plus haut. Qu'est-ce qui t'interpelle aussi fortement dans la face cachée, un peu obscure de nos réalités quotidiennes ?

« L'inquiétant familier » se manifeste lorsque les objets, les choses qui nous entourent semblent devenir étrangers, que nous ne les reconnaissons plus jusqu'à en être effrayé. Sommes-nous alors en état de veille ? Entre deux espaces ? Sommes-nous dans un état de terreur ? Et tout le reste est volupté... Dans un décalage immédiat !

Antonin Artaud nous éclaire « Nos rêves ne sont-ils pas la police de l'esprit ? » face à nos réalités quotidiennes, répétitives, perroquets en robe de chambre.

Ce concert-performance donné aux Abattoirs est un débordement du réel, une énergie non domestiquée. Puiser dans le réel des forces d'attraction et de polarisation de la part d'ombre (l'érotisme, la sorcellerie, la cosmogonie, la pataphysique, etc.) qui est en nous, réactiver le territoire des contes qui ont peuplé notre enfance pour mieux renverser la vie rationnelle et industrieuse qui l'a endormie.

Le concert-performance que l'on propose en duo avec le compositeur Manu Siachoua passe de l'harmonie à l'hémorragie musicale, du rire à l'ivresse de la perdition.

En parallèle de ton approche personnelle, comment analyses-tu l'engouement récurrent de nos sociétés postindustrielles et numériques pour l'irrationnel ?

Le monde, ses bouleversements, ses conflits sont souvent décrits par des explications unilatérales. L'irrationnel ouvre sur des hypothèses, donne des accès à l'inaccessible. (Le ciel est loin).

Il ne s'agit ni d'être dans la raison ni d'être contre la raison mais d'évacuer la raison, de ne pas en tenir compte. Créer un univers, c'est être irrationnel.

Projeter, rendre visible ou acoustique la pensée (ce qui me rapproche des explorations de Delia Derbyshire, égérie d'Aphex Twin) combler les manques (les trouvailles scientifiques qui soignent « les trous du corps » par les ondes sonores) sont autant de possibilités produites par une pulsion irrationnelle.

Ce désir d' irrationnel qui anime mon duo musical, pour autant demande une construction, une précision numérique, comme le disait Fellini : « exprimer un rêve ou un fantasme exige une précision mathématique. Il faut être aussi méticuleux que la vie ».

Pour te connaître, je devine que les spectateurs du jeudi 19 décembre auront droit à une expérience immersive étonnante, entre concert, projection et performance. Peux-tu nous donner un rapide avant-goût, écarter un petit coin de rideau sur ce que tu prépares à cette occasion ?

Si je traversais la paroi comme Tara King dans un des épisodes de Chapeau melon et bottes de cuir (qui croit être dans un appartement alors qu'elle est enfermée dans un décor) je pourrais en effet créer une entaille, une échancrure au scénario du show.

Mon nouveau duo avec Manu Siachoua a généré des perspectives musicales; s'invitent les musiques concrètes dans la chanson, la guitare dépouillée de son habit rock explore des territoires plus expérimentaux avec des synthétiseurs analogiques, des sons détournés et des bruitages étonnants. Le tout habitant mon univers euphorique, dark et électro.

Ce show aurait pu s'intituler Vous n'êtes pas le réparateur, le titre éponyme de la chanson qui le clôture ; elle est un hommage à l'auteur de L'exorciste, William Peter Blaty.

Mais pas seulement, chaque chanson est un micro récit mettant en action des histoires dialoguées, des situations cinématographiques ou des éléments d'actualité : Gulf stream Parade ; Dead or Alive ; Witch Dance ; Adrenalina ; Orbital ; Trap Setter ; Obsessed by Accident

Je joue avec les langages en chantant en français, anglais, italien et même je pose des incantations ancestrales. Les films rentrent alors en résonance de façon hypnotique, ironique ou en intermède des performances sonores, vocales ou chorégraphiques.

Si je performe avec un rapace royal tondu, ce n'est pas innocent.





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Titre : RÉGINE CIROTTEAU « EUPHORIC DARK ELECTRO »
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À partir du genre inventé Euphoric Dark Electro, Régine Cirotteau compose de la musique brute, de l’image, de la performance. Elle brasse les sons, l’électronique et les voix. Entre chaque morceau, une performance exubérante opère un glissement, une transformation entre l'inquiétant familier, le frisson et la comédie. L'aspect visuel se manifeste par des vidéos hypnotiques qui évoquent : le minéral, la sorcellerie, le feu industriel et la poussière cosmique.

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