Tenebris Somnia fissure son horreur 8-bit avec des séquences en prises de vues réelles • Le BFI London Film Festival brouille la frontière entre cinéma et expérience immersive • Get Jiro transforme la gastronomie en guerre de classes dans un Los Angeles post-apocalyptique • Le manga français Dreamland entre en animation • À Londres, une femme devient chaise dans la comédie surréaliste By Design • À Taïwan, une mante religieuse mutante séduit et dévore pour sauver son enfant • AFANTASIA transforme la mémoire en paysage trouble • Divine Frequency capte les signaux d’une horreur cosmique • Google propose de créer des jeux vidéo par prompt • VRChat devient territoire d’exploration artistique.
Images trouvées sur le réseau, corps métamorphosés, mondes oniriques et autobiographies en réalité virtuelle, du détournement d’archives aux souvenirs incarnés dans un casque de réalité virtuelle, un tour d’horizon international des nouvelles zones d’expression mutantes.
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Tenebris Somnia : l’horreur 8-bit se fissure en prises de vues réelles
Le jeu d’horreur argentin Tenebris Somnia brouille les frontières du jeu vidéo et du cinéma : exploration en 2D rétro, dans la veine des survival horror 8 ou 16 bits, puis séquences filmées en prises de vues réelles, tournées par une équipe de cinéma argentine. Les monstres semblent sortir de l’écran pixelisé pour envahir une autre matière, plus organique et dérangeante. Une greffe esthétique qui transforme le passage entre deux images en porte vers le cauchemar. Sortie annoncée le 16 octobre.
Source : New Blood Interactive — « Tenebris Somnia »
Du cinéma à l’expérience à traverser — BFI London Film Festival
Le 70e BFI London Film Festival fait cohabiter grands films et récits immersifs. Dans The World Came Flooding In, des communautés australiennes reconstruisent par la mémoire et le son les maisons disparues sous les inondations ; Solwata nous plonge dans les villages des îles Salomon menacés par la montée des eaux. La sélection accueille aussi Ray Gunn, le nouveau film d’animation de Brad Bird. Trois manières de déplacer le regard : vers l’écran, dans l’espace ou dans un futur qui ressemble déjà à nos ruines.
Source : BFI — Programme du 70e London Film Festival
Get Jiro : la guerre des chefs dans un Los Angeles post-apocalyptique
La nouvelle série animée d’Adult Swim, adaptée de la bande dessinée d’Anthony Bourdain et Joel Rose, imagine un Los Angeles de futur proche où les chefs règnent sur la société. La nourriture y sert de monnaie et de marqueur de classe ; Jiro, chef sushi mystérieux, part en quête de vengeance dans cette cuisine devenue champ de bataille. Satire noire, gastronomie fétichisée et violence de comics : le cauchemar de Bourdain est passé à l’animation. La série a débuté le 3 octobre sur Adult Swim.
Source : DC — « Get Jiro »
Dreamland : un manga français prend corps dans le monde des songes
Le manga de Reno Lemaire arrive en série animée à partir du 17 octobre sur ADN. Son point de départ ouvre une porte fertile : un adolescent qui surmonte sa peur du feu accède à Dreamland, un territoire onirique partagé où les cauchemars, les pouvoirs et les paysages mentaux deviennent matière d’aventure. L’intérêt tient à cette géographie intime, entre imaginaire adolescent, bestiaire de rêve et monde parallèle — une autre manière de cartographier les mutations intérieures.
Source : Animation Digital Network — « Dreamland »
Une femme devient une chaise, et tout le monde l’aime davantage
À l’ICA de Londres, du 16 au 22 octobre, By Design d’Amanda Kramer pousse la comédie du body swap dans une direction franchement surréaliste. Juliette Lewis joue Camille, qui échange sa forme avec une chaise et découvre que sa mère et ses amies la préfèrent ainsi : immobile, muette, meilleure auditrice. Narration de Melanie Griffith, humour pince-sans-rire et numéros de danse interprétative transforment ce conte absurde en satire de l’objectification et de nos attentes envers les femmes.
Source : ICA — « By Design » d’Amanda Kramer
Praying Mantis : une mante religieuse mutante chasse pour sauver son enfant
Dans le court métrage d’animation taïwanais de Joe Hsieh, une mante religieuse mutante séduit et dévore des hommes pour tenter de sauver son enfant. Cette prédatrice à la fois monstrueuse et maternelle entraîne le film vers un conte horrifique où désir, survie et secrets du passé se confondent. Dix-huit minutes de fantasy macabre dessinées comme une fable de métamorphose, repérée dans les grands festivals d’animation et de cinéma du monde entier.
Source : TAICCA — « Praying Mantis » de Joe Hsieh
AFANTASIA : la mémoire comme paysage qui se brouille
Le studio Sasanqua, fondé par le réalisateur de Visions of Mana, publiera le jeu du développeur brésilien indépendant noidnoidnoid. Dans cette aventure point-and-click, un garçon se réveille sans mémoire dans Tempo, sa ville natale devenue floue entre réalité et imagination. Une voix nommée Intrusion le guide à travers les morceaux d’un passé qu’il a lui-même abandonné. Nostalgie trouble, décor qui s’efface, identité en voie de dissolution : un jeu qui semble vouloir faire de l’égarement sa principale mécanique.
Source : Gematsu — « AFANTASIA »
Divine Frequency : horreur cosmique, radio brouillée
Prévu en accès anticipé le 27 octobre, ce FPS/RPG indépendant assemble horreur cosmique, action et imaginaire occulte. Son nouveau trailer laisse entrevoir une esthétique de cauchemar analogique : crânes, espace noir, signaux inquiétants et monde contaminé par une fréquence étrangère. Le jeu a aussi traversé une histoire de production douloureuse après la mort de son auteur principal, Pablo « Artistical » Lamprea ; le développeur Abraxaes poursuit le projet en lui rendant hommage. Une œuvre de genre dont la fabrication fait déjà partie du récit.
Source : PC Gamer — « Divine Frequency »
Google Playground : décrire un jeu pour le faire apparaître
Google lance aux États-Unis Playground, une plateforme expérimentale où l’on peut créer, jouer et partager des jeux à partir de consignes textuelles, sans savoir coder. L’annonce déplace la question de l’outil vers celle de l’imaginaire : que devient le jeu vidéo lorsque le premier geste consiste à décrire un monde, puis à le laisser se construire autour de soi ? Google et Unity préparent des outils plus poussés avec Unity Spark. L’accès à la création s’élargit ; la singularité visuelle dépendra toujours de ce que les créateurs sauront demander, détourner ou refuser.
Source : Google — Présentation de Playground
VRChat comme territoire de création collective
L’appel à projets Realities in Transition invite trois artistes à concevoir pour VRChat un monde virtuel à parcourir : cinq à sept environnements, des passages secrets, une histoire qui se découvre en marchant. Le programme veut faire de l’exploration un récit partagé et de la curiosité une forme de navigation collective ; il écarte explicitement l’idée d’une simple salle de rencontre ou d’un espace événementiel. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 23 octobre. Une proposition qui prend le métavers au sérieux comme territoire narratif, avec ses détours et ses zones inconnues.
